Examens officiels : Hypothèque sur l’inscription des élèves déplacés
© Le Jour : Flore Edimo | 24 nov. 2018 06:28:00 | 3152De nombreuses pesanteurs sur le chemin des inscriptions aux examens officiels des candidats issus des régions anglophones.
Les inscriptions pour les examens certificatifs de la session 2019 sont en cours et devront prendre fin à la fin du mois de décembre, pour la phase normale. Pour faciliter la compréhension des opérations, le Ministère des Enseignements secondaires, à travers la Direction des examens, des concours et de la certification (Decc) a dépêché sur le terrain, du 6 au 9 novembre dernier, des missions d’explication.
Signe des temps, aucune délégation ne s’est rendue dans le Nord-Ouest. Plutôt, les responsables en charge des examens dans cette région ont été associés à la séance organisée au Lycée classique de Bafoussam, le 9 novembre à l’intention des points focaux du Ndé, de la Mifi, du Haut Nkam, des Hauts Plateaux et du Koung Khi. A en croire les témoignages de ces derniers, les candidats du Nord-Ouest éprouveront des difficultés presque insolubles pour s’arrimer aux inscriptions électroniques. Région autrefois suffisamment peuplée, le Nord-Ouest s’est progressivement vidé après deux années scolaires difficiles à qualifier.
Et la situation actuelle frise le chaos. « Dans cinq départements sur les sept que compte notre région, on n’a pas vu de trace de craie sur un tableau depuis la rentrée. Les délégués départementaux de l’éducation de ces localités vivent hors de leurs territoires de compétence », a expliqué le représentant du Délégué régional à ce conclave. Il a mentionné que la région compte moins de 10.000 élèves concernés par les opérations d’inscription cette année. L'info claire et nette. Mais que les procédures pour les inscriptions seront compliquées, avec les paiements en ligne. Pour cause, l’opérateur choisi pour le paiement, notamment Mtn pour cette région, n’est plus opérationnel partout, du fait du ralentissement de l’activité économique.
En plus, de très nombreux enfants sont sans actes de naissance, ni diplômes. Pour ceux qui en disposent encore, ils se trouvent dans des localités éloignées et surtout inaccessibles. « En dehors de la route Bafoussam-Bamenda, toutes les autres voies du Nord-Ouest sont régulièrement attaquées. Il est impossible d’aller à Bafut, à 15km de Bamenda et de revenir sans séquelle », a-t-il expliqué, plaidant pour que des conditions particulières soient trouvées pour ces « candidats spéciaux ». Hors du Nord-Ouest, la situation est plus complexe encore.
Le Jour a appris de plusieurs chefs d’établissements scolaires de la région de l’Ouest, aujourd’hui en sureffectif du fait de l’afflux massif des émigrés scolaires, que des mesures de tolérance ont été prescrites pour leur recrutement. « Ce sont des enfants traumatisés. Nous les avons recrutés en violation des textes en vigueur. Certains sont dans les salles de classe sur la seule base de leurs déclarations verbales sur leur niveau. Ils n’ont rien, ni acte de naissance, ni bulletin de notes, en tout cas aucune trace de leur ancienne scolarité. Les identités même sont complexes. Comment vont-ils faire avec les fiches d’examen ? On attend les consignes et la fermeture c’est bientôt », dévoile le proviseur d’un lycée bilingue.
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