Cameroun: NE FAITES PAS UN PROCèS EN SORCELLERIE à CABRAL LIBII
© Correspondance : Boris Bertolt | 09 janv. 2018 15:04:23 | 7648Ce peuple n’est pas seulement captif matériellement ( pauvreté, absence de biens économiques) de la tyrannie actuelle, prolongement la plus profonde sur le continent de la domination coloniale, il est captif spirituellement. Pour le changer, les leaders devront avoir le courage de l’affronter en même tant qu’affronter l’adversaire.
Ça veut dire qu’au Cameroun, la lutte n’est pas seulement dirigée contre l’oppresseur qui est le régime de Yaoundé, mais également contre l’opprimé qui sont les populations camerounaises dont le régime a pris possession à la fois du corps et de l’esprit. Les techniques de discipline l’ont détruit, déshumanisé, aliéné. Il ne vit plus par lui même, il ne pense plus. Le régime Biya a en partie dépossédé les camerounais de leur corps et leur esprit à tel enseigne qu’ils reproduisent de manière inconsciente à la fois le discours de la domination et du contrôle à travers l’internalisation, mais s’assurent que ce discours soit reproduit autour d’eux. Donc les camerounais sont devenus eux mêmes des agents de l’oppression. Si le leader qui a une position d’éclaireur, de guide s’amuse, il sera captif de ce peuple et par là de la tyrannie.
Appelez à dialoguer n’est en rien soutenir une sécession. C’est exactement ce que le régime Biya a produit dans les imaginaires. Il a bien conscience depuis 1997 du problème anglophone mais n’a jamais voulu s’y appesantir. Même la décentralisation il n’a pas appliqué. Comment faites vous confiance à un régime qui n’a que la violence comme mode de gouvernance? Dire que l’arrestation de Ayuk ne changera rien n’est pas soutenir les sécessionnistes. C’est une analyse froide. Car le mouvement anglophone est un mouvement social ancré dans la population. On parlerait d’un mouvement révolutionnaire. Pourquoi voulez vous que Cabral Libii puisse se joindre à votre discours guerrier contre les anglophones ou leurs leaders? Savez vous que les anglophones sont autant camerounais que vous et par là il a le devoir de s’identifier à eux. Tout le monde condamne les violences or cette violence a été produite et construite par le régime de Yaoundé qui refuse le dialogue au delà du discours.
Cabral LIBI n’a pas à s’excuser. La première libération chez l’opprimé c’est lorsqu’il peut se rendre compte qu’il vit en opprimé et que même son langage est le langage de l’oppression. Or la manière dont ont parlé des choses, des situations , dont on les décrivent sont importantes soit pour rester opprimé soit pour se libérer. Le langage fait partie du début de l’existence. Or pour l’instant beaucoup de camerounais même éduqués croient exister, croient vivre. Non vous ne vivez pas. Vous luttez pour vivre car vous êtes encore captifs du colon Biya.
Commentaires
Lire aussi
Crise anglophone au Cameroun : Déjà 10 ans d’horreur, Alain Ndanga écrit à Paul Biya
Aristide Mono dénonce le pillage des fonds publics au Cameroun
« Rip Monsieur le Président » : l'hommage qui est en réalité un réquisitoire
Atangana est mort, mais la question de l’impartialité reste
1er octobre : Balla appelle au dialogue et au fédéralisme
Mbanya : le sanctuaire traditionnel au cœur du bras de fer administratif du Canton Akwa
Cameroun-FMI : Se préparer à un nouveau programme d'ajustement structurel
Cameroun : l’éditorial qui dénonce un mandat à l’arrêt
Douala : un hôtel de luxe à 220 milliards dans un pays sans routes
Recensement Cameroun 2026 : le fiasco d'un pays qui ne sait plus se compter
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Affaire Joyce : 4 mois de silence, la Toile s'enflamme
FCC : le communiqué annonçant l'adhésion de Kamto est un fake
Ukraine : 20 millions de réfugiés, le scénario qui glace l'Europe
Jorge Jesus recadre Cristiano Ronaldo : « C'est moi qui décide »
Affaire ex-Regifercam:Vente du Giratoire Joss à 5,5 milliards, l'État s'engage à payer la démolition
il y a un mois
il y a un an