Cameroun:des familles dorment à la belle étoile à Douala
© Quotidien Mutations : Tatiana Ngnombouowo | 21 juin 2018 14:14:46 | 8905Cette affaire pour laquelle elles ont porté plainte s’est ouverte au tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.
La première audience dans l’affaire qui oppose le collectif des déguerpis du bloc 3 Banen au lieu it « carrefour Mutzig » à Bonabéri à un homme d’affaires s’est ouverte au tribunal de première instance (Tpi) de Douala-Bonanjo, le 12 juin dernier. Mais l’affaire qui n’est pas encore entrée dans la phase des débats n’a duré que le temps du prononcé du renvoi en l’absence de l’accusé, sieur Peughouia. La dizaine de familles qui a porté l’affaire devant cette juridiction accuse cet opérateur économique d’avoir fait détruire leurs domiciles. Conséquence, ils dorment à la belle étoile depuis plus de trois semaines. Les événements se produisent le vendredi 31 mai dernier.
Il est 7h45. « Un arsenal anti-émeutes de la légion de gendarmerie du littoral a débarqué, nous sommant de libérer les lieux sans aucune notification, ni justification. Ensuite, à l’aide de gros engins, tout est allé au sol. C’est à peine si on a pu récupérer nos meubles », relate une victime. Néanmoins, les riverains disent avoir opposé une vive résistance qui a contraint les engins à mettre fin aux casses. Plusieurs habitants du quartier seront par la suite interpellés. Au total, cinq maisons et une cité comportant cinq studios ont été rasées. Les casseurs, qui envisageaient détruire toutes les maisons, ont promis de revenir.
Ce qui a contraint les populations à porter l’affaire devant le sous-préfet de Douala 4e, qui les a orientées vers le procureur général pour une action en justice. Une fois de plus. Les riverains disent avoir pourtant gagné un premier procès sur ce même espace en 2014. Bien que sans domicile, certains riverains campent sur les décombres de leurs maisons où ils passent la nuit. « J’ai décidé de rester ici sur les décombres de ma maison jusqu’à ce que justice soit faite », note un père d’une famille de quatre enfants. Comme lui, d’autres demandent des chambres ou des couloirs à des voisins sauvés de la casse de justesse, afin de pouvoir y passer la nuit. « Mes cinq enfants et moi logeons actuellement chez ma sœur dans une chambre. Nous demandons tout, ce qui n’était pas le cas avant », confie Marie Noëlle Mbamagsa, qui crie son besoin de justice.
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