Dix partis d'opposition suspendus pour "troubles à l'ordre public" au Tchad
© Source : Voaafrique.com | 08 févr. 2018 10:11:12 | 7523Dix partis d'opposition tchadiens, qui avaient soutenu un appel à manifester mardi des syndicats, ont été suspendus pour deux mois pour "troubles à l'ordre public" et "incitation à la violence".
Les activités de dix partis politiques d'opposition sont "suspendues pour une durée de deux mois", indique un communiqué du ministre de la Sécurité, Ahmat Mahamat Bachir, qui avait averti mardi que les partis qui "tenteraient de défier l'autorité de l'Etat" seraient suspendus.
Parmi les dix partis suspendus, figure le Parti démocratique du peuple tchadien (PDPT) du député Djimet Clément Bagao, leader politique de la marche avortée de mardi.
Mardi, les regroupements avaient bravé l'interdit en appelant à manifester contre les coupes de salaire des fonctionnaires et autres mesures d'austérités pour deux mois.La police avait démenti avoir tiré à balles réelles, et avait déclarer "ignorer l'existence de personnes blessées".
L'acte relance le débat juridique. La coalition de la société civile n'entend pas céder à ces menaces.
Jeudi, des organisations de la société civile soutenues par des syndicalistes et quelques membres de l'opposition prévoient une "marche pacifique" dans la capitale appelée "jeudi de la colère".
Dans une décision lue à la radio mercredi midi, la marche de jeudi a été interdite par les autorités, tout comme la précédente du 25 janvier.
Les autorités avancent pour justifier ces interdictions des raisons de "sécurité".
Les syndicats ont durci la grève mercredi en demandant aux établissements de santé publique de suspendre leur service minimum, alors que la plupart des administrations et établissements du service publics sont déjà paralysés par une grève générale.
"La plateforme syndicale décide de la suspension du service minimum dans les hôpitaux et districts sanitaires sur toute l'étendue du territoire national et tient pour seul responsable le gouvernement de tout ce qui adviendra", a indiqué mercredi le porte-parole de la "plateforme syndicale revendicative", Barka Michel, dans un communiqué.
Le 29 janvier, les syndicats avaient déclenché une grève générale et illimitée des fonctionnaires à la suite de la réduction des salaires des agents de l'Etat et l'augmentation de l'impôt sur le revenu.
Cette grogne sociale généralisée, soutenue par l'opposition, a pris des allures de fronde contre le président Idriss Déby Itno (au pouvoir depuis 1990). Elle fait suite aux mesures d'austérité mises en place par le gouvernement pour pallier la grave crise économique que traverse le pays pétrolier depuis 2014, conséquence de la chute du prix du baril.
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