La Falaise de Dschang livre une dernière dépouille, près d'un an après la tragédie
© Camer.be : Toto Jacques | 13 janv. 2026 10:47:45 | 2986Un chapitre douloureux se referme lentement à La Falaise de Dschang. Ce lundi 12 janvier, les travaux de reconstruction sur ce site tragique ont mené à une découverte poignante : les restes de Manekeu Djoufack Régine, 77 ans, portée disparue lors du glissement de terrain meurtrier du 5 novembre 2024. Identifiée sur place par sa famille grâce à ses effets personnels, elle est la quatorzième et dernière victime retrouvée, retrouvant dans la mort sa fille dont le corps avait été récupéré des mois plus tôt.
Cette découverte met un visage sur le lourd bilan d'une catastrophe qui avait profondément ébranlé la région. Le glissement de terrain de Dschang est survenu en deux temps. Une première coulée de boue avait bloqué l'axe vital Dschang-Santchou. Alors que les engins de chantier et les secours tentaient de dégager la route, une seconde déferlante, bien plus massive, les a engloutis, ainsi que plusieurs véhicules et bus de passage. Ce drame illustre la vulnérabilité climatique de cette zone montagneuse, où des pluies diluviennes associées à la fragilité des sols créent un terrain propice aux catastrophes.
Ce site, surnommé le « chemin de la mort » par les habitants, a une longue histoire d'instabilité. La route, cruciale pour relier le littoral commercial au reste de la région, est une artère économique constamment menacée. Après le désastre, une société chinoise, la China First Highway Engineering Co., a été mandatée pour des travaux d'urgence et la construction d'un itinéraire de déviation. Cependant, la reconstruction se heurte à une nature capricieuse. À l'automne 2025, de nouvelles fissures et effondrements sont apparus sur la route temporaire, obligeant à de nouveaux travaux correctifs et rappelant la fragilité persistante des lieux.
La découverte des restes de Régine clôt symboliquement les opérations de recherche, mais ouvre des questions sur la prévention des risques et l'avenir de cette route. Alors que les autorités appellent à la vigilance et que les études se poursuivent, une réflexion plus large s'impose. Comment concilier la nécessaire mobilité des personnes et des biens avec la sécurité face à une géographie de plus en plus imprévisible ?
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