Lutte anticorruption au Cameroun : le bilan mitigé deux ans après les promesses de Paul Biya
© Camer.be : Paul Moutila | 17 avr. 2025 13:20:04 | 3093En 2023, le président Paul Biya avait affirmé que "la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics est un impératif pour la préservation des ressources publiques", promettant une "intensification notable" des actions dans ce domaine. Deux ans plus tard, le constat est amer : les auteurs de détournements massifs de fonds publics semblent bénéficier d'une impunité persistante, tandis que l'État camerounais continue de subir des préjudices financiers colossaux.
Un préjudice financier record révélé
Un rapport récent du Conseil de discipline budgétaire et financière a révélé des chiffres alarmants :
- Plus de 145 milliards de FCFA de préjudice pour les finances publiques
- Des malversations concernant divers ministères et institutions publiques
- Peu de sanctions effectives contre les responsables identifiés
Ces données confirment les inquiétudes exprimées par la société civile et les partenaires internationaux quant à l'efficacité réelle de la lutte anticorruption au Cameroun.
Des promesses non tenues ?
L'analyse des actions concrètes menées depuis la déclaration de 2023 montre :
- Une absence de dossiers judiciaires majeurs contre les grands détourneurs
- La persistance des mêmes pratiques dans la gestion des fonds publics
- Des procédures disciplinaires souvent sans suite réelle
Pourtant, le cadre juridique existe, avec notamment :
- La loi anticorruption de 2011
- La Cour des Comptes
- Les cellules de lutte contre la corruption dans les ministères
Pourquoi cet échec relatif ?
Plusieurs facteurs expliquent ce bilan mitigé :
1. L'impunité des hauts responsables protégés par leur position
2. La lenteur des procédures judiciaires
3. L'absence de volonté politique réelle de s'attaquer aux réseaux établis
4. La complexité des dossiers impliquant souvent plusieurs institutions
Quelles perspectives pour 2025 ?
Alors que le Cameroun fait face à d'importants défis économiques, la question de la bonne gouvernance devient cruciale. Les observateurs appellent à :
- Une véritable indépendance des institutions de contrôle
- Des sanctions exemplaires contre tous les détourneurs
- Une transparence accrue dans la gestion publique
- La protection des lanceurs d'alerte
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