Paul Biya absent, une campagne électorale historique au Cameroun
© Correspondance de : Kenfack Martin | 03 oct. 2025 10:53:18 | 3323Alors que la campagne pour la présidentielle camerounaise bat son plein, un silence particulier entoure le président sortant, Paul Biya. À 92 ans, le chef de l’État, candidat à un huitième mandat, brille par son absence sur le terrain. Au moment où les autres candidats parcourent le pays pour rencontrer leurs supporters, M. Biya a choisi une autre stratégie, se contentant de publier une vidéo générée par intelligence artificielle sur ses réseaux sociaux pour vanter les réalisations de son administration .
Cette absence physique contraste avec l’activité fébrile de ses ministres, qui battent campagne activement en son nom à travers le pays . Cette élection présidentielle, prévue le 12 octobre 2025, se déroule dans un contexte politique tendu, marqué par l’exclusion du principal rival de Biya, Maurice Kamto, dont la candidature a été rejetée en juillet par la commission électorale sans raison fournie . Le paysage oppositionnel, morecelé, peine à former une coalition unifiée capable de présenter un front solide face au parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) .
La question de l'âge du président et de l'absence de plan de succession suscite des inquiétudes quant à la stabilité future du pays. Le président Biya, qui a déjà cumulé plus de quatre décennies au pouvoir, passerait le cap des 50 ans de règne s'il complétait un nouveau mandat de sept ans . Les défis sécuritaires restent également prégnants, avec la persistance de la crise séparatiste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les combattants ambazoniens ont imposé un lockdown et interdit la tenue des élections .
Sur le plan économique, le prochain président devra gérer une dette publique importante, classée comme durable mais à haut risque de surendettement par le Fonds Monétaire International. La gestion de la prochaine échéance de l'Eurobond de 750 millions de dollars, qui arrive à échéance le mois prochain, constituera un test immédiat . Malgré ces défis, l'administration Biya mise sur sa longévité et son contrôle des institutions pour convaincre les électeurs, tandis que l'opposition tente, sans grand succès pour l'instant, d'incarner l'alternative et l'espoir d'un changement .
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