Cameroun - Qui bloque le déploiement des grandes réalisations du Président Biya ? Question joker
© Source : The Spark | 24 Nov 2015 01:36:08 | 5938Janvier 2012 est passé et nous venons là d’épuiser 3 années des grandes réalisations sans avoir vu beaucoup de chantiers sortis de terre tel qu’annoncé. Déjà en 2011 et au terme du précédent septennat du Président Paul BIYA à la tête de l’Etat, il a pu se dégager le constat d’une administration paralysée, s’illustrant par des blocages et un grand retard enregistré par les projets structurants appelés de tous ses voeux et promis aux camerounais par lui dans le cadre de l’élaboration de son programme politique. De plus en plus, il s’établit clairement que les grandes ambitions n’ont malheureusement pas su venir à bout des problèmes quotidiens des camerounais. Les grandes réalisations sauront-elles solutionner les principaux maux qui minent notre société ? Quelque chose changera-t-il fondamentalement cette fois ?
Le 09 octobre 2011, alors qu’il se trouvait en campagne électorale pour la présidentielle à Maroua, la capitale régionale de l’Extrême Nord, Paul BIYA déclarait : « je n’ai fait là qu’évoquer les grands axes de cette nouvelle dynamique qui va toucher tous les secteurs d’activités de notre pays et vous pourrez le constater, comme j’ai déjà eu à le dire, dès janvier 2012, le Cameroun sera un vaste chantier » « Je compte sur vous pour que, ensemble nous traduisions les grandes réalisations en grandes réussites ». Toujours est-il qu’au-delà du discours et de l’engagement personnel de l’homme du renouveau, tout semble être fait pour que les grandes réalisations elles aussi se limitent au stade des intentions et de simples slogans de campagne électorale. Du coup, les thuriféraires du régime de Yaoundé visent à décrédibiliser davantage le pouvoir en place, fragiliser l’Etat, saboter le sortie en beauté du Président Paul BIYA en le présentant aux yeux du monde comme étant purement et simplement un « Roi fainéant ».
Pourtant la volonté politique n’a pas fait défaut. Rappelons que sous le règne des grandes ambitions, l’actualité gouvernementale foisonnait d’annonces qui charriaient beaucoup d’espoirs. Quelques exemples : La centrale thermique de Yassa (projet Dibamba), la réalisation du barrage-réservoir de LomPangar à l’horizon 2012, le projet de construction du barrage hydroélectrique de Memve’Ele en mode BOT (built-operate-transfert) , le projet de construction d’une cimenterie à Limbé par des investisseurs sud-coréens, avec le soutien du gouvernement. Basée à Douala, la société envisageait d’assurer entre autres la présence d’un ciment de qualité sur l’ensemble du territoire national à un prix le plus attractif ce qui aurait de réaliser à moindre coût, le développement de l’habitat social et d’améliorer le bien-être des populations. Au plan social, la Société nationale chinoise de coopération internationale économique et technique de Shenyang s’est proposée de construire 1 500 logements sociaux d’un standing modeste au Cameroun. Logements destinés principalement à la vente et subsidiairement à la location-vente ou à la location libre. Signalons dans ce même volet le projet de création des centres de formation professionnelle avec la Corée du Sud, pour accroître les opportunités d’emploi à l’intérieur et à l’exté- rieur du territoire national. Au plan sportif, le gouvernement a mis en place et validé le 28 mars 2008, le Programme national de développement des infrastructures sportives. Indéniablement, des avancées sont enregistrées. Mais pas au rythme voulu. Bien plus, d’inexplicables pesanteurs subsistent. Et pourquoi ? Serait-ce une volonté manifeste de quelques-uns, tapis dans l’ombre du système auquel ils appartiennent, pour tirer les marrons le moment venu d’un feu qu’ils auraient patiemment allumé ?
Selon le point de vue de certains politologues à l’instar du Dr Mathias Eric OWONA NGUINI, Enseignant à l’Université de Yaoundé II-Soa, ce qui se passe est le fait mécanique d’un système dans lequel le chef central, le Président de la République dont la longévité au pouvoir produit à un moment donné une lassitude chez ceux qui l’accompagnent. Parce que le même système de pouvoir est conçu de telle manière que ceux qui y entrent franchissent nécessairement un certain nombre de paliers pour parvenir aux positions les plus élevées. Or, dans cette logique, la position la plus élevée est celle du Président de la République. Beaucoup de barrons et de lieutenants du Président de la République se rendent donc compte qu’ils ont déjà franchi un certain nombre de paliers et que la position idéale qui est la position suprême est en dehors de leur portée. Cela produit en eux un effet de découragement et c’est ici qu’intervient effectivement une logique qui est en réalité d’abord liée au fonctionnement de ce système qui fait que le Président de la République, prend face à la communauté nationale, des décisions et des engagements qu’il n’est pas capable de traduire dans la réalité parce qu’il se heurte à l’inertie de la bureaucratie centrale.
Cela veut dire que toutes les instructions que le Président donne ne sont malheureusement pas suivies d’exécution et ce, au mépris des attentes nombreuses du peuple. Si cette analyse est fondée, elle consacre l’hypothèse d’un enserrement du Président de la République dans un carcan vicieux dont l’objectif est de multiplier les foyers d’embrasement qu’eux-mêmes viendraient éteindre suite au renversement de pouvoir. Cela crédite également la thèse de nébuleuses dont l’étêtement sécrète des brogeons subtilement incrustés dans le régime. Drôle de stratégie pouvoiriste quand même, dans un contexte démocratique où, les uns et les autres peuvent librement assumé leurs ambitions politiques. Certaines démissions fracassantes récentes l’attestent. A moins, qu’ayant amassé des trésors de guerre, les ambitieux-poussins, ne craignent les serres d’un épervier qui n’hésiterait pas à sentir l’odeur de leur ingratitude et de leur déloyauté politique. Nous exagérons peut-être…
Revenant à la dynamique émergente, dynamique dont rêve le Président BIYA, dynamique appelée à toucher tous les secteurs d’activités de notre pays, point n’est besoin de rappeler qu’au sortir du comice agropastoral d’Ebolowa où il avait inauguré un complexe industriel de montage de tracteurs agricoles de marque indienne et où il avait pausé sur un tracteur, le Chef de l’Etat avait personnellement instruit Louis Paul MOTAZE alors MINEPAT, « de réfléchir sur les voies et moyens devant permettre aux agriculteurs camerounais d’acquérir ces nouveaux tracteurs » fruits de la coopération entre l’Inde et notre pays. Ensuite, il avait invité des membres de son gouvernement présents dans sa suite à Ebolowa à mettre en route « la nouvelle politique agricole du Cameroun dans un délai de six mois ». Mais il est regrettable de constater que des années après, ces prescriptions de la plus haute autorité de l’Etat n’ont pas été appliquées et des centaines de tracteurs ont été abandonnés dans la broussaille, à la merci des intempéries à Essatol près de Ngalan, site du complexe industriel d’Ebolowa. En plus, tous les projets annoncés par le Chef de l’Etat au comice agropastoral, à savoir la banque agricole, l’unité de production d’engrais, les fermes financières, la réforme foncière etc. n’ont pas pu voir le jour à cette date et tendent à se transformer en promesses pieuses, simples slogans électoraux ? Qui s’oppose au déploiement des grandes réalisations du Président BIYA ?
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