Meurtre à Nkoabang : le corps de Valérie Nkwanga enterré dans le jardin
© Camer.be : Onana Nestor | 28 août 2026 10:19:19 | 4329Le corps de Valérie Nkwanga, 18 ans, a été retrouvé enterré dans le jardin familial à Nkoabang à Yaoundé. Son oncle de 17 ans est en fuite.
Disparue depuis deux semaines, Valérie Nkwanga, 18 ans, a été découverte sans vie, enterrée à la hâte dans le jardin de sa propre famille, à Nkoabang (Yaoundé). Son jeune oncle maternel est activement recherché.
Le silence d’une disparition que l’on minimise
Il arrive que les drames les plus profonds commencent par une absence que l’on s’explique mal. Celle de Valérie Nkwanga, 18 ans, a d’abord été attribuée à « une saute d’humeur de la jeunesse ». Titulaire toute fraîche du baccalauréat, elle préparait ses concours administratifs dans le domicile familial du quartier Nkoabang, à Yaoundé.
La famille s’était rendue à Abong-Mbang, dans la région de l’Est, pour des cérémonies de dot. Valérie était restée sous la garde de son jeune oncle maternel, Awang, 17 ans, accueilli depuis deux ans sous le toit de sa sœur aînée et de son époux, le Lieutenant Nkwanga. Un adolescent qui venait d’échouer au Probatoire, mais que rien, jusqu’alors, ne laissait présager comme un danger.
Le samedi, le fil de la communication s’interrompt. Valérie est injoignable. Sa mère, inquiète, alerte le voisinage. En face, on confirme l’avoir aperçue la veille. Mais à la maison, seul Awang répond.
Des indices que l’on refuse de voir
Les jours passent. Les parents, rentrés du village, veulent croire à une fugue passagère. Un dépôt de plainte est effectué. Mais les enquêteurs se heurtent à un vide sidérant : le téléphone de la disparue est « immaculé, entièrement purgé de ses conversations, comme si l’appareil n’avait jamais existé ».
Pendant ce temps, des détails troublants s’accumulent. Lors d’un passage à Douala, la mère surprend le jeune Awang vêtu des habits de sa fille un jogging et un maillot. Questionnement, malaise. Mais rien n’est dit.
L’odeur qui ne trompe pas
Le coup de grâce survient au retour à Yaoundé. Souffrant d’une conjonctivite, le père cherche à se rafraîchir le visage. Une odeur méphitique, lourde et asphyxiante, lui prend à la gorge. Il interroge les plus jeunes enfants. Réponse : « Tonton a tué un chat à coups de hache et l’a jeté à l’arrière de la concession ».
Le père, le cœur lourd d’un pressentiment lugubre, tranche : « Ce n’est pas l’odeur d’un chat ». La fouille s’organise immédiatement dans les broussailles. À quelques mètres de la véranda, le sol meuble livre son effroyable secret : une rotule affleure de la terre fraîchement remuée.
Le corps sous les fenêtres
L’horreur éclate au grand jour. La famille découvre avec effroi le corps mutilé de sa fille, enterré à l’endroit même où, quelques jours plus tôt, le jeune Awang s’était curieusement activé à défricher. Deux semaines que le corps reposait là, à quelques mètres de ceux qui continuaient de chercher Valérie.
La communauté de Nkoabang retient son souffle. Le lieu-dit entrée FOKOU, derrière l’Host hôtel, devient le théâtre d’une scène que personne n’oubliera. Les sapeurs-pompiers sont dépêchés sur place.
Le suspect et la fuite
Les premiers soupçons se portent sur le jeune oncle maternel. Selon le Dr Jean-Paul Begoumie, oncle maternel de la victime, Awang « est ici depuis deux ans, venu fréquenter chez sa grande sœur ». Cette année, il a raté le probatoire. Sa grande sœur et son mari avaient décidé qu’il reprendrait la classe.
Le mobile du crime reste à ce stade inconnu. Awang aurait quitté Yaoundé après les faits. Les autorités le recherchent activement. Une autopsie approfondie a été ordonnée pour éclaircir les circonstances exactes du décès.
Un féminicide de plus dans une série noire
L’affaire Valérie Nkwanga s’inscrit dans un contexte préoccupant. Le quartier Nkoabang a déjà été le théâtre d’autres drames récents. Le 19 mars 2026, Divine Mbarga Atangana, 11 ans, a été violée et assassinée dans une maison en chantier du même quartier. Une série noire qui interroge sur la sécurité et la protection des jeunes filles au Cameroun.
Le corps de Valérie Nkwanga a été confié aux services médicaux pour une autopsie approfondie. L’enquête judiciaire, menée par les autorités camerounaises, devra faire toute la lumière sur ce crime odieux.
La question qui reste
Comment un adolescent de 17 ans, couvé et soutenu par sa famille après un revers scolaire, a-t-il pu basculer dans une telle barbarie ? Comment enterrer une personne à quelques mètres de ceux qui continuent de la chercher ?
L’enquête devra répondre à ces questions. Et surtout, rendre justice à Valérie.
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