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Cameroun - 20 personnes dans un sous-sol à Ngousso, nouveau drame

Trois jours après l’affaire d’Essos, 20 personnes dont deux enfants ont été retrouvées dans un sous-sol à Ngousso. Le lieu de culte clandestin « Mercy of God Ministries » au cœur des interrogations. 

Le 6 septembre 2026, les forces de l’ordre ont découvert 20 personnes dix femmes, huit hommes et deux enfants de six et sept ans entassées dans un sous-sol en terre battue à la Montée Mosquée Ngousso, dans le 5ᵉ arrondissement de Yaoundé, trois jours seulement après l’intervention d’Essos qui avait permis de libérer 15 mineures.

Trois jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour qu’un nouveau drame secoue Yaoundé. Le 6 septembre 2026, à l’aube, les gendarmes investissent une concession isolée de la Montée Mosquée à Ngousso. À l’intérieur, un sous-sol en terre battue. Et dans ce réduit insalubre, vingt personnes dix femmes, huit hommes et deux enfants de six et sept ans découvertes entassées.

Le lieu servait de cadre aux activités de « Mercy of God Ministries », une organisation religieuse déjà visée par une fermeture administrative en 2020 à Nkoabang. Cette découverte intervient à peine quatre jours après le séisme sécuritaire du 2 septembre au quartier Essos, où 15 mineures avaient été extraites d’une concession barricadée.

20 PERSONNES RETROUVÉES DANS UN SOUS-SOL EN TERRE BATTUE

Le 6 septembre 2026, des éléments de la gendarmerie sont intervenus dans une propriété située à la Montée Mosquée, au quartier Ngousso, dans le 5ᵉ arrondissement de Yaoundé. L’opération a été déclenchée après des alertes de riverains, qui avaient constaté des activités suspectes dans une concession fermée. Les forces de l’ordre sont intervenues avant le lever du jour, pour des raisons de sécurité opérationnelle.

À l’intérieur de la concession, les enquêteurs ont découvert un sous-sol en terre battue qui servait de lieu de culte à une organisation religieuse dénommée « Mercy of God Ministries ». C’est dans ce réduit souterrain que les vingt personnes ont été retrouvées : dix femmes, huit hommes et deux enfants âgés respectivement de six et sept ans.

Les conditions de confinement ont immédiatement soulevé des questions quant à la légalité et à la nature réelle des activités menées dans cet espace. Le sous-préfet de Yaoundé V, François Mabaya Essomba, s’est rendu sur les lieux pour coordonner les opérations et établir l’ordre public. Sa présence était indispensable : les riverains, choqués par cette nouvelle découverte, exprimaient une vive colère face à ce qui semble être une répétition des situations clandestines qui persistent dans les quartiers populaires de la capitale.

MERCY OF GOD MINISTRIES : UNE SECTE DÉJÀ FERMÉE EN 2020

Le nom de « Mercy of God Ministries » n’apparaît pas pour la première fois dans l’actualité camerounaise. En avril 2020, cette église de réveil avait été fermée à Nkoabang, dans le département de la Mefou-et-Afamba. Le préfet de la Mefou-et-Afamba avait ordonné la fermeture de l’établissement pour défaut d’autorisation. Une centaine de fidèles, en majorité des femmes, avaient alors été sommés de quitter les lieux.

Le responsable de Mercy of God Ministries était identifié à l’époque comme Ekedi Samuel Kenechukwu, présenté comme un prédicateur de nationalité nigériane. Les forces de sécurité n’étaient pas parvenues à le retrouver lors de la perquisition. Les autorités avaient également ordonné l’arrêt du chantier d’un immeuble situé sur la propriété.

Depuis la découverte de Ngousso, de nouvelles accusations circulent sur les réseaux sociaux. Certaines sources accusent le responsable de cette organisation religieuse d’être impliqué dans des faits de séquestration, d’enlèvement d’enfants, de violences sexuelles, d’extorsion et d’endoctrinement, et affirment que plusieurs propriétés liées au prédicateur auraient déjà fait l’objet d’interventions. Un ressortissant nigérian, Master Prophet E.K. Samuel, dirigeant de « Mercy of God Ministry », avait déjà été identifié comme le cerveau présumé d’un réseau de trafic de mineurs dans l’affaire d’Essos.

L’AFFAIRE D’ESSOS : UN PRÉCÉDENT QUI INQUIÈTE

La découverte de Ngousso intervient quelques jours après une autre opération menée à Essos le 2 septembre 2026, dans le même 5ᵉ arrondissement de Yaoundé.

Les éléments du 16ᵉ arrondissement de police avaient découvert 15 mineures dans une concession particulièrement barricadée située rue des Pavés. Selon les premiers éléments disponibles, les filles seraient âgées de 2 à 15 ans. La perquisition a permis de découvrir plusieurs dortoirs, d’importantes réserves de vivres, des vêtements, des jouets et une centaine de disques durs.

La télévision nationale CRTV et le ministère des Affaires sociales ont rapporté la présence d’environ 18 enfants, majoritairement des filles, avec un bébé de 18 mois. Les publications virales sur les réseaux sociaux avaient hâtivement évoqué plus de 41 enfants séquestrés. Deux femmes qui s’occupaient des mineures ont été interpellées.

L’enquête devra déterminer dans quelles conditions ces enfants vivaient sur place, leur provenance et la nature exacte des activités menées dans cette concession.

UN LIEN ENTRE LES DEUX AFFAIRES ?

Les enquêteurs cherchent désormais à établir s’il existe un lien direct entre l’affaire d’Essos et la nouvelle découverte de Ngousso. Les similitudes dans la structure des opérations soulèvent des soupçons d’une organisation plus vaste et coordonnée.

Dans le même temps, des vérifications sont amorcées dans d’autres zones de la ville, notamment à Nkoabang et Mimboman, où de pareils signalements font l’objet d’investigations. Cette extension des investigations suggère que les cas d’Essos et de Ngousso pourraient n’être que la partie visible d’un problème plus systémique dans la capitale camerounaise.

Les motivations exactes de la présence de ces personnes dans des conditions aussi précaires restent floues. Alors que plusieurs suspects ont été interpellés et conduits en garde à vue, le défi est désormais de taille pour les autorités : démêler le vrai du faux et démanteler ces structures de l’ombre avant que la panique populaire ne fragilise la cohésion sociale.

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