Présidentielle 2025 : Vers un huis clos du contentieux pré-électoral malgré l’enjeu démocratique
© Camer.be : Paul Moutila | 04 août 2025 00:29:03 | 8266Le Conseil constitutionnel du Cameroun aurait rejeté la demande de retransmission en direct des débats du contentieux pré-électoral prévue le 4 août 2025, selon une source interne à la chaîne publique CRTV. Une décision qui alimente l’incompréhension et ravive les débats sur la transparence du processus électoral à l'approche d’un scrutin présidentiel déterminant.
Cette posture institutionnelle interroge, d’autant plus qu’en matière électorale, la loi camerounaise prévoit clairement la publicité des débats. En effet, l’article 64 de la loi n° 2004/004 du 21 avril 2004 stipule que les audiences du Conseil constitutionnel sont publiques lorsqu’il s’agit d’élections ou de référendums. Une mesure conçue pour garantir l’équité, rassurer l’opinion et consolider la confiance citoyenne dans les mécanismes démocratiques.
Dans un contexte politique marqué par des contestations croissantes, le choix de ne pas diffuser ces échanges en direct apparaît comme un recul démocratique. Cela prive les citoyens d’un accès direct à une phase cruciale du processus électoral. Alors que des recours ont été déposés par certains candidats recalés ou en litige avec l’administration électorale, cette opacité est susceptible d’alimenter les suspicions sur l’impartialité des institutions.
La CRTV, organe de service public financé par les contribuables camerounais, aurait pu jouer un rôle d’arbitre neutre, garantissant l’accès à une information équitable et non filtrée. En refusant d’ouvrir cette séquence aux regards du public, le Conseil constitutionnel s’expose à des critiques, non seulement de l’opinion nationale, mais aussi des observateurs internationaux en veille sur la régularité du scrutin.
À moins d’un revirement de dernière minute, la journée du 4 août 2025 pourrait se dérouler sans témoins visuels, reléguant les débats à des comptes rendus partiels, parfois orientés, au détriment d’un exercice démocratique sain. Dans une société où l'information en temps réel est essentielle, la non-diffusion affaiblit non seulement la transparence, mais aussi la crédibilité du processus.
En cette période préélectorale, la demande d’ouverture et de redevabilité institutionnelle est plus forte que jamais. Les voix s’élèvent pour rappeler que le peuple camerounais, au nom duquel la justice est rendue, mérite de voir, d’entendre et de juger par lui-même les arguments qui détermineront le sort des candidatures engagées dans cette présidentielle.
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