Cameroun - PROPOS DE MAURICE KAMTO LORS DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE MRC DU 09/12/2015
© Correspondance : MRC | 10 Dec 2015 08:32:58 | 5798Je voudrais avant toute chose vous inviter à observer une minute de silence à la mémoire de nos compatriotes, victimes anonymes de la barbarie que BOKO HARAM continue de perpétrer dans la partie septentrionale de notre pays.
Merci !
Je salue par la même occasion les prouesses récentes de nos forces de défense qui nous inspirent la confiance que le Cameroun viendra certainement à bout de cette pieuvre immonde.
Mesdames et Messieurs des médias ici présents, c’est un plaisir renouvelé de vous rencontrer pour échanger avec vous sur la campagne « SAUVONS LA PAIX AU CAMEROUN EN EXIGEANT DES MAINTENANT LA REFORME CONSENSUELLE DU CODE ELECTORAL POUR DES ELECTIONS LIBRES, TRANSPARENTES ET DEMOCRATIQUES » que notre parti a engagé depuis 2013 et qui est passé à une nouvelle phase la semaine dernière.
En effet, vendredi le 04 décembre 2015, vers 15 heures, dans le cadre de l’exercice de la liberté d’expression qui est un droit garanti par la Constitution, des militants de notre parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), distribuaient pacifiquement sur le trottoir de l’Avenue de la République qui longe l’Assemblée Nationale, les prospectus de notre parti politique, sensibilisant les citoyens et les dirigeants du pays sur l’urgence de l’organisation d’un dialogue national en vue d’une réforme consensuelle du Code électoral.
Cette opération s’inscrivait dans le cadre d’une campagne nationale pour laquelle, les plus hauts responsables de la sécurité du pays avaient été préalablement informés du déroulement, notamment de l’heure, du lieu, de son caractère pacifique ainsi que des effectifs limités de nos militants engagés dans cette campagne.
Vers 15 heures, alors qu’une petite équipe de moins de dix de nos militants distribuait, dans une bonne humeur républicaine, les prospectus, un capitaine de Gendarmerie arborant le nom d’EKANI, a surgi en compagnie de plusieurs gendarmes pour faire injonction à nos camarades de quitter le trottoir du côté de l’Assemblée Nationale pour celui d’en face, du côté du Lycée Leclerc.
Nos camarades ont tenté en vain de lui expliquer qu’il commettait un abus. Alors que, ayant renoncé à nos droits par souci d’éviter tout débordement, ils traversaient la route, en plein milieu de celle-ci, et devant de nombreux témoins, le capitaine EKANI a crié un ordre à ses hommes : « Molestez-les ». Face à l’incrédulité de ceux-ci, il a poursuivi nos militants sur la chaussé qu’ils étaient entrain de traverser pour les brutaliser lui-même. Ceci a encouragé les gendarmes présents à se ruer sur nos militants.
A la suite des violences physiques exercées sur nos militants concernés, ils ont été transportés aux urgences de l’hôpital central de Yaoundé où le corps médical a établi qu’ils étaient victimes de plusieurs traumatismes.
Les dirigeants du pays et leurs agents zélés réalisent que le MRC est entrain de convaincre progressivement les Camerounais de ce que l’alternance peut arriver dans notre pays dans la paix et par les urnes. Alors ils deviennent nerveux à chacune de nos initiatives publiques, oublient la propagande de paix dont ils abreuvent le pays sans y croire, et donnent à nos actions pacifiques une réponse de violence toujours plus grande.
Chaque jour qui passe confirme la vraie nature du régime qui dirige le Cameroun depuis 50 ans. Les dirigeants de ce régime veulent se maintenir au pouvoir à tous les prix, quitte à répandre encore plus de sang des camerounais qu’ils ont pourtant le devoir de protéger et de conduire au bien-être.
Mais, le peuple camerounais refuse de les suivre dans cette voie de la perdition et du chaos.
Nos compatriotes sont chaque jour plus nombreux à se pénétrer de nos idéaux, à partager notre projet de société qui est une vision moderne, ambitieuse et pragmatique du Cameroun.
Le MRC compte sur eux pour qu’ensemble nous construisions demain une nation prospère, juste et fraternelle, respectueuse de l’Etat de droit et des règles de la démocratie ; une nation qui se hisse au niveau de rayonnement et de respectabilité où il n’aurait jamais dû cesser d’être. Tel est le projet de la Renaissance nationale.
Le MRC tient à rappeler au vaillant peuple camerounais et à la communauté internationale que :
depuis 2013, le MRC a fait de la réforme du code électoral au Cameroun une priorité dans l’optique d’avoir un scrutin libre et transparent, et de mettre notre pays au diapason d’autres nations démocratiques africaines dont l’actualité nous fournit des exemples éloquents ;
il défend, notamment, l’instauration du bulletin unique - à défaut d’une biométrie intégrale -, la réforme d’ELECAM en particulier de sa composition pour y inclure les représentants des partis politiques, la révision de la Constitution pour permettre le vote à 18 ans, l’interdiction de la distribution des cartes d’électeur par ELECAM le jour du vote, l’exigence que les PV des résultats remis aux représentants des candidats dans les bureaux de vote fassent foi au même titre que l’exemplaire remis à ELECAM, l’instauration du vote obligatoire au Cameroun.
Compte tenu de la gravité des faits qui se sont produits devant l’immeuble de la représentation nationale vendredi dernier, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a décidé d’engager des poursuites judiciaires auprès des juridictions compétentes contre les personnes auteurs de la barbarie dont ont été victimes plusieurs de nos militants.
Le MRC :
Réaffirme sa détermination inébranlable à mener une lutte acharnée pour une réforme du processus électoral pour le respect de la volonté électorale du peuple camerounais et de la démocratie dans notre pays.
Accueille avec une grande satisfaction le communiqué par lequel le Cameroon’s People Party (CPP) a exprimé sa solidarité avec nos militants victimes des brutalités de vendredi dernier et sa disponibilité.
Lance un appel à tous les citoyens, les partis politiques et les organisations citoyennes intéressés pour une mutualisation des efforts sur cette question cruciale pour l'avenir de la démocratie et de la paix dans notre cher pays, afin d’obtenir du Gouvernement, l’ouverture d’un dialogue sincère et constructif pour une amélioration effective de notre système électoral et du fonctionnement de la démocratie au Cameroun.
Réaffirme que la campagne de sensibilisation engagée sera multiforme et se poursuivra aussi longtemps qu’une suite ne sera pas donnée à cette demande, qui est une revendication partagée par les citoyens camerounais de différents bords politiques.
Réitère qu’il n’acceptera plus jamais des élections entachées de fraudes, qui constituent un mépris pour le peuple camerounais et l’expression de la volonté manifeste du parti-Etat RDPC de décourager la participation massive de ce peuple aux élections, afin de consolider "démocratiquement" le régime de parti unique de fait imposé à notre pays depuis cinquante ans.
Interpelle le Gouvernement de la République sur l’urgence de réaliser les réformes démocratiques qui s’imposent afin d’éviter à notre pays une situation chaotique à la suite des prochaines consultations électorales.
J’invite notre vaillant peuple à nous accompagner dans la campagne républicaine pacifique que nous avons engagée pour sauver la paix par la démocratie dans notre pays. Je les exhorte à aller, dès le début du mois de janvier, s’inscrire massivement sur les listes électorales.
Je sais pouvoir compter sur leur détermination citoyenne à veiller, le moment venu, au respect de leur choix démocratique. Je peux les assurer de ce que nous ne les trahirons jamais.
Ensemble tournons pacifiquement la page en 2018, ou avant…
Le Président National du MRC,
Maurice KAMTO.
Yaoundé, le 09 décembre 2015..
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