Accusation sans preuve : l’avocate de la famille Zogo réplique
© Camer.be : Toto Jacques | 28 juil. 2026 09:26:33 | 2326L'avocate de la famille Martinez Zogo oppose le droit à l'émotion face aux accusations explosives du capitaine Effoudou contre Ferdinand Ngoh Ngoh, commanditaire présumé de l'assassinat du journaliste.
L'affaire Martinez Zogo connaît un nouveau rebondissement. Le 27 juillet 2026, le capitaine Daniel Effoudou, ancien chef du bureau de renseignement à l'état-major particulier du président Paul Biya, a désigné publiquement Ferdinand Ngoh Ngoh comme le commanditaire de l'assassinat du journaliste.
Invité dans l'émission « Masterclass » de Morgan Palmer, l'officier radié et exilé en Europe a lancé une accusation frontale : « Ferdinand Ngoh Ngoh est l'auteur, le commanditaire de l'assassinat de M. Martinez Zogo ». Et d'ajouter : « Ce que je suis en train de vous dire, le président Biya le sait ».
Mais Me Félicité Zeiffman, avocate de la famille du journaliste assassiné, ne l'entend pas de cette oreille. Dans une déclaration cinglante, elle oppose le droit pénal à ce qu'elle qualifie de « rumeurs recyclées » et de « versions qui se contredisent elles-mêmes ».
Une mise au point qui replace le débat là où il doit être : devant la justice, pas sur le théâtre des réseaux sociaux.
Les accusations explosives du capitaine Effoudou : un officier brise l'omerta
C'est une première au Cameroun. Un officier supérieur, ancien chef du bureau de renseignement à l'état-major particulier de la présidence, a désigné nommément le commanditaire présumé de l'assassinat de Martinez Zogo.
Le capitaine Daniel Effoudou a dirigé le bureau de renseignement au sein de l'état-major particulier du président Paul Biya. Radié de l'armée camerounaise le 13 mars 2024 pour « désertion en temps de paix », il est aujourd'hui en exil en Europe et recherché par les autorités.
Pendant trois ans, il est resté silencieux. Jusqu'à cette interview du 24 juillet 2026, diffusée en vidéo depuis son exil. Vingt-sept minutes d'accusations explosives qui secouent Yaoundé.
Trois mobiles avancés par l'ancien officier du renseignement
Pour expliquer un tel crime, le capitaine Effoudou avance trois pistes :
1. Une affaire personnelle Il évoque une relation extraconjugale que le journaliste aurait entretenue avec l'épouse de Ferdinand Ngoh Ngoh.
2. Le contrôle de la DGRE Le but était aussi de « prendre le contrôle total exclusif de la DGRE », la Direction générale de la recherche extérieure.
3. La destruction d'un plan hostile Il parle de l'élimination d'un plan présenté comme hostile au pouvoir, un plan qui aurait été financé par l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, déjà mis en cause dans ce dossier.
La riposte de Me Zeiffman : « Assez de manipulations »
Me Félicité Zeiffman, avocate de la famille Martinez Zogo, n'a pas tardé à réagir. Sa déclaration, publiée sur les réseaux sociaux, est sans appel : « ASSEZ DE MANIPULATIONS ».
« On ne condamne pas un homme sur des rumeurs recyclées, des hypothèses bancales et des versions qui se contredisent elles-mêmes », écrit-elle.
L'avocate, qui précise ne pas connaître personnellement Ferdinand Ngoh Ngoh, estime que « accuser Monsieur NGOH NGOH d'être le commanditaire de l'assassinat de Martinez Zogo sans preuve solide, c'est insulter le droit, la vérité et l'intelligence du public ».
La thèse du « second commando » : une construction fragile
Me Zeiffman s'attaque également à ce qu'elle appelle la « prétendue thèse du second commando », qu'elle juge incohérente.
« Elle a été avancée, reprise, puis finalement vidée de sa substance par son propre auteur. Quand une accusation change de visage à ce point, elle cesse d'être une vérité pour devenir une construction fragile, voire une manipulation ».
Le droit pénal contre l'émotion : le rappel des fondamentaux
L'avocate rappelle un principe fondamental du droit pénal : « L'émotion ne remplace pas la preuve. Le droit pénal exige des faits précis, concordants et vérifiables, pas des récits opportunistes servis pour accabler un nom ».
« Tant qu'aucune décision judiciaire définitive n'établit la responsabilité de Monsieur Ngoh Ngoh, cette thèse reste ce qu'elle est : une accusation gratuite ».
Et de conclure : « Il faut donc refuser la facilité, résister à la propagande et rappeler une règle simple : la justice n'est pas un théâtre, et la réputation d'un homme n'est pas un gibier politique ».
Contexte judiciaire : un procès déjà sous tension
Les déclarations de Me Zeiffman interviennent alors que le procès de l'assassinat de Martinez Zogo se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le 13 juillet 2026, l'audience a repris avec le contre-interrogatoire de l'expert en cybercriminalité Jean-Pierre Ouloumou.
Au total, 17 personnes sont poursuivies dans cette affaire. L'ancien chef des opérations de la DGRE, Justin Danwe, et l'ancien patron de l'institution, Maxime Eko Eko, font partie des principaux accusés.
L'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe L'Anecdote, est également sur le banc des accusés.
Un témoignage qui soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses
Les accusations du capitaine Effoudou, aussi spectaculaires soient-elles, interviennent dans un contexte de guerre des clans feutrée pour la succession du chef de l'État.
Comme le souligne AllAfrica, « ce témoignage choc, aussi spectaculaire soit-il, intervient dans un contexte de guerre des clans feutrée pour la succession du chef de l'État ». Et d'ajouter : « Elle soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses ».
Le capitaine Effoudou, pour l'instant, ne produit aucune pièce, aucun document, aucun enregistrement à l'appui de ses accusations.
Commentaires
Lire aussi
Victory University : Pierre Nkou Abina voit sa thèse annulée
Yaoundé : deux morts dans un accident de convoi ministériel
Manjo : trois enfants morts dans un incendie
Affaire Vision 4 : : Le CNC défie le Mincom et sommes Canal+ de copier le signal
Pmuc : le Banko fait son grand retour !
Akwa : un retraité accusé d’avoir engrossé la fille de sa belle-fille
Me Zeifman à René Sadi : « Vous n'êtes pas un homme d'État »
Nécrologie/ Football : Le dernier coup de tête de Jean Manga Onguéné
Cerlin Belinga : le magistrat qui monnayait la liberté à Yaoundé
Féminicides / Novembre 2026 : Ces engagements aux lois qui placent le parlement face à l'histoire
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Église MFD : Deborah Valetudie déchue de toutes ses fonctions
Sacre Akwa : Mbanya s'embrase à 10 jours du couronnement
Dette, détournement, impunité : le triangle camerounais
Coopération Cameroun-Chine : la Ccba ouvre un nouveau cadre d’échanges à Douala
Douala, Yaoundé, Figuil : Le programme « Excellence Scolaire » de CIMENCAM récompense les meilleurs
il y a un mois
il y a un an