La ruée vers le chinois au Cameroun
© Radio Canada : Bouchra Ouatik | 23 mai 2015 17:34:23 | 7550Depuis 2007, l'Institut Confucius enseigne le mandarin à des Camerounais à travers ses trois écoles, situées dans les villes de Yaoundé, Douala et Maroua. Le réseau des Instituts Confucius rassemble plus de 480 écoles de langue chinoise à travers le monde, dont une quarantaine sur le continent africain.
Au Cameroun, plus de 30 000 étudiants y ont été formés, selon le directeur de l'Institut Confucius de Yaoundé, Yu Guoyang. « Chaque année, le nombre d'inscriptions augmente de plus de 1000 élèves », dit-il. Cette année, plus de 8000 personnes sont inscrites dans les 3 établissements de l'Institut Confucius au Cameroun.
Un tremplin vers l'emploi
Ce qui incite autant de Camerounais à vouloir apprendre le chinois, c'est la présence croissante d'entreprises chinoises qui mènent des projets dans le pays, notamment dans les secteurs de la construction, de l'ingénierie, des télécommunications et de l'agriculture. Sept de ces entreprises commanditent d'ailleurs l'Institut Confucius de Yaoundé.
Dans la capitale, Yaoundé, le palais des congrès et le stade multisports ont été construits par des entreprises chinoises, tandis qu'à Kribi, près de la métropole économique de Douala, un important projet de port maritime est en construction par une entreprise de Pékin.
Plusieurs de ces entreprises embauchent des Chinois, mais elles ont aussi besoin de Camerounais, notamment pour des emplois de traducteurs. « Je vois l'importance pour les Camerounais d'apprendre le chinois par rapport aux partenariats qu'on a ces derniers temps », explique Linda Stella Fouanda, étudiante à l'Institut Confucius de Yaoundé, qui souhaite mener une telle carrière.
Des enseignants venus d'universités chinoises
L'Institut Confucius de Yaoundé compte une quarantaine d'enseignants, logés sur le campus, qui sont, pour la plupart, des étudiants en enseignement en Chine.
« Cela fait partie de nos études en Chine », explique Li Jia, qui enseigne à Yaoundé depuis un an. « Dans notre deuxième année d'études, nous devons aller enseigner le chinois à l'étranger. »
« Nous voulons aussi faire connaître la langue et la culture chinoises. »— Li Jia, enseignante à l'Institut Confucius de Yaoundé.
À long terme, l'Institut Confucius souhaite que les Camerounais puissent eux-mêmes enseigner la langue à leurs compatriotes. L'Université de Maroua, dans la province de l'Extrême-Nord du Cameroun, forme désormais des enseignants de chinois camerounais, en partenariat avec l'Institut.
« Nous sommes au début de l'enseignement du chinois au Cameroun, explique Li Jia. Mais bientôt, l'enseignement du chinois sera la responsabilité des Camerounais. »
Un avenir radieux, selon le directeur
Selon le directeur de l'Institut, Yu Guoyang, l'engouement pour l'apprentissage du chinois n'est pas près de s'essouffler.
« Je crois que l'avenir des relations entre l'Afrique et la Chine sera radieux. Depuis que je suis ici, j'ai été témoin du développement rapide non seulement du Cameroun, mais aussi de plusieurs pays d'Afrique. »— Yu Guoyang, directeur de l'Institut Confucius de Yaoundé
« Les pays africains doivent encore améliorer leurs infrastructures, dit Yu Guoyang, et les entreprises chinoises se concentrent là-dessus. Il y a encore des défis au niveau de l'électricité, de l'accès à Internet et des communications téléphoniques. Tout ceci à un lien avec les infrastructures. »
Selon Yu Guoyang, dans les prochaines années, les emplois ne manqueront pas pour les Camerounais doués en chinois.
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