Gabon - Redressement Fiscal : Chantal Myboto crie au règlement de comptes
© Baromètre : Rodrigue Nganzi | 24 Mar 2016 10:38:49 | 16148Son hôtel a été scellé le 22 mars 20016 pour une dette de 4,2 milliards de FCFA. La mère d’Onaïda Maïsha Bongo Ondimba y voit une conséquence de la guerre qu’elle et sa fille mènent au président de la République au sujet de son acte de naissance.
Est-ce le dernier acte d’un feuilleton qui n’est pas sur le point de s’achever ? Chantal Myboto Gondjout le pense. «Je sais très bien que l’élément déclencheur est l’acte de naissance : nous irons donc à l’acte de naissance. (…) Et comme je l’ai déjà signifié à Ali Bongo : le débat est entre lui et moi. Ce face-à-face, nous devons l’avoir (...)». C’est une femme en colère qui parle aux journalistes au cours d’un point de presse improvisé devant l’établissement hôtelier. Le 22 mars 2016, le Maïsha, son hôtel est mis sous scellés par la direction générale des impôts.
Cette dernière évoque un «redressement fiscal» et exige le paiement de la somme de 4,2 milliards de FCFA dans un délai de huit jours. Chantal Myboto Gondjout ne réfute pas les raisons qu’avance la direction générale des impôts. Mais, elle pense que cette administration se montre intransigeante avec elle là où d’autres structures bénéficient des faveurs. «Depuis le mois de février, la résidence Le Maïsha a reçu une notification de la direction générale des impôts, suite à un redressement fiscal d’un montant de 4,2 milliards de F, pour une structure qui n’a que 21 chambres. (…)
Selon nos informations, en effet, il y a des sociétés qui devaient quatre milliards et qui ont eu des abattements jusqu’à 500 millions. (…) Mais pour nous, c’est quatre milliards de F cash, sans négociation possible», se plaint-elle. Cette situation fait dire à la mère d’Onaïda Maïsha Bongo Ondimba que la direction des impôts n’est qu’un outil qu’utilise le pouvoir de Libreville contre elle. «Cet hôtel s’appelle résidence Maïsha. Maïsha, c’est le deuxième prénom d’Onaïda. Il y a un lien. La direction générale des impôts n’est qu’un instrument de la présidence de la République pour régler des comptes à la présidence hôtelière de Maïsha, mais particulièrement à Chantal Myboto Gondjout. Si vous pensez que cela va m’arrêter dans mon combat, vous vous trompez ».
Ce combat, elle le mène depuis des années maintenant. D’abord à travers sa fille qui conteste au président de la République du Gabon la qualité de fils du défunt président. Sans grand résultat. Samedi 19 mars 2016, Chantal Myboto Gondjout est revenue à la charge pour dire sa part de vérité sur le sujet. Evoquant l’acte de naissance du président de la République, elle a affirmé que «le document récupéré à Nantes par Eric Moutet après cinq heures d’attente, alors qu’en temps normal, il faut juste 10 minutes, est une déclaration de naissance dont le format ne correspond nullement à celui utilisé à l’époque au niveau de l’Afrique équatoriale française. Il n’arbore comme seule mention officielle qu’un tampon du ministère des Affaires étrangères de France apposé au moment de la remise du document, le 18 novembre 2015».
Elle ira plus loin en promettant de faire un test d’ADN pour lever toute équivoque sur sa filiation avec sa fille. Pour le président gabonais, toute cette histoire liée à ses origines est simplement «triste et risible». Ali Bongo Ondimba pense qu’elle participe à détourner les Gabonais des questions liées à leur développement.
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