Place de la société civile : Le Cameroun en désaccord avec le Sg de l’onu
© Aurore Plus : Mathieu Nathanaël Njog | 28 Sep 2015 13:41:50 | 12173Cinq membres des organisations de la société civile et un journaliste vont comparaitre libres Lundi 28 septembre 2015 après avoir passé huit jours de garde à vue administrative sur les quinze qui étaient prévus.
le 15 Septembre 2015, lors de la Journée internationale de la démocratie, cinq (5) dirigeants des organisations de la société civile au Cameroun, membres du réseau des organisations de la société civile camerounaise dénommée «Dynamique citoyenne» ont été matraqués, molestés et puis mis aux arrêts par les bidasses sur les instructions des autorités administratives. Un des journalistes qui couvraient l’atelier organisé à cette occasion par ce réseau sur le thème : «la gouvernance électorale et l’alternance démocratique» a lui aussi subi les mêmes sévisses. Comme plusieurs de ses confrères, il a vu son matériel détruit, et confisqué. Seulement, il aura moins de chance, parce qu’il a été mis aux arrêts dans la confusion comme étant membre du réseau. Ces six mousquetaires sont :
- Jean marc Bikoko,
- Bénédicte Jessie Bikoko,
- Sévérin Le Juste Bikoko,
- Agnès adélaïde metougou,
- Yves Leonardo epangue njalla,
- et François Fogno Fotso.
De quoi classer le Cameroun dans la zone rouge dans la prochaine cartographie des pays démocratiques dans le monde. après un passage au Commissariat central, ils vont être placés en « garde à vue administrative» de 15 jours au Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°1 de la ville de Yaoundé. Une détention signée par le gouverneur de la région du Centre Joseph Otto Wilson. au motif qu’ils avaient fait preuve de : «défiance à la loi sur les réunions et manifestations publiques». il est reproché plus précisément à dynamique citoyenne de ne pas avoir demandé l’autorisation pour cet atelier. Or s’il est vrai que la loi fait obligation de déclarer les réunions et les manifestations, ce n’est pas le cas pour les séminaires, colloques, forums et ateliers.
A la suite des pressions des organisations nationales et internationales, au lieu de mettre tout simplement fin à la garde à vue administrative, celle-ci a été muée en garde à vue judiciaire renouvelable toutes les 48 heures à la suite d’une inculpation décidée par le patron de la direction régionale de la police judiciaire (drpj) pour le Centre. et 48 heures après avoir été signifiés de cette nouvelle évolution de la procédure, ils ont été libérés le 23 septembre 2015. ils devront comparaitre libres le 28 septembre 2015 au tribunal de première instance de Yaoundé - Centre administratif de la ville de Yaoundé.
Dans la déclaration signée le 18 septembre par le Collectif national pour la libération de Jean marc Bikoko et Cie, il prend «à témoin l’opinion publique nationale et internationale des cas d’arrestations récurrents des acteurs de la société civile au Cameroun». Ce qui marque clairement la fracture qui existe entre le régime au pouvoir et la société civile camerounaise. Pourtant le Secrétaire général de l’Organisation des nations Unies, Ban Ki-moon avait placé la célébration de la Journée internationale de la démocratie 2015 sous le signe de l’étroite collaboration qui devrait exister entre les gouvernements et la société civile. Placée sous le thème : «Un espace pour la société civile», il a affirmé dans sa déclaration que «l’Etat et la société civile peuvent et doivent s’associer pour construire le futur que nous appelons tous de nos voeux.»
Parce qu’il a fait l’amer constat que «la liberté d’action de la société civile s’amenuise – voire disparaît » progressivement. Les statistiques en sa possession sont effrayantes. «Un nombre alarmant de gouvernements ont adopté des mesures restrictives qui limitent la possibilité pour les Ong de travailler ou de recevoir des fonds, ou les deux.»
Reconsidération de la société civile
C’est pourquoi, dit-il, le thème de cette année est un appel aux Etats pour accorder plus de marges de manoeuvre à la société civile. Et de préciser qu’«il s’agit de rappeler à tous les gouvernements qu’une société civile forte et libre d’agir est un marqueur de succès et de stabilité en démocratie.» Et d’ajouter : «Une société dans laquelle les gouvernements et la société civile travaillent ensemble vers des objectifs communs pour un meilleur futur, et où, dans le même temps, la société civile participe à rendre le gouvernement responsable.» D’ailleurs, il va souligner que «La société civile est le moteur du progrès social et de la croissance économique.». Et pour cause : «Elle contribue de façon déterminante à obliger l’État à rendre des comptes et représente les intérêts pluriels de la population, notamment ses groupes les plus vulnérables.»
Sur le plan de l’implémentation d’une réelle démocratie dont on sait que l’une des valeurs universelles est que les peuples choisissent leur propre système politique, économique, social et culturel, en exprimant librement leur volonté, et qu’ils aient voix au chapitre en ce qui concerne tous les aspects de leur existence, Ban Ki-moon titre sa déclaration en ses termes : «La société civile est l’oxygène de la démocratie.» Il ne fait pas de doute qu’à lire cette déclaration du Secrétaire général de l’Onu, on arrive à l’évidence que le Cameroun y est diamétralement opposé. Or il reste convaincu qu’«une nation sûre d’elle-même permet à ses citoyens d’avoir voix au chapitre et de jouer un rôle dans le développement de leur pays.»Et pour preuve va-t-il soutenir à l’orée de sa déclaration : «les démocraties les plus dynamiques et les plus stables du monde, où l’État et la société civile travaillent ensemble en faveur d’objectifs communs.». C’et pourquoi, il soutient mordicus que «La société civile n’a jamais joué un rôle aussi important.» Surtout que les Nations Unies ont convenu avec tous les Etats membres de démarrer un nouveau programme de développement mobilisateur. Qui ne peut se faire sans la collaboration étroite de la société civile.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Législatives 2027 : le scénario d'un nouveau report se précise
- MRC : après la victoire, la procédure de dédommagement
- Willy Mengue perd la bataille du mandataire ad hoc
- Cameroun-Suisse : après Page à Yaoundé, Datouo à Berne
- MRC : Willy Mengue et ses co-demandeurs désertent le tribunal pour la 2e fois
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Russie - Lavrov à l’Europe : « La guerre sera très courte »
Ukraine : Zelensky réclame 27 milliards, l'Europe s'interroge
Villes intelligentes et économie mobile Comment l'Afrique Centrale accélère sa transition numérique
États-Unis - 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
Cameroun - Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
il y a un mois
Cameroun - Joël Émile Bamkouï : le retour de l’ex-patron du renseignement
Cameroun - Paul Biya de retour à Yaoundé jeudi 20 août, annonce RFI
Sénégal - Officiel : Patrick Vieira prend les commandes des Lions de la Teranga
Crise des droits TV, Afrique subsaharienne : Les supporters se tournent vers les solutions mobiles
Cameroun - Matricide à Yaoundé : Landry Batek Yebel condamné à mort
il y a un an