Cameroun: Communication chancelante d’un régulateur bancaire appelé COBAC
© Le Quotidien De L'économie : Bernard Batana | 01 sept. 2016 11:02:15 | 4828En novembre 2008, le journal privé « Aurore Plus » écrit à la Une d’une édition que la Commercial Bank of Cameroon (CBC) est mise sous administration provisoire. Or il n’en est rien. A preuve, le ministre des Finances d’alors, EssimiMenye, répondant à une question du journaliste du quotidien privé « Mutations », affirme ne pas être au courant d’une quelconque procédure de mise sous administration provisoire de la CBC. Le régulateur ne publiera pas de démenti. Les clients se ruent vers les guichets et menacent de vider leurs comptes.
La situation de la banque empire et aboutit à la cessation de paiement. Ce qui justifiera la mise sous administration provisoire par la Cobac en novembre 2009, un an après l’annonce en grande pompe d’ « Aurore Plus ». En un an, la situation de la banque s’est considérablement dégradée à cause de cette précipitation médiatique. En septembre 2012, dans deux éditions successives, le journal « Aurore Plus » publie un encart danslequel il annonce les conclusions d’un rapport de la Cobac après les différents contrôles effectués au sein d’Afriland First Bank Cameroun. Finalement, c’est le journal « Le Front Hebdo » qui va publier in extenso le long rapport de 7 pages, dansson édition numéro 029 du 19 septembre 2012.
Une fois encore, le régulateurse garde bien de dénoncer la violation du secret bancaire. Sur le site Internet du secrétariat général de la Cobac, on peut également trouver depuis le 02 août le compte-rendu de la réunion de l’Atelier de travail entre le Secrétariat général de la Cobac et Express Union Group. Mais pas celui de l’atelier de travail entre le Secrétariat général de la Cobac et BGFI Group. Deux poids deux mesures ? La Cobac a adopté le Règlement n° 01/15/CEMAC/UMAC/COBAC, relatif à la supervision des Holdings financières et à la surveillance transfrontière. « En vertu de ce règlement, il s’est arrogé la prérogative de contrôle des groupes bancaires opérant sur son territoire de compétence. Cela est compréhensible, mais de là à rendre public le rapport de ces concertations, il y a un pas que le régulateur ne devrait pas franchir, pour des raisons évidentes : le public n’est pas avisé et pourrait
être alarmé par desinformations aussisensibles », analyse un fin connaisseur du secteur bancaire. Qui poursuit : « dans le but de protéger la confiance du public, capital numéro un de toute institution bancaire, il importe de ne pas lui livrer des informations susceptibles d’ébranler sa confiance ». S.A
Rôle de la Cobac
En vertu de la Convention du 16 octobre 1990, modifiant la Convention de coopération monétaire du 22 novembre 1972, la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) est l’un des organes chargés de la mise en œuvre de la coopération monétaire entre les six Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), à savoir : la République du Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Gabonaise, la République de Guinée équatoriale et la République du Tchad. La Cobac est chargée, dans les conditions fixées par l'annexe à la Convention du 16 octobre 1990, de veiller au respect par les établissements de crédit des dispositions législatives et réglementaires édictées par les autorités nationales, par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l'Afrique centrale (Umac), par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) ou par elle-même, et qui leur sont applicables, et de sanctionner les manquements constatés. En particulier, la Cobac contrôle les conditions d’exploitation des établissements de cré- dit, veille à la qualité de leur situation financière et assure le respect des rè- gles déontologiques de la profession
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