Martinez Zogo : Amougou Belinga conteste l'enquête, Otoulou persiste
© Camer.be : Onana Nestor | 02 sept. 2026 00:30:20 | 2418Face-à-face au Tribunal militaire : le colonel Otoulou accuse Jean-Pierre Amougou Belinga d'être le commanditaire de l'assassinat de Martinez Zogo. "Les indices ont été suffisants pour prouver que vous avez commandé cette opération."
L'audience du procès Martinez Zogo a livré mardi un face-à-face tendu entre le colonel Otoulou, enquêteur, et Jean-Pierre Amougou Belinga, accusé. L'officier a affirmé sans détour que "les indices ont été suffisants pour prouver que vous avez commandé cette opération".
"Les indices ont été suffisants pour moi pour prouver que vous avez commandé cette opération." La phrase est tombée, lourde, dans la salle d'audience. Un face-à-face qui a tout changé.
Une confrontation très attendue
L'audience du procès Martinez Zogo a repris mardi 2 septembre 2026 à 13h05 au Tribunal militaire de Yaoundé. Au centre des débats : un face-à-face particulièrement attendu entre le colonel Jean-Pierre Otoulou, enquêteur cité dans le dossier, et l'un des principaux accusés, Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d'affaires influent.
L'enjeu était de taille. L'officier, qui a dirigé l'enquête préliminaire, devait confronter ses conclusions à celui que les investigations désignent comme le commanditaire présumé de l'opération ayant conduit à l'enlèvement puis à l'assassinat du journaliste Martinez Zogo.
La stratégie de défense d'Amougou Belinga
Durant le contre-interrogatoire, Jean-Pierre Amougou Belinga s'est principalement employé à contester la méthode des enquêteurs. Il a mis en avant les circonstances dans lesquelles certaines investigations ont été menées, dénonçant ce qu'il considère comme un acharnement à son encontre.
L'homme d'affaires a notamment évoqué ses relations avec certaines personnalités de l'État, rappelant avoir bénéficié de marchés publics et reçu des marques de reconnaissance institutionnelle. Une ligne de défense qui vise manifestement à remettre en cause la crédibilité du soupçon pesant sur lui.
Il a également contesté plusieurs opérations réalisées par les enquêteurs, notamment les conditions de la remise de convocations à Warda et celles de la perquisition effectuée à son domicile. Il a même interrogé directement le colonel Otoulou sur les motivations des enquêteurs.
La déclaration choc du colonel Otoulou
Mais c'est sur le terrain des faits que le colonel Otoulou a maintenu sa position. Interrogé sur la nature des éléments ayant conduit les enquêteurs à mettre en cause Amougou Belinga, l'officier a reconnu s'appuyer sur un faisceau d'indices plutôt que sur une preuve matérielle unique et immédiatement décisive.
Puis est venue la déclaration qui a marqué cette audience : "Les indices ont été suffisants pour moi pour prouver que vous avez commandé cette opération."
Une phrase particulièrement lourde, puisqu'elle place directement l'homme d'affaires au centre de la chaîne de responsabilité présumée.
Deux lectures radicalement opposées
Cette confrontation révèle deux lectures radicalement opposées du dossier.
D'un côté, Jean-Pierre Amougou Belinga tente de fragiliser l'enquête en mettant en cause les méthodes, les circonstances des perquisitions et la fiabilité de certains éléments. Il cherche à déplacer le débat vers la régularité et la crédibilité de l'enquête.
De l'autre, l'enquêteur maintient que l'accumulation des indices permet de relier l'accusé à la décision de faire mener l'opération contre Martinez Zogo. L'accusation entend ramener constamment les débats vers la chaîne de responsabilités ayant conduit à la mort du journaliste.
Un accusé qui reste présumé innocent
Au terme de cette nouvelle journée d'audience, une chose est certaine : aucune déclaration d'un enquêteur ne saurait se substituer à la décision de justice.
Jean-Pierre Amougou Belinga demeure présumé innocent tant que sa culpabilité n'a pas été définitivement établie par la juridiction compétente. Mais les accusations formulées devant le Tribunal militaire par le colonel Otoulou donnent une nouvelle dimension au dossier.
L'étau se resserre
Selon l'enquêteur, les indices recueillis au cours des investigations désignent bel et bien l'homme d'affaires comme le commanditaire présumé de l'opération ayant conduit à l'assassinat de Martinez Zogo.
Reste à savoir si ce faisceau d'indices suffira à convaincre les juges. La suite du procès s'annonce décisive.
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