Drame sur la N3 : bus contre camion, 12 morts au Cameroun
© Camer.be : Toto Jacques | 23 Aug 2026 12:25:46 | 402Un accident mortel sur la N3 au Cameroun a fait une douzaine de victimes ce dimanche près d'Édéa. Un bus de l'Agence Avenir et un camion sont entrés en collision. Le bilan provisoire.
Une nouvelle tragédie routière frappe le Cameroun ce dimanche 23 août 2026 : sur la route nationale N°3, à quelques encablures d'Édéa, un bus de transport interurbain de l'Agence Avenir et un camion sont entrés en collision frontale, faisant une douzaine de morts et plusieurs blessés graves.
Ce nouveau drame routier vient une fois de plus rappeler la dangerosité de l'axe Yaoundé-Douala, tristement surnommé « l'axe lourd ». La Nationale N°3, qui relie les deux principales villes du Cameroun, est l'une des routes les plus meurtrières du pays. Ce dimanche matin, elle a ajouté une nouvelle page à son macabre palmarès.
Un axe routier meurtrier
La route nationale N°3 est le poumon économique du Cameroun. Chaque jour, des milliers de véhicules bus de transport interurbain, camions de marchandises, véhicules particuliers l'empruntent pour relier Douala, la capitale économique, à Yaoundé, la capitale politique. Mais cet axe est aussi un couloir de la mort.
Selon les données du ministère des Transports, 35 accidents enregistrés sur la Route Nationale n°3 seraient imputables au stationnement dangereux ou à l'usage abusif de véhicules de transport de marchandises diverses et dangereuses. À cela s'ajoutent l'excès de vitesse, le mauvais état de certaines portions de la chaussée et le non-respect des règles de sécurité.
Les faits : ce que l'on sait du drame
L'accident s'est produit ce dimanche 23 août 2026 aux premières heures de la matinée. Selon les informations recueillies, un bus de transport interurbain de l'Agence Avenir, qui effectuait vraisemblablement la liaison entre deux villes camerounaises, est entré en collision avec un camion sur la route nationale N°3, à quelques encablures d'Édéa, chef-lieu du département de la Sanaga Maritime.
Le choc, d'une rare violence, a provoqué un carambolage. Le bilan provisoire fait état d'une douzaine de morts et de plusieurs blessés graves. Les secours ont été rapidement dépêchés sur les lieux. Les blessés ont été évacués vers les structures sanitaires les plus proches, dont l'hôpital de district d'Édéa.
La circulation sur l'axe Yaoundé-Douala a été fortement perturbée pendant plusieurs heures, les forces de l'ordre ayant dû procéder à des déviations pour permettre l'intervention des secours et le dégagement des véhicules accidentés.
L'Agence Avenir : un passif lourd
Ce n'est pas la première fois que l'Agence Avenir est impliquée dans un accident mortel. La compagnie de transport interurbain, l'une des plus importantes du Cameroun, a déjà été plusieurs fois épinglée pour des drames similaires.
En novembre 2023, un bus de l'agence Avenir avait percuté un camion transportant des marchandises, tuant neuf personnes. La direction avait alors fermé ses agences en signe de compassion. En septembre 2024, un autocar de 70 places appartenant à Avenir Voyages avait fait huit morts et 62 blessés après avoir quitté la route sur la redoutable falaise de Dschang. Un cadre du ministère des Transports avait alors pointé du doigt l'état des pneus du véhicule.
Cette récurrence soulève des questions sur les conditions de sécurité au sein de l'entreprise. Les contrôles techniques sont-ils suffisants ? La formation des conducteurs est-elle à la hauteur des risques sur cet axe dangereux ? Les autorités camerounaises vont-elles ouvrir une enquête approfondie ?
Une hécatombe routière qui interpelle
Cet accident mortel s'inscrit dans une série noire qui frappe le Cameroun depuis plusieurs semaines. Le 14 août 2026, une collision entre un bus et un camion dans la localité de Nomalé avait déjà fait au moins 16 morts et une quarantaine de blessés. Les accidents routiers sont devenus une véritable hécatombe nationale.
Selon des données de l'Agence de sécurité routière, le Cameroun enregistre chaque année plusieurs milliers de morts sur ses routes. L'insuffisance des infrastructures, le vétusté du parc automobile, le non-respect du code de la route et l'absence de contrôles efficaces sont régulièrement pointés du doigt.
Ce dimanche, ce sont une douzaine de familles qui pleurent leurs proches. Des pères, des mères, des enfants, des frères, des sœurs partis pour un voyage qui devait les mener à destination, et qui ne rentreront jamais chez eux.
Témoignages et réactions
Sur les réseaux sociaux, l'émotion est vive. Des internautes camerounais expriment leur colère et leur tristesse. « Encore un drame sur la N3. Quand allons-nous prendre ce problème au sérieux ? », s'interroge un utilisateur. « Mes condoléances aux familles des victimes. La route tue plus que les maladies au Cameroun », écrit un autre.
Les autorités locales n'ont pas encore officiellement communiqué sur les causes précises de l'accident. Une enquête a été ouverte, comme le veut la procédure.
Perspectives et enjeux
Ce drame relance le débat sur la sécurité routière au Cameroun. Alors que le pays connaît une croissance économique soutenue, les infrastructures routières peinent à suivre. La réhabilitation de la route nationale N°3 est régulièrement évoquée, mais les chantiers avancent lentement.
L'enjeu est double : il s'agit à la fois de moderniser le réseau routier et de renforcer les contrôles sur les compagnies de transport. Les autorités camerounaises sont-elles prêtes à prendre des mesures fermes ? La suspension de l'Agence Avenir, comme cela avait été évoqué après l'accident de la falaise de Dschang, pourrait-elle être envisagée ?
En attendant, ce dimanche 23 août 2026 restera marqué comme un jour de deuil pour les familles des victimes et pour tout le Cameroun.
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#Cameroun #AccidentN3 #AgenceAvenir #Édéa #SécuritéRoutièreLire aussi
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