53 % avec l'aide d'ELECAM : le tacle du Pr Assira à un maire
© Camer.be : Onana Nestor | 02 nov. 2026 13:16:00 | 50553 % avec l'aide d'ELECAM. Un maire ose comparer au Sénégal. Le Pr Assira ne laisse pas passer : « Soyons sérieux. »
« Soyons sérieux, Monsieur le Maire » : la charge du Pr Assira sur la démocratie camerounaise
La séquence est courte. Elle tient en quelques phrases. Mais elle résume une fracture.
Sur un plateau de télévision, un maire prend la parole. Il compare la situation électorale camerounaise à celle du Sénégal. Le Pr Claude Assira l'écoute. Puis il répond.
Sa réponse est devenue virale. « Vous avez obtenu 53 % avec l'aide d'ELECAM et du Conseil constitutionnel, et vous osez venir devant des gens sérieux pour comparer cela à ce qui s'est passé au Sénégal ? Soyons sérieux, Monsieur le Maire ! »
La phrase est brutale. Elle est aussi précise.
Le contexte : 53 %, ELECAM et le Conseil constitutionnel
Le chiffre de 53 % renvoie à l'élection présidentielle camerounaise d'octobre 2025. Le Conseil constitutionnel a proclamé la victoire de Paul Biya avec plus de 53 % des voix. Ce résultat a été contesté par une partie de l'opposition et de la société civile.
Le Pr Assira ne conteste pas le chiffre. Il conteste la légitimité du processus qui a produit ce chiffre. Dans une tribune publiée après la validation du Conseil constitutionnel, il écrivait : « Le mode de désignation des membres d'ELECAM et du Conseil constitutionnel fondé sur l'exclusivité et la prépondérance du Président de la République ne leur conférera jamais la légitimité sur laquelle repose le fondement de leur mission ni à leurs décisions l'impartialité qui doit s'attacher à toute œuvre de départage. »
La position est connue. Elle n'est pas nouvelle.
Le Sénégal, ce miroir qui dérange
Le Sénégal a connu, en mars 2024, une alternance politique. Un opposant longtemps empêché, Ousmane Sonko, a vu son camp remporter l'élection présidentielle. Le processus a été salué par une partie des observateurs internationaux comme un signe de vitalité démocratique.
C'est cette comparaison qu'un maire a voulu faire. Le Pr Assira l'a refusée. Pas parce que le Sénégal serait parfait. Parce que la comparaison, selon lui, insulte l'intelligence de l'auditoire.
« Soyons sérieux, Monsieur le Maire » : la formule est un recadrage. Elle dit : ce n'est pas le même terrain, ce ne sont pas les mêmes règles, ce ne sont pas les mêmes institutions. Comparer, c'est déjà admettre que les deux systèmes sont équivalents. Le Pr Assira refuse cette équivalence.
Ce que la séquence dit du débat politique camerounais
La charge du Pr Assira n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une critique plus large de l'architecture électorale camerounaise. Dans sa tribune, il évoquait une « urgence de refonte de la loi électorale », estimant que « ce qui s'est passé devant ELECAM ou devant le Conseil constitutionnel a laissé plus d'un observateur ébahi ».
La séquence télévisée a un mérite : elle rend visible une tension qui structure le débat public. D'un côté, ceux qui défendent la légitimité des institutions existantes et des résultats qu'elles produisent. De l'autre, ceux qui contestent la conception même de ces institutions et la manière dont leurs membres sont désignés.
Le maire interpellé se situe dans le premier camp. Le Pr Assira, dans le second. La phrase qui les oppose est devenue virale parce qu'elle cristallise ce clivage en quelques mots.
Pourquoi cette séquence circule
Une séquence télévisée ne devient virale que si elle dit quelque chose que beaucoup pensent sans le formuler. La formule du Pr Assira a cette qualité. Elle est courte. Elle est tranchante. Elle nomme des institutions ELECAM, Conseil constitutionnel que le grand public connaît de nom mais dont il perçoit confusément les liens avec le pouvoir exécutif.
Elle nomme aussi un pays le Sénégal qui, pour une partie de l'opinion camerounaise, représente un contre-exemple démocratique. Comparer le Cameroun au Sénégal, c'est déjà suggérer que le Cameroun pourrait faire mieux. Le Pr Assira ne dit pas que le Cameroun fait mieux. Il dit que la comparaison est indécente, parce qu'elle suppose une équivalence qui n'existe pas.
C'est qui, le Pr Claude Assira ?
Un avocat camerounais, inscrit aux barreaux du Cameroun et de Paris. Il enseigne le droit à l'Université Catholique d'Afrique Centrale (Yaoundé). Il est connu pour ses interventions sur les plateaux de télévision et ses chroniques critiques sur la vie politique camerounaise.
C'est quoi, ELECAM ?
Elections Cameroon. C'est l'organisme chargé d'organiser, de gérer et de superviser le processus électoral et référendaire au Cameroun. Ses membres sont désignés par le président de la République.
C'est quoi, le Conseil constitutionnel au Cameroun ?
C'est l'institution qui statue sur la régularité des élections nationales et proclame les résultats. Ses membres sont également désignés par le président de la République.
Pourquoi 53 % ?
C'est le score attribué à Paul Biya lors de l'élection présidentielle d'octobre 2025, validé par le Conseil constitutionnel. Le Pr Assira conteste la légitimité du processus qui a produit ce score, pas le score lui-même.
Pourquoi parler du Sénégal ?
Parce que le Sénégal a connu une alternance politique en mars 2024, saluée par une partie des observateurs. Un maire a voulu comparer la situation camerounaise à celle du Sénégal. Le Pr Assira a jugé la comparaison indécente, au regard des conditions dans lesquelles le scrutin camerounais s'est déroulé.
La séquence est-elle récente ?
La capture d'écran ne porte pas de date. Le chiffre de 53 % renvoie à l'élection d'octobre 2025. La séquence a été diffusée après cette élection.
Où peut-on voir la séquence ?
Elle a été diffusée sur Canal+ 735, selon la capture, et relayée par Créolink 18. Nous n'avons pas pu retrouver la vidéo complète en ligne. Cette information manque.
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