Maintien des Troupes : Meka prolonge la mission anti-émeute après la crise post-électorale
© Camer.be : Toto Jacques | 12 nov. 2025 14:07:29 | 3327La persistance des tensions consécutives à la réélection contestée du Président Paul Biya en octobre 2025 maintient le Cameroun sous haute surveillance militaire. C'est dans ce contexte délicat que le Général René Claude Meka, Chef d’État-Major des Armées (CEMA) camerounaises, a adressé une note d'instruction ferme aux commandants régionaux. Le message est sans ambiguïté : les militaires déployés pour maîtriser la crise post-électorale doivent impérativement rester en position. Cette décision souligne la gravité de la situation sécuritaire et l'appréciation que le haut commandement militaire fait de la menace.
Selon les directives communiquées en interne, le Général Meka a insisté auprès des commandants sur le fait que la période de turbulence n'est pas encore révolue. Malgré l'investiture officielle du Président Biya pour un huitième mandat, les appels à la désobéissance civile et les opérations "villes mortes", notamment dans des centres économiques comme Douala, continuent d'illustrer une profonde dissidence.
L'appareil sécuritaire reste l'ultime rempart du régime face à une contestation de plus en plus populaire et visible. Le maintien des troupes dans les zones stratégiques, souvent synonyme d'une situation sécuritaire jugée instable, vise à prévenir de nouvelles flambées de violence et à décourager toute tentative de déstabilisation du pouvoir central.
Afin d'assurer la motivation et la fidélité des troupes engagées dans cette mission prolongée, le CEMA a également promis une compensation financière. Une rémunération supplémentaire exceptionnelle, équivalente à trente jours de solde, est annoncée pour les militaires concernés.
Cette mesure, bien que non officielle et non publiée dans les canaux gouvernementaux, est perçue comme un moyen essentiel d'apaisement interne et de reconnaissance de l'effort des soldats mobilisés dans la stabilisation du Cameroun. Elle rappelle également la dimension coûteuse et l'importance accordée par l'État à l'opération de maintien de l'ordre en cours. Le déploiement prolongé des forces armées, habituellement réservé aux menaces extérieures ou aux crises majeures comme la crise anglophone, témoigne de l'état d'urgence de facto qui prévaut après l'élection présidentielle de 2025.
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