Effondrement Zamboï : le gouverneur Mvongo réagit
© Camer.be : Onana Nestor | 19 août 2026 16:10:27 | 3352Effondrement meurtrier à Zamboï : au moins 107 morts dans une mine d’or artisanale. Le gouverneur Grégoire Mvongo confirme le drame et annonce des mesures d’urgence.
Au moins 107 corps ont été extraits des décombres de la mine d’or de Zamboï, à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine. Le gouverneur de la région de l’Est, Grégoire Mvongo, a confirmé le drame et annoncé la mobilisation des services de secours.
« Le yacimiento est une exploitation minière artisanale où les opérations ne se réalisent pas conformément à la norme. »
Souleymane Bi, vice-maire de Zamboye, résume en une phrase l’horreur. Le bilan provisoire est vertigineux : 107 corps ont déjà été extraits des décombres. Mais le chiffre final pourrait être bien plus lourd.
Le drame : un effondrement à 15 heures
Le mardi 18 août 2026, aux alentours de 15 heures, la terre a cédé. Sur le site d’exploitation aurifère de Zamboï, un éboulement d’une rare violence a enseveli des dizaines d’orpailleurs sous des tonnes de boue et de roches.
Le site, situé à quelques dizaines de kilomètres de Garoua-Boulaï, dans la région de l’Est du Cameroun, s’étend de part et d’autre de la frontière avec la République centrafricaine, matérialisée par le fleuve Kadéï. Selon des sources concordantes, le drame s’est produit du côté centrafricain du gisement.
Les opérations de secours ont été lancées immédiatement. Mais les conditions sont extrêmement difficiles. Les déblais sont effectués manuellement, car l’utilisation d’engins lourds risquerait de provoquer l’effondrement des galeries encore intactes.
Un bilan provisoire de 107 morts
Le bilan provisoire est lourd. Selon le maire de Garoua-Boulaï, Amadou Abdon, 107 corps ont déjà été extirpés des décombres. Ce chiffre, confirmé par plusieurs sources locales et internationales, pourrait encore s’alourdir.
Du côté centrafricain, Souleymane Bi, vice-maire de Zamboye, a confirmé à l’agence EFE un bilan d’« au moins 100 morts », en précisant : « ce n’est pas le chiffre final et nous fournirons une mise à jour à la fin de la journée ».
Le porte-parole du gouvernement centrafricain, Évariste Ngamana, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a assuré que les autorités « œuvrent sans relâche pour apporter secours et assistance » aux personnes touchées.
La réponse du gouverneur Grégoire Mvongo
Face à cette tragédie, le gouverneur de la région de l’Est, Grégoire Mvongo, a publié un communiqué officiel le 19 août 2026. Il confirme que l’accident a occasionné « plusieurs pertes en vies humaines ainsi que de nombreux blessés, parmi lesquels figureraient des ressortissants camerounais ».
Selon le communiqué, les dépouilles de quatre compatriotes ont déjà été transférées à Garoua-Boulaï. Le gouverneur annonce que les autorités administratives ont « immédiatement pris les dispositions nécessaires pour faciliter l’accueil et la prise en charge médicale des blessés » qui viendraient à franchir la frontière en direction du Cameroun.
Des mesures préventives ont également été arrêtées « afin de parer à toute éventuelle atteinte à l’ordre public, notamment à la faveur des mouvements de personnes que ce drame pourrait occasionner dans la zone frontalière ».
Les services compétents ont été mobilisés « en vue de recueillir et recouper les informations disponibles, d’identifier les victimes camerounaises et de suivre l’évolution de la situation de part et d’autre de la frontière ».
Zamboï, un drame annoncé
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Zamboï est l’un des nombreux sites d’orpaillage artisanaux qui pullulent le long de la frontière entre le Cameroun et la RCA. Des centaines, parfois des milliers de mineurs Camerounais, Centrafricains, Tchadiens, Burkinabè et Maliens y travaillent chaque jour dans des conditions précaires.
Les techniques d’extraction sont rudimentaires. Les orpailleurs creusent à la main, sans soutènement, sans normes de sécurité. L’utilisation de produits chimiques toxiques pour séparer l’or de la roche empoisonne les sols et les cours d’eau. Les effondrements sont fréquents, mais rarement aussi meurtriers.
Des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux montrent plusieurs personnes, dont des jeunes, sur le site au moment de l’effondrement. Des voix s’élèvent déjà pour dénoncer la gestion de ce secteur.
Une question de responsabilité
Ce drame pose une question brûlante : comment de tels « abattoirs à ciel ouvert » peuvent-ils fonctionner aux yeux de tous ?
L’absence de contrôle, la porosité de la frontière, la corruption locale, l’appât du gain tous ces facteurs contribuent à faire de ces sites des pièges mortels. Les autorités camerounaises et centrafricaines, souvent débordées, ferment les yeux sur ces exploitations illégales qui rapportent de l’argent à des réseaux informels.
Le gouverneur Grégoire Mvongo a promis de suivre l’évolution de la situation. Mais pour les familles des victimes, la promesse est bien mince. Elles réclament des comptes et des mesures concrètes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
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