CAMEROUN :: Afrique Media : Au service du prince :: CAMEROON
© Le Jour : Hiondi Nkam IV | 23 Oct 2015 14:15:24 | 13164Les récentes injonctions du ministre de la Communication et l’activisme de couloir de certains membres du gouvernement prouvent que la chaine joue le jeu du pouvoir en place.
C’est un phénomène. Comment l’ignorer ? La chaine de télévision Afrique Media qui fait l’objet d’une suspension du Conseil national de la communication (CNC) a cumulé du crédit au sein des populations camerounaises et africaines au point de devenir aujourd’hui un exutoire idéal pour un peuple qui nourrit le ressentiment de la spoliation coloniale. En la matière, Justin Tagouh, le promoteur de cette télé à l’accent vindicatif n’a pas inventé le fil à couper le beurre. Il a simplement dépoussiéré un disque ancien mais toujours percutant.
Son discours : L’occident colonisateur est responsable de tous nos malheurs, il faut le combattre avec une véhémence absolue. Sa méthode : Une version revue et corrigée de la télévision sous les tropiques. Des débats qui durent une demi-journée, des appels à la haine et au soulèvement contre « l’ennemi » blanc, des documentaires (importés de chez les blancs !) pour déconstruire le complot postcolonial Ca mer. be. Le tout mariné à la sauce d’une palette de consultants qui rivalisent de talents sur le terrain de la pénitence postcoloniale et du délire de grandes pleureuses. Et on peut dire que l’offre d’Afrique Media trouve preneur au vue de l’engouement qu’elle suscite chez un peuple laminé pas l’oppression et confiné dans un dolorisme paralysant .
Un soutien évident
Pourtant, l’impérialisme postcolonial et ses avatars doivent être combattus. Et il existe des moyens plus élaborés de s’attaquer au piège de la reproduction colonialiste en s’éloignant de la posture rébarbative d’une victimisation expiatoire. Par un journalisme d’investigation, des enquêtes sur l’hégémonie capitaliste d’une mondialisation foudroyante, des analyses éclairées sur le jeu de l’assimilation et de l’homogénéisation culturelle de la planète Camer.be, il est possible de donner le change au totalitarisme médiatique venu d’Europe. Mais de ce thé là, Tagouh et ses amis n’en veulent pas. Diatribes cinglantes, attaques frontales, pulsions xénophobes sont le lot quotidien de cette chaine qui ravale les principes élémentaires du journalisme au sous-sol. Pour innocente qu’elle puisse paraitre, la démarche ne relève point du hasard.
Un agenda
Il s’agit d’une approche populiste car Afrique Media a un autre agenda. La chaine veut disculper les dictatures africaines incapables de subvenir aux besoins élémentaires d’une population qui croupit dans la misère la plus abjecte. Ainsi donc, s’il n y a pas d’eau à Maroua, c’est la faute aux colons qui seraient venus assécher nos fleuves. S’il n y a pas d’électricité à Kolofata, c’est encore la faute à ces blancs qui de toutes façons ne nous aiment pas. Forçons ainsi la caricature pour faire comprendre les choses. La trame du discours de cette chaine qui déchaine vise à dédouaner les responsables des dictatures africaines de leurs échecs lamentables. Normal donc que ses principaux soutiens se recrutent parmi les potentats du continent.
Normal qu’Obiang Nguema Mbasogo y ai trouvé un allier objectif pour se dépêtrer du scandale de biens mal acquis qui l’éclabousse en France. Normal que Paul Biya lui apporte son appui discret mais constant pour dissimuler son bilan catastrophique à la tête du Cameroun. Mais comme même les plans les plus machiavéliques ont toujours des failles, le pouvoir de Yaoundé se retrouve aujourd’hui pris à son propre jeu Ca mer .be. Il se devait de choisir entre un CNC qu’il a lui-même créé et dont il a nommé les membres et une chaine de télévision qu’il couve de son attention parce qu’elle l’aide à maintenir un pouvoir vacillant.
On constate à l’évidence que ce régime a trop besoin de cette chaine populiste qui fascine par ses diatribes. Qu’il est prêt à sacrifier ce Conseil qu’il n’a de toute façon créé que pour des raisons de cosmétique politique. On comprend mieux pourquoi le ministre de la Communication ordonne la levée de la suspension d’une chaine qui n’a jamais cessé d’émettre en dépit de la décision du CNC Camer.be. Faut-il le rappeler, le CNC avait interdit Afrique Media de diffusion pour une durée d’un mois. La posée de scellés n’étant que symbolique, c’est une cessation pure et simple d’émission qu’il aurait fallu observer.
Au lieu de quoi la chaine s’est déportée à Ndjamena émettant à partir de la capitale tchadienne sans qu’on ne sache si elle s’était muée en société de droit tchadien. Si l’on s’autorise un parallélisme des formes, on peut donc dire que le journal Ouest Littoral qui avait lui aussi été suspendu pour 03 mois par le même CNC aurait pu se faire imprimer à Ebebiyin (Guinée Equatoriale) et continuer à paraitre au Cameroun au nez et à la barbe du Conseil. Au coeur du pouvoir, les défenseurs acharnés de cette chaine ne se cachent même plus Camer.be. Outre le ministre Tchiroma qui est officiellement monté au créneau, d’autres acteurs multiplient dans l’ombre interventionnismes et lobbyings forcenés au profit d’Afrique Media. Reste à savoir combien de temps le peuple martyrisé et surexploité par l’élite compradore dont le seul agenda est de s’éterniser au pouvoir restera dupe de cette connivence objective totalement étrangère à ses intérêts.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
:: Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
:: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
:: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
:: Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
:: Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
FRANCE :: Deschamps : fin de règne amère après 14 ans
CAMEROUN :: Nathalie Moudiki : l'épouse qui fait la loi à la SNH :: CAMEROON
CAMEROUN :: Idriss Confiance MBE annonce un vaste programme d'appui à plus de 5 000 jeunes de la Mifi :: CAMEROON
FRANCE :: Femmes Sawa en diaspora : un nouveau cercle d'influence pour conjuguer héritage culturel, entreprene
CAMEROUN :: Colonel Otoulou : « Ils ont planifié le meurtre » :: CAMEROON
il y a un mois
RD CONGO :: 500 restes humains : la RDC défie la Belgique sur son passé colonial :: CONGO DEMOCRATIC
CAMEROUN :: La problématique du retour au pays des dépouilles des compatriotes décédés en terre étrangère :: CAMEROON
CAMEROUN :: Séisme chez les Lionnes : Ajara et Mefoumetou claquent la porte :: CAMEROON
Exode camerounais : pourquoi fuir n'est plus une option :: CAMEROON
SOCIÉTÉ À LA DÉRIVE: LE CAMEROUN SE MEURT, VICTIME DE SES PROPRES ENFANTS... :: CAMEROON
il y a un an