Cameroun,Douala: La dépravation s’invite à la fête
© Quotidien Mutations : Tatiana Ngnombouowo | 19 déc. 2018 12:01:00 | 4049Boîtes de nuit, cabarets, bars sont entre autres lieux où plusieurs jeunes envisagent de passer cette période festive. Olive S. âgée de 16 ans a cassé le 15 décembre dernier, sa «caisse» (petite boîte contenant des épargnes conservées à domicile) qu’elle garde depuis le début de la rentrée scolaire.
Après les comptes, l’adolescente n’est pas satisfaite. Elle dit avoir cotisé moins de ce qu’elle espérait pour passer de belles fêtes de fin d’année. «J’ai 15 000 Fcfa seulement, pourtant je croyais en avoir 20 000 Fcfa», fait savoir la jeune, la mine triste. Et de poursuivre «c’est insuffisant. Je comptais acheter des vêtements avec 12 000 Fcfa. Le reste devait me servir à payer mon entrée en boîte de nuit et me permettre d’acheter une boisson», détaille cette élève qui, avec ses parents, habite au quartier «Grand-hangar», à Douala IV.
Mais si pour cette dernière, les choses semblent mal commencer, ce n’est pas le cas pour son voisin Yannick, qui entend avec ses camarades s’amuser du 23 au 26 décembre prochain.
L’argent à dépenser ne sera pas un problème pour la troupe de six personnes qui veillera dans un snack-bar nouvellement inauguré dans leur quartier. «Les premiers jours, on offrira à boire à tour de rôle. Mais pour le 25 décembre, on cotisera chacun 10 000 Fcfa puisque chacun viendra avec sa copine», raconte, joyeux, le jeune homme.
Conscients du fait que les enfants profitent très souvent des fêtes de fin d’année pour se livrer à toutes sortes de pratiques peu recommandables, certains parents ont mis en place de véritables stratégies de contrôle. «On a l’habitude de s’assoir autour d’un repas avec les enfants du quartier du 25 soir au 26 matin», confie un parent avant d’ajouter, «même si, devant nous, ils prennent des boissons alcoolisées, ils le font avec de la retenue».
Reste que certains adultes, moins tolérants, condamnent avec force cette dépravation des mœurs en milieu jeune pendant les fêtes. «Mes enfants savent déjà qu’à 22h celui qui est encore à l’extérieur n’entrera plus à la maison, et cela est valable même pendant les fêtes», explique Pierre Tagne, chef de famille. «Je ne sais pas pourquoi pendant les fêtes de fin d’années les enfants font tout ce qu’il y a de mauvais?» s’interroge un autre parent qui pense que la meilleure fête se déroule en famille. Selon lui, l’enfant peut aller chez une tante, ou un oncle et le soir, il rentre à la maison
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