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Cameroun - Inaya, 2 ans et demi, morte à l'école maternelle de Bafoussam

Inaya Mbouo, 2 ans et demi, est morte après une chute à l'école maternelle de Koptchou, à Bafoussam. Une enquête est ouverte. La sécurité des tout-petits en question.

Retrouvée inanimée au pied d'un toboggan, la petite Inaya n'a pas survécu à ses blessures. Sa famille réclame la vérité, et le pays découvre l'ampleur des failles dans la sécurité des écoles maternelles.

Elle s'appelait Inaya. Elle avait 2 ans et demi. Ce matin-là, comme des milliers d'enfants au Cameroun, elle a été déposée à l'école par ses parents. Le soir, elle ne rentrerait pas. Retrouvée inanimée au pied d'un toboggan, la petite Inaya est morte à l'hôpital. Sa famille n'a jamais reçu d'explications claires. Et une question hante tout un pays : qui veille sur nos enfants à l'école maternelle ?

Une rentrée scolaire endeuillée

Le drame s'inscrit dans une rentrée scolaire 2026-2027 particulièrement sombre au Cameroun. Le 7 septembre, une enseignante a été tuée à Bamenda, dans la région du Nord-Ouest. Le même jour, à Wum, un policier a été tué et six enseignants enlevés lors d'une attaque d'un centre de formation des enseignants.

Dans ce climat de violences dans les régions anglophones, le décès d'Inaya à Bafoussam, dans la région francophone de l'Ouest, vient rappeler que les dangers pour les enfants ne sont pas seulement le fait d'attaques armées. Ils sont aussi, et peut-être surtout, le fait de négligences ordinaires dans des lieux censés être des sanctuaires.

Les faits : une journée ordinaire qui vire au cauchemar

Le mardi 8 septembre, Inaya se rend à l'école comme d'habitude. Selon les informations recueillies par Cameroun Actuel, la matinée se déroule normalement. En fin de journée, les parents sont informés que l'enfant aurait fait une chute et se serait blessée à la tête.

Elle est conduite à l'hôpital de Famla. Le personnel médical ne peut que constater la gravité de la situation. Inaya est transférée à l'hôpital de district de la Mifi. Le mercredi 9 septembre, elle y décède.

Selon les premiers éléments, l'enfant aurait été retrouvée inanimée au pied d'un toboggan par un gardien de l'établissement, avant d'être évacuée vers l'hôpital. La famille affirme ne pas avoir reçu d'explications détaillées de la part de l'école sur les circonstances exactes du drame.

Un silence qui en dit long

Ce qui frappe dans ce drame, c'est d'abord le silence. L'établissement n'a pas communiqué publiquement sur les circonstances de l'accident. La famille dit ne pas avoir été informée précisément de ce qui s'est passé. Le gardien a retrouvé l'enfant, mais qui la surveillait ? Y avait-il un adulte à proximité du toboggan ? L'enfant était-elle seule ? Ces questions restent, pour l'heure, sans réponses.

Le toboggan, équipement de jeu emblématique des cours de récréation, est aussi une source de risques. Les normes de sécurité pour les équipements de jeux destinés aux enfants de 2 à 6 ans prévoient une zone de sécurité de 20 m² et une hauteur libre de chute de 1,20 m. Ces normes sont-elles respectées dans les écoles maternelles camerounaises ? Aucune donnée publique ne permet de le dire.

La sécurité des tout-petits, une priorité affichée mais pas garantie

Le Cameroun dispose de textes réglementaires sur la sécurité dans les écoles. Le MINEDUB a lancé en mars 2026 le déploiement national du règlement scolaire actualisé, qui définit les responsabilités des élèves, des enseignants et des parents. Mais entre les textes et la réalité du terrain, l'écart peut être considérable.

En mai 2026, l'affaire Joyce Nawal, une fillette de 3 ans victime de violences sexuelles présumées dans une école privée de Yaoundé, avait déjà provoqué une vague d'indignation nationale et poussé le MINEDUB à ouvrir une enquête. À l'époque, le ministère avait promis la mise en place d'une « cellule d'écoute et de soutien psychosocial » au sein de l'établissement.

Mais ces réponses ponctuelles ne règlent pas le problème de fond : l'absence de mécanismes systématiques de contrôle et de prévention dans les écoles maternelles. Combien d'établissements disposent d'un personnel formé aux premiers secours ? Combien ont des équipements de jeux régulièrement inspectés ? Combien ont un protocole clair en cas d'accident ?

Que justice soit faite, et que cela n'arrive plus

Le sous-préfet de Bafoussam II, Grégoire Essono Bodo, s'est rendu sur les lieux du drame pour s'enquérir de la situation. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort d'Inaya. Le corps de la fillette a été remis à sa famille et inhumé le jeudi 10 septembre, en présence des autorités et des responsables de l'établissement.

La famille demande que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies. C'est la moindre des choses. Mais au-delà du cas d'Inaya, c'est une question de société qui est posée : acceptons-nous que nos enfants meurent dans des lieux censés les protéger ? La réponse ne peut pas être un silence.


Que s'est-il passé à l'école maternelle de Koptchou à Bafoussam ?
Inaya Mbouo, une fillette de 2 ans et demi, est décédée le 9 septembre 2026 après avoir été retrouvée inanimée au pied d'un toboggan dans son école, l'École Maternelle Catholique de Koptchou, à Bafoussam. Elle a été conduite à l'hôpital de Famla puis au district de la Mifi, où son décès a été constaté.

Une enquête a-t-elle été ouverte après la mort d'Inaya Mbouo ?
Oui. Selon Cameroun Actuel, une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame. Le sous-préfet de Bafoussam II, Grégoire Essono Bodo, s'est rendu sur les lieux.

Les écoles maternelles au Cameroun sont-elles sûres ?
Le Cameroun dispose de textes réglementaires sur la sécurité scolaire, mais leur application reste inégale. Des affaires récentes, comme celle de Joyce Nawal en mai 2026, ont révélé des failles dans la protection des enfants à l'école. Le drame d'Inaya Mbouo relance le débat sur l'effectivité des normes de sécurité dans les écoles maternelles.

Qui est responsable de la sécurité des enfants à l'école maternelle ?
La responsabilité est partagée entre l'établissement (qui doit assurer la surveillance et l'entretien des équipements), le personnel enseignant (formé aux premiers secours), les parents (qui confient leurs enfants) et l'État (qui fixe les normes et contrôle leur application).

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