Détentions politiques : Libérations en trompe-l'oeil
© Le Jour : Flore Edimo | 15 juil. 2019 09:41:00 | 3154Quelques dizaines de personnes ont été libérées. Que cache ce geste?
Premier indice: le pouvoir en place n'a pas mobilisé ses hauts parleurs officiels, ni officieux, pour marquer le coup. Les informations ont été rendues publiques par les militants de sur les réseaux sociaux, rendant compte de l'activité peu ordinaire d'agents du Tribunal militaire à la prison de Kondengui. Le premier constat de ces libérations, c'est leur illisibilité. On aurait pu penser que le tribunal s'était empressé de libérer ceux qui se trouvaient sur les lieux de l'arrestation pour des motifs qui n'ont rien à voir avec la politique.
Lorsqu'on voit en effet le message porté du Tribunal militaire, c'est ce que l'on est tenté de croire... Sauf que, le chauffeur de Maurice Kamto a été libéré, mais la femme de ménage de Albert Dzongang est restée écrouée. Sauf à penser que cette brave sexagénaire tient un poste important au MRC en lavant les chemises de son bouillant patron... L'info claire et nette. En fait, dans toute l'agitation qui est observable, force est de constater que, le tribunal militaire, en posant cet acte, réaffirme tout simplement qu'il a la main sur ce dossier, tout en refilant la patate chaude à la Cour d'appel, telle que l'analyse un pénaliste. Ce « pas » a également permis de voir ce que l'on reproche réellement à Maurice Kamto et autres. En dehors des motifs d'insurrection et autres, il y a une nouvelle accusation, celle de" complicité de destruction de biens publics", une allusion claire aux événements des ambassades de Berlin et Paris.
Remarque, on n'attribue point aux intéressés, les événements récents de Genève. Les avocats du MRC, dans un communiqué ont depuis le week-end, attaqué la démarche du tribunal militaire, en évoquant sa non-conformité avec les traités internationaux signés par le Cameroun. Le portail des camerounais de Belgique. Au moment où Maurice Kamto et autres vont sur leur septième mois de détention et après les multiples pressions internationales, les observateurs s'interrogent sur celle-ci, qui en se poursuivant, détériore gravement l'image déjà déplorable du régime. Dans même temps, on observe avec une certaine froideur qu'une libération de ce dernier, renforcerait indubitablement ses positions et son leadership. Indubitablement, le temps qui a toujours joué pour Paul Biya, est sur ce dossier, son pire ennemi.
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