Côte d'Ivoire: l'opposition exige des "actes d'apaisement" du pouvoir avant tout dialogue
© Source : AFP | 14 nov. 2020 12:34:00 | 5208Les deux principaux partis de l'opposition ont exigé vendredi dans une déclaration commune des "actes d'apaisement" du pouvoir avant tout dialogue politique, au surlendemain de la rencontre entre le président Alassane Ouattara et l'ex-président Henri Konan Bédié qui a fait retomber la tension en Côte d'Ivoire.
"Avant l'entame des discussions", "il est indispensable de ramener la sérénité et la confiance entre tous les acteurs" par des "actes d'apaisement" incluant la fin des poursuites judiciaires contre tous les leaders de l'opposition, déclarent le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et le Front Populaire ivoirien (FPI).
Le PDCI, dirigé par M. Bédié, et le FPI, fondé par l'ex-président Laurent Gbagbo, demandent "la fin de toutes les poursuites judiciaires contre les responsables et militants de l'opposition et de la société civile", "la levée du blocus autour des résidences de tous les leaders des partis politiques de l'opposition", "la libération de tous les prisonniers politiques" ainsi que "le retour des exilés", selon cette déclaration.
Parmi les exilés sont cités Laurent Gbagbo, l'ex-chef de la rébellion et ex-premier ministre Guillaume Soro, et l'ex-chef des Jeunes patriotes (mouvement pro-Gbagbo) Charles Blé Goudé.
Les deux partis demandent aussi que les pourparlers avec le pouvoir du président Alassane Ouattara "soient menés sous l'égide d'un facilitateur".
La justice ivoirienne a lancé des poursuites pour "complot contre la sécurité de l'Etat" contre plusieurs leaders de l'opposition, les accusant d'être responsables de violences meurtrières dans le cadre de leur campagne de "désobéissance civile" contre l'élection présidentielle qu'ils ont boycottée, et d'avoir voulu installer un régime de "transition" présidé par M. Bédié.
La rencontre mercredi entre MM. Ouattara et Bédié, qui ont dit avoir "brisé la glace", a fait retomber la tension née de l'élection présidentielle, qui a entraîné des violences ayant fait 85 morts et près de 500 blessés depuis le mois d'août.
L'opposition conteste la réélection de M. Ouattara pour un troisième mandat, qu'elle juge inconstitutionnel.
Charles Blé Goudé a par ailleurs fait savoir dans un communiqué qu'il avait adressé par téléphone à M. Bédié ses "félicitations pour son engagement à ramener la paix" en Côte d'Ivoire.
MM. Gbagbo et Blé Goudé ont été acquittés en première instance de crimes contre l'humanité, lors de la crise post-électorale de 2010-11, par la Cour pénale internationale, et attendent un éventuel appel, le premier à Bruxelles, le second à La Haye. Le retour de M. Gbagbo est attendu avec ferveur par ses partisans.
Guillaume Soro, qui a lancé depuis l'étranger un appel à l'insurrection générale en Côte d'Ivoire après la réélection d'Alassane Ouattara, s'est vu promettre par ce dernier "la prison à vie".
La crainte d'une escalade des violences reste présente en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise post-électorale de 2010-11 qui avait fait 3.000 morts, ainsi que 300.000 réfugiés et un million de déplacés internes en Côte d'Ivoire, selon l'ONU.
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