RDPC : le cri de détresse d'une militante de la diaspora oubliée
© Camer.be : Toto Jacques | 02 nov. 2026 18:10:00 | 486Elle a tout donné pour le RDPC. Menaces, nuits blanches, sacrifices. Aujourd'hui, cette militante de la diaspora réclame justice.
RDPC : le cri de détresse d'une militante de la diaspora oubliée
C'est un texte qui remue. Un témoignage à vif. Micca Marthe-Cécile, militante du RDPC en Suisse, a décidé de briser le silence. Elle ne parle pas de stratégie politique, ni de géopolitique. Elle parle de sa vie. De son argent. De ses nuits d'angoisse. Et d'un profond sentiment d'abandon.
« Nous avons tout sacrifié pour défendre ce régime et, en retour, nous n'avons jamais vu l'ombre d'une quelconque reconnaissance. »
La phrase est lourde. Elle tombe comme un couperet. Et elle pose une question qui dépasse son cas personnel : comment le mérite militant est-il réellement récompensé au Cameroun ?
De 2016 à aujourd'hui : le prix de l'engagement
Micca Marthe-Cécile ne découvre pas la politique en 2025. Elle rappelle que son engagement date de 2016. Depuis huit ans, elle dit avoir tout investi. Son temps. Son intelligence. Ses ressources financières.
En Europe, la mobilisation de la diaspora a un coût. Elle raconte : les voyages dans différentes villes européennes, les déplacements pour accompagner le Président de la République, les transports financés, les compatriotes mobilisés. Elle évoque des sacrifices personnels qu'elle ne peut même plus comptabiliser.
2019 : menaces à Berne et convocation
Le récit se corse lorsqu'elle aborde l'année 2019. Elle raconte une convocation par son chef de Département à la Haute École de Soins Infirmiers. La raison ? Un courrier que la BAS aurait adressé à son établissement à son sujet.
Le texte plonge dans l'intime. Interpellation de l'ambassadeur du Cameroun à Berne, sollicitation d'aînés pour faire face. Puis, le pire. Les menaces qui pèsent sur sa fille unique dans son établissement scolaire. Les menaces de mort. Les insultes. « Mon nom a été traîné dans la boue », écrit-elle.
Elle mentionne des nuits d'angoisse, d'anxiété, d'insomnies. Et une injustice : être traitée de tous les noms dans la République qu'elle défendait.
L'ombre des "tontons" et la prime à la proximité
La suite du texte est un réquisitoire contre un système. Elle s'interroge sur ces personnalités (Ernest Obama, Nyemeck, Raoul Mbia) qui sont reçues par des membres du gouvernement et récompensées. Elle se demande ce qui détermine la reconnaissance du mérite.
« À les entendre, on finirait presque par croire qu'elles ont été les seules à défendre la République », tacle-t-elle. Elle cite d'autres militantes, comme Tatiana Dirane Limperturbable, qui ont payé le prix fort sans jamais avoir droit aux mêmes égards.
Pour elle, le problème est clair : la redistribution des reconnaissances obéit à des logiques de proximité. Ceux qui ont accès aux « bureaux feutrés » et aux « tontons » sont récompensés. Les autres, ceux qui sont sur le terrain, restent dans l'ombre.
La fidélité chevillée au corps
Malgré l'amertume, Micca Marthe-Cécile refuse la rupture. Elle ne rejoint pas les rangs de ceux qu'elle appelle les « révoltés ». Elle se considère comme une « enfant de ce régime ». Elle réaffirme sa fidélité au Président Paul Biya.
« Je n'ai jamais conçu mon engagement patriotique en dehors du RDPC », martèle-t-elle. Elle continuera à servir la République, non pas parce qu'elle est insensible aux injustices, mais parce qu'elle refuse que les déceptions humaines effacent ses convictions.
Sa conclusion prend une dimension spirituelle. Face à l'ingratitude des hommes, elle invoque une justice supérieure. « Il existe un Dieu juste, qui règle les choses en son temps, console les cœurs meurtris et se souvient de ceux que les hommes choisissent parfois d'oublier. »
C'est qui, Micca Marthe-Cécile ?
C'est une militante du RDPC (le parti au pouvoir au Cameroun) qui vit en Suisse. Elle est active au sein de la diaspora et dénonce aujourd'hui le manque de reconnaissance pour ses sacrifices.
Elle a quitté le RDPC ?
Non. C'est tout le paradoxe de son texte. Malgré sa colère et son sentiment d'injustice, elle réaffirme sa fidélité au parti et au Président Paul Biya. Elle rejette l'idée de rébellion.
Quels sont les faits précis qu'elle reproche ?
Elle reproche au parti de récompenser des personnalités de la diaspora (comme Ernest Obama ou Raoul Mbia) qui ont un accès direct aux décideurs, tout en ignorant les militants de base qui ont subi des menaces et financé des actions de leur propre poche.
C'est quoi, la BAS ?
La BAS (ou BAS, selon le contexte) est mentionnée dans son texte. Il s'agirait d'une structure liée au milieu scolaire ou associatif qui aurait envoyé un courrier contre elle à son établissement en 2019. Nous n'avons pas pu vérifier de quoi il s'agit exactement.
Qui sont les "tontons" dont elle parle ?
C'est une expression camerounaise qui désigne ici les parrains politiques, les personnalités influentes du régime qui ont le pouvoir de distribuer des faveurs et des récompenses.
Pourquoi elle parle de Dieu et de justice divine ?
Parce qu'elle estime que la justice des hommes lui a fait défaut. Elle remet sa colère entre les mains de Dieu, croyant qu'une justice supérieure finira par punir les injustices qu'elle a subies.
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