Cameroun,Le REDHAC s’insurge contre les exactions du Boko Haram, les crimes rituels et la révision de la constitution.
© Camer.be : Franck BAFELI Avec REDHAC. | 22 Feb 2016 10:02:33 | 5982C’était au cours d’un point de presse donné par Maximilienne Ngo Mbe, Directrice Cameroun du réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale. Nous vous livrons inextenso la teneur de cette communication aux hommes des medias.
C’est toujours avec un plaisir renouvelé que nous vous accueillons dans le cadre des activités du REDHAC. Il est vrai que nous avons entamé depuis lundi 15 février, la seconde et dernière quinzaine du mois de février ; Comme il n’est jamais tard pour bien faire, nous ne pourrions ne pas vous souhaiter, individuellement et à tous ceux qui vous sont chers, nos vœux les meilleurs d’une année moins pénible, moins stressante, eu égard au poids d’une actualité de plus en plus sensible que vous avez à traiter dans un environnement non moins contraignant.
Aussi nous vous souhaitons une santé de fer, une intelligence éclectique dans ce travail et surtout un plein épanouissement dans tout ce que vous entreprenez.
a) Actualité sécuritaire au Cameroun
Nous vous avons convié ce jour comme d’habitude pour faire le point de l’actualité sécuritaire de plus en plus préoccupante. Outre les exactions commises à L’Extrême-Nord dans la guerre que Boko Haram impose au Cameroun, on observe les enlèvements et crimes rituels dans les grandes villes et localités moyennes.
Ces atteintes à la vie sur lesquelles les autorités compétentes ne semblent pas avoir l’obligation d’informer l’opinion sur les enquêtes qu’elles disent engager. Nous pensons notamment à cette gamine de 2 ans enlevée à Makèpè Missokè à Douala et retrouvée décapitée quelques jours après. Nous pensons à cette étudiante que l’on dit avoir été assassinée par son copain à Yaoundé. Des crimes et d’autres dont les présumés suspects indexés ne sont jamais présentés à l’opinion comme on le fait pour de prétendus braqueurs.
Dans l’Extrême-Nord du pays, on observe les interpellations des citoyens sur qui pèsent les allégations de destruction des équipements militaires, notamment celle qui a eu lieu dans la ville de Maga depuis octobre 2015, à la suite des confrontations entre les éléments de forces armées et les populations civiles de cette localité.
Les compatriotes de Maga accusent certains éléments de nos forces de sécurité de harcèlement et d’arnaques. Des faits qui ont provoqué une réaction des victimes après la mort d’un jeune homme abattu par les soldats. A ce jour et selon des informations fiables, 7 personnes se trouvent actuellement « en exploitation » à la prison centrale de Maroua, pour rependre le terme en usage dans le jargon sécurocrate.
Il leur est reproché entre autres :
* d’avoir détruit les effets militaires,
* d’intimider l’administration,
* de n’avoir pas identifié les manifestants,
* de n’avoir pas calmé les populations.
Des faits susceptibles de conduire les mis en cause dans le contexte actuel d’une loi antiterroriste sous laquelle nous sommes depuis décembre 2014 et pour laquelle le REDHAC a demandé la réécriture de l’Article 2 alinéa 2.
Il n’est pas question pour le REDHAC d’entraver les procédures, mais d’exiger qu’elles soient menées de manière juste et transparente.
b) Appel à une révision constitutionnelle - Liberté d’expression et manifestations pacifiques
* Révision constitutionnelle
C’est avec attention que le REDHAC suit les évènements politiques au niveau du Cameroun. Un des 8 pays de l’Afrique Centrale qu’il couvre .
De nombreux cadres du parti au pouvoir appellent à la révision constitutionnelle après celle de 2008 qui a fait sauter la limitation du mandat présidentiel en le portant à 7 ans.
Le REDHAC demande le respect de la constitution, la loi fondamentale du Cameroun et exhorte le Chef de l’Etat et l’Assemblée Nationale à ne pas céder à cette tentation. Le droit pour tout citoyen à maîtriser le calendrier électoral doit être respecté et mis en œuvre.
* Liberté d’expression et manifestations pacifiques
Le REDHAC voudrait également attirer l’attention des autorités sur l’entrave à la liberté d’expression et de manifestations pacifiques.
Au moment où l’on observe que les sous-préfets autorisent toutes manifestations qui s’expriment pour le soutien de la candidature du Chef du parti au pouvoir, les manifestations des autres partis politiques et organisations de la société civile se voient interdites systématiquement pour ‘’trouble à l’ordre public’’. Pire, de nombreux hommes de sécurité sont envoyés dans les lieux, non pas pour encadrer les manifestations, mais pour les empêcher, souvent en procédant à des arrestations et détentions arbitraires, pour simplement avoir voulu s’exprimer.
En Conclusion,
Le REDHAC réitère son soutien aux forces de sécurité qui se battent dans l’Extrême Nord et s’inclinent devant toutes les victimes, en particulier le lieutenant colonel Belthus KWENE KWELE du BIR qui vient de tomber au champ d’honneur, en compagnie de son camarade le capitaine Emmanuel YARI et de tous leurs autres frères d’arme.
Le REDHAC soutien les médias, surtout privés, pour leur sens de responsabilité dans le traitement des informations liées au respect des libertés individuelles dans au Cameroun.
Le REDHAC demande aux autorités judiciaires de rendre public toutes les enquêtes liées aux enlèvements et autres crimes rituels observés depuis un moment au Cameroun afin que les coupables répondent devant la justice.
Le REDHAC demande aux autorités camerounaises, à celles de la RDC et du Congo Brazzaville le respect de la constitution, la liberté d’expression et de manifestations pacifiques, conformément aux lois nationales et aux instruments régionaux et internationales en la matière.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Paul Biya absent : le vide constitutionnel qui inquiète
Nigéria - Héritage de 35 millions : son mari exige tout, elle divorce
Cameroun - SNH : Chantal Biya veut évincer Nathalie Moudiki
Monde Entier - Coupe du Monde 2026 : L’Angleterre prend le bronze, la France craque après une remontée folle 6-4
Cameroun - Yaoundé capitale du VIH en milieu urbain
il y a un mois
Afrique - Polygamie africaine : de l'assumé au caché, le grand basculement
Onana tacle Eto'o : « L'ego de Donatien K » a coulé le Cameroun
Cameroun - Faux décrets à la CRTV : manipulation politique ou tentative de putsch ?
Zébé : barricades et colère autour des frais de transport Cameroun-Tchad
Cameroun - Kribi : 2,6 milliards FCFA pour faire du port un géant logistique
il y a un an