Cameroun - M. LE PRÉSIDENT EST-IL NORMAL QUE VOTRE PARTI CÉLÈBRE SON ANNIVERSAIRE DANS UNE AMBASSADE ET OCCUPE LE PALAIS DES CONGRES ?
© Correspondance : ABDELAZIZ MOUNDE | 25 Mar 2015 08:02:59 | 5073A l'âge de la maturité, le RDPC doit se débarrasser de ses oripeaux. Changer !En 1983, Paul Biya est parvenu, au prix d'un conflit harassant, à faire entendre raison et plier les tenants du Parti-Etat. Un système expérimenté dans l'ex-Union soviétique, dans divers régimes communistes et dans la Chine actuelle, attribuant au parti généralement unique l'essentiel des pouvoirs.
Dans le sillage de son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, les partisans de la logique du bicéphalisme à la tête de l'Etat, prônant le partage du pouvoir entre le président du parti ( UNC), définissant les orientations et le président de la République, chargé de sa mise en oeuvre voulaient confiner le nouveau président aux seconds rôles.
En clair, sabre au clair, porté par une conception moderne de la vie politique, en se dressant contre cette augure, il s'affranchissait d'une logique injustifiée énonçant la prééminence du parti sur l'Etat. Ouvrant l'espoir d'un dégel de la confusion pernicieuse, du flou républicain et des liens incestueux entre la fonction publique d'Etat, soumise à l'obligation de neutralité et le parti unique, fondé en 1966.
Autre temps. Même confusion ! Après un discours à ses camarades, lénifiant et auto-satisfaisant sur la culture démocratique et l'adaptation de son parti aux évolutions de son temps, l'on assiste à la répétition de pratiques surannées, renforçant l’éternelle confusion dont la crise de 1983 n'était qu'une parenthèse illusoire.
30 ans après sa création, le RDPC occupe toujours le Palais des Congrès, sans aucune indication sur le paiement d'un quelconque loyer à cet établissement public. Trois décennies après sa création, l'on s’accommode paresseusement d'une curiosité institutionnelle, le rang de ministre d'Etat attribué au Secrétaire général du parti.
Dans les cabinets ministériels, les couloirs des services et établissements publics et les chancelleries, la vie reste, plus de trente ans après l'agitation de 1983, rythmée par les événements du parti. Les patrons ( ministres, secrétaires d'Etat, secrétaires généraux, directeurs, conseillers, directeurs généraux, etc), jouent leurs carrières lors des grandes occasions ( meeting,anniversaires, opérations de renouvellement, missions du comité central, etc) bloquant le fonctionnement des services, figeant le quotidien et retardant la mise en oeuvre des politiques publiques.
A l'étranger, dans les ambassades, comme à Paris, les vieilles habitudes ont perduré. Le parti préempte les lieux, exigeant même, comme à l'époque de l'Unc et de ses premières années, de disposer au sein de l'Ambassade d'un local tenant lieu de siège. Mieux, elle y organise systématiquement ses événements et réunions importantes. Une entorse significative aux principes républicains, d'autant qu'on n'imagine pas un autre parti y compris ceux représentés à l'Assemblée Nationale prétendre à un tel privilège.
Pourtant, eu égard à son poids dans la vie politique nationale, le Rdpc devrait contribuer à la fin de cette grande hypocrisie, savamment entretenue, lui faisant du tort. Les youyous des fêtes ne doivent voiler cette logique de la république à géométrie variable. Si l'adhésion au parti est libre, le respect des lieux publics et la neutralité de l'Etat, sont sacrés en démocratie.
Paul Biya s'est battu contre le parti-Etat, le temps d'un conflit en 1983. L'on se demande où est parti l'Etat en 2015 ? Pour le bien de notre démocratie, il est temps de nous réformer. Ensemble !
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- L'art de la soupape de sécurité (partie 2)
- Une très émouvante lettre de Maïtre André Marie Tassa adressée au Pr. Maurice Kamto
- Pourquoi les Camerounais fuient ELECAM
- Manifestants condamnés, putschistes présumés libres
- FÉMINICIDES AU CAMEROUN : LE NON-DIT SUR LA RESPONSABILITÉ FÉMININE ET L'IMPÉRATIF D'UNE RÉÉDUCATION
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Niger - Emmanuel Macron sous le feu des accusations de l'AES
Cameroun - Fin du contrat Brys : l'État peut-il imposer Pagou ?
Cameroun - Affaire Martinez Zogo : le Colonel Otoulou coincé à la barre
Cameroun - Mombo : deux cambrioleurs arrêtés, quatre en fuite
Cameroun - Affaire MRC : l'audience du 1er septembre n'a pas eu lieu
il y a un mois
Cameroun - Carnet noir : Alain Malong, figure de l'industrie, n'est plus
Royaume-Uni - DJ Ballas: L’artiste-musicien qui assume son authenticité africaine
Ambassade de France au Congo : une vidéo jugée raciste
France - Plainte contre Paul Biya : la diaspora camerounaise saisit la justice française
Afrique - OLIGUI NGUEMA EN COTE D’IVOIRE ENTRE DIPLOMATIE COOPERATION ET PROXIMITE AVEC LA DIASPORA GABONAISE
il y a un an