Le Conseil constitutionnel peut-il valider une victoire hors RDPC ?
© Camer.be : Paul Moutila | 11 août 2025 00:35:29 | 3427À l’approche de l’élection présidentielle camerounaise d’octobre 2025, une question centrale agite l’opinion publique : le Conseil constitutionnel pourrait-il réellement reconnaître la victoire d’un candidat autre que celui du RDPC ? Les doutes persistent et s’amplifient dans un climat politique tendu où la confiance envers les institutions reste fragile.
Depuis sa création, cette instance est censée être l’ultime garant de la légalité électorale. Pourtant, pour de nombreux Camerounais, son image est ternie par une perception d’allégeance politique. Les membres du Conseil, bien qu’enveloppés de la toge judiciaire, sont souvent soupçonnés de porter en réalité la tunique du parti au pouvoir, transformant ainsi des arbitrages électoraux en simples prolongements d’une ligne politique.
Le cas le plus frappant reste l’exclusion controversée de Maurice Kamto de la course présidentielle. Pour ses partisans, cette disqualification ne relevait pas d’une décision judiciaire impartiale, mais bien d’un choix politique masqué sous un vernis juridique. Les preuves avancées par l’opposition semblaient solides, mais elles n’ont pas suffi à infléchir le verdict officiel.
Cette situation nourrit un sentiment d’injustice et de résignation. Dans les rues de Douala, Yaoundé ou Garoua, les discussions s’enflamment autour de la transparence du scrutin à venir. Nombreux sont ceux qui estiment que, quelles que soient les urnes, la proclamation finale pourrait déjà être écrite en faveur du candidat du RDPC.
Pourtant, la crédibilité d’un processus électoral repose sur la capacité des institutions à faire primer le droit sur les intérêts partisans. Une décision du Conseil constitutionnel validant un candidat issu de l’opposition constituerait un tournant historique et un signal fort à l’intérieur comme à l’international. Mais tant que l’ombre du doute plane, chaque annonce, chaque disqualification et chaque interprétation juridique risque d’être perçue comme une manœuvre politique.
L’enjeu dépasse le simple résultat de 2025. Il touche au cœur même de la démocratie camerounaise : restaurer la confiance citoyenne, garantir l’indépendance de la justice électorale et montrer au monde que la victoire peut se jouer sur la base du suffrage exprimé, et non sur la loyauté au pouvoir en place.
Lire aussi
LA SDFISATION DE L'OPPOSITION CAMEROUNAISE
Les vérités crues de Shanda Tonme sur l’incident survenu au contrôle mixte de Batchenga
APPEL À UNE CONSCIENCE NATIONALISTE CAMEROUNAISE ET À UNE RÉVOLUTION POPULAIRE
Kaïros : le choix de l'inclusion pour la refondation du Cameroun
Nama au Conseil constitutionnel : loyauté ou indépendance ?
Paul Biya nomme Nama Remy avant même d'enterrer Atangana
Me Touko Tom : « La faute historique de l'opposition camerounaise »
Dion Ngute à Bamenda : un dialogue sans les séparatistes peut-il marcher ?
Eko Eko et Amougou Belinga : la justice change de cible
Un an de « grandeur et espérance » : le bilan qui dérange
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Conseil constitutionnel : l’Assemblée nationale enclenche le remplacement de Bah Oumarou Sanda
Enquêtes sur la délivrance de la carte nationale d’identité: Shanda Tonme écrit à Mbarga Nguélé
L'actualité lue pour vous dans la presse camerounaise de ce 12 octobre 2026
Conseil constitutionnel du Cameroun : l'intérim d'un anthropologue
12 octobre 2006- 12 octobre 2026: 20 ans déjà comme le coupé décalé perdait son «président»
il y a un mois
il y a un an