Vivre ensemble : Les "Nordistes" devenus Etons
© Le Jour : Murielle Tchoutat | 27 avr. 2019 11:13:00 | 8391Présente dans la ville d’Obala depuis 100 ans, cette communauté a su se faire une place et se créer une deuxième terre natale.
Essentiellement issue de migration il y a plus d’un siècle, la communauté originaire du septentrion communément appelée ici Haoussa est aujourd’hui à sa sixième génération dans la ville d’Obala. Elle est partie du septentrion, pour s’installer dans cette localité, située à 796,2km de la région de l’Adamaoua. Au fil des années, cette communauté minoritaire a su s’implanter dans la ville.
D’ailleurs, une partie de la ville d’Obala se fait appeler « quartier Haoussa », du fait de son habitation majeure par ce peuple. On y retrouve aussi d’autres peuples du Cameroun. Ce quartier est situé à l’entrée de la ville, venant du Nord du pays. L'info claire et nette. Simon Pierre Ediba, le maire de la commune d’Obala justifie leur présence massive par le fait que : « Les premiers habitants du quartier se sont installés et ont réservé de la place pour leurs frères qui sont arrivés après eux. Le choix de cette zone vient de la proximité avec leur région d’origine, et l’accueil des autochtones. Beaucoup de membres de cette communauté sont nés ici ».
Les "Haoussas" d’Obala ont pu s’intégrer aisément au sein des Etons. Ils y pratiquent principalement des activités telles que le commerce, la couture et la conduite de mototaxis, contribuant ainsi au développement économique de la ville. Pour la plupart, Obala est leur village d’origine. Mohaman , le chef de la communauté à Obala, âgé de 45 ans aujourd’hui a vu le jour à l’hôpital de dsitrict d’Obala. Il affirme aussi que :« Si ma tante vivait encore, elle aurait eu 96 ans aujourd’hui. Je suis originaire de l’Adamaoua, mais mon village est et demeure Obala car c’est le seul que j’ai connu jusqu’ici ».
Pour cette autorité traditionnelle, il n’y a aucun problème de cohabitation entre les autochtones et sa communauté. Il souligne d’ailleurs qu’il est difficile de faire le distinguo entre les deux communautés car elles sont soeurs et cohabitent sans problèmes majeurs. « Nous avons grandi avec les Etons. D’ailleurs, la plupart des membres de ma communauté parlent leur dialecte, et vice versa », martèle Mohaman. Pour rappel, Obala est une localité de la région du Centre, département de la Lékié. Elle desserre quatre régions du pays à savoir le Nord, l’Ouest, le Nord-Ouest et l’Est. Cette ville est de par son hospitalité très sollicitée. On y retrouve plusieurs peuples du Cameroun, notamment les Bétis, les Bamilékés, les Anglophones les ressortissants du grand Nord et les Mbamois entre autres.
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