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Cameroun - Tomaino Ndam Njoya : « Un adversaire n’est pas un ennemi »

Après la démission surprise de Maurice Kamto de la présidence du MRC, l’UDC réagit. Tomaino Ndam Njoya livre une déclaration politique forte sur l’avenir de la démocratie camerounaise.

Au lendemain de l’annonce choc du départ de Maurice Kamto de la tête du MRC, la présidente de l’UDC, Honoré Tomaino Ndam Njoya, adresse un message solennel à la classe politique camerounaise : « Un adversaire politique n’est pas un ennemi de la République. »

C’est une secousse qui ébranle tout l’échiquier politique camerounais. Le 8 septembre 2026, le Professeur Maurice Kamto, figure de proue de l’opposition et ancien candidat à la présidentielle, annonçait sa démission de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). À ses côtés, son Premier vice-président Mamadou Mota quittait également ses fonctions. Un séisme. Mais ce qui rend cette secousse encore plus profonde, c’est la réaction qu’elle a provoquée chez une autre poids lourd de l’opposition : l’Union Démocratique du Cameroun (UDC). Dans une déclaration datée du 9 septembre 2026, la présidente nationale de l’UDC, Honoré Tomaino Ndam Njoya, ne s’est pas contentée d’un commentaire poli. Elle a livré un véritable manifeste politique. Un texte qui dit l’urgence, la dignité, et une certaine idée de la politique celle qui refuse de voir les adversaires transformés en ennemis.

Le contexte d’une démission qui secoue l’opposition camerounaise

Tout commence le 8 septembre 2026. Maurice Kamto, 71 ans, annonce dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux sa décision de « démissionner des fonctions de président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ». Il évoque « l’intérêt supérieur » de son parti, de ses militants et du « Peuple du Changement ». Dans la foulée, Mamadou Mota, son Premier vice-président, emboîte le pas.

Pour beaucoup, cette annonce est un coup de tonnerre. Kamto, déclaré deuxième de la présidentielle de 2018, avait été écarté de celle de 2025. Son parti, le MRC, est l’une des principales forces d’opposition au Cameroun, aux côtés notamment de l’UDC, du SDF et du PCRN. Sa démission plonge le MRC dans une « crise de légitimité », selon certains observateurs, et ouvre la voie à une convention extraordinaire pour élire un successeur.

La réaction de l’UDC : un texte qui va bien au-delà du commentaire

C’est dans ce contexte que l’Honorable Tomaino Ndam Njoya, présidente nationale de l’UDC et maire de Foumban, prend la parole le 9 septembre 2026. Dans une déclaration solennelle, elle refuse d’abord la facilité du « commentaire facile ». « La décision du Professeur Maurice Kamto de quitter la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun est de ceux-là », écrit-elle, avant de préciser qu’elle n’entend ni interpréter ses motivations ni intervenir dans la vie d’un autre parti.

Mais elle ajoute immédiatement une mise en garde : « Nous aurions tort de considérer qu’il ne s’agit que d’une “affaire” du MRC. Ce qui arrive à un Parti politique quand on veut croire qu’on est en Démocratie concerne, tôt ou tard, tous les Démocrates. »

« Un adversaire politique n’est pas un ennemi de la République »

La déclaration de Tomaino Ndam Njoya est un plaidoyer pour une politique apaisée, exigeante et authentique. Elle y dénonce avec une clarté rare la dégradation de la place accordée au politique au Cameroun. « Depuis trop longtemps au Cameroun, nous assistons à une dégradation préoccupante de la place accordée au politique », écrit-elle, évoquant des partis « fragilisés », une « clochardisation », et des militants soumis à des « pressions, intimidations et découragement ».

Mais le passage le plus frappant est sans doute celui-ci : « Un Parti politique n’est pas un ennemi de l’État. Un Opposant n’est pas un ennemi de la République : Bien au contraire, contester un Régime en place depuis des décennies qui manifeste à n’en plus finir, des signes alarmants de mal gouvernance institutionnelle est un acte de bravoure qui signifie Aimer le Cameroun. »

La politique comme art, science et dignité

Tomaino Ndam Njoya ne se contente pas de critiquer. Elle propose une vision. Celle d’une politique qui mérite son nom : « la Vraie, l’Authentique ». Celle où « une vision affronte une autre, qu’un bilan soit confronté à un Projet et qu’au terme du processus, le peuple camerounais exerce pleinement son droit de décider ».

Elle adresse un message direct à ceux qui exercent aujourd’hui les responsabilités de l’État : « La grandeur du pouvoir ne se mesure pas au silence de ses adversaires, mais à sa capacité à accepter leur existence. La force d’un État démocratique n’est pas d’avoir une opposition affaiblie ; c’est de pouvoir affronter une opposition forte sans avoir peur de la démocratie. »

Un hommage républicain et un appel à l’unité

Dans un geste de respect institutionnel, la présidente de l’UDC témoigne « son respect républicain » tant au Professeur Maurice Kamto qu’à Monsieur Mamadou Mota, « pour les décisions qu’ils ont estimé devoir prendre ». Elle ajoute : « L’histoire appréciera les choix des uns et des autres. »

Mais elle va plus loin. Elle s’adresse aux militants du MRC comme à ceux de toutes les formations politiques : « Ne laissez pas les difficultés de la politique camerounaise transformer votre engagement en résignation. Notre pays aura besoin de toutes ses forces politiques et de toutes ses générations pour construire la prochaine étape de son histoire. »

Une vision pour la République

Tomaino Ndam Njoya conclut sa déclaration par une phrase qui résume son engagement : « Pour l’UDC, nous voulons une République dans laquelle personne n’a besoin de disparaître pour que l’autre puisse exister, où personne n’a besoin de se taire pour préserver les siens et où le pouvoir se conquiert par la confiance du peuple et se perd lorsque cette confiance n’est plus là. »

Un message qui résonne bien au-delà du simple commentaire sur la démission de Maurice Kamto. Une déclaration qui interpelle, qui bouscule, et qui, peut-être, dessine les contours d’une opposition camerounaise qui refuse de renoncer à ses idéaux.

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