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Cameroun - Route Littoral-Ouest : la circulation totalement bloquée

Blocage total sur la RN5 entre le Littoral et l'Ouest : usagers bloqués, travaux de rafistolage et questions sur l'argent des péages. Colère et attente d'une solution.

La circulation est totalement interrompue sur la RN5 depuis 2 heures du matin, paralysant l'axe stratégique reliant le Littoral à l'Ouest. Alors que les usagers sont bloqués, la question des recettes des péages et de leur utilisation refait surface.

2 heures du matin, RN5, axe Békoko-Bandjoun.

Dans l'obscurité, des centaines de véhicules sont à l'arrêt. Camions de marchandises, bus de voyageurs, voitures particulières tous immobilisés sur une route qui devait les mener à destination. Le cauchemar a commencé avant l'aube, quand la circulation sur la Route nationale n°5, artère vitale entre les régions du Littoral et de l'Ouest, a été brutalement interrompue.

À Nkongsamba, à Bafang, sur les tronçons les plus dégradés, c'est l'impasse totale.

Et comme toujours au Cameroun, la question qui brûle les lèvres est la même : où va l'argent des péages ? Les usagers, eux, attendent surtout une solution. Mais l'heure tourne.

Une paralysie qui tombe au pire moment

La RN5 est un axe stratégique. Elle relie les régions du Littoral poumon économique du Cameroun à l'Ouest, région agricole et touristique. Chaque jour, des milliers de véhicules l'empruntent, transportant des marchandises, des passagers, des denrées alimentaires. La moindre perturbation se répercute sur toute l'économie nationale.

Or, depuis 2 heures du matin ce jour, la circulation est complètement bloquée.

Les usagers sont confrontés à d'importantes difficultés. Les camions de marchandises sont à l'arrêt, les bus de voyageurs ne peuvent poursuivre leur route, des familles entières sont coincées au milieu de nulle part. Dans ce contexte, la dégradation avancée de plusieurs portions de la RN5 a fini par avoir raison de la circulation.

Des travaux de « rafistolage » bien insuffisants

Le ministère des Travaux publics a bien engagé des travaux. Mais il s'agit, selon les informations disponibles, de « rafistolages » des réparations provisoires, des rustines sur des plaies béantes. En attendant une réhabilitation plus complète, que les usagers attendent depuis des années.

Cette situation est un écho douloureux à l'état de nombreux grands axes au Cameroun. Des routes financées par les contribuables, entretenues théoriquement par les recettes des péages, mais qui continuent de se dégrader sous les roues des véhicules.

Où va l'argent des péages ? La question qui fâche

C'est le sujet qui fâche. Celui que les autorités préfèrent éviter. La question des recettes de péage.

Le ministère des Finances a lui-même reconnu, par le passé, d'importantes difficultés dans la collecte et le reversement des recettes de péage routier. Une déclaration qui a ouvert une boîte de Pandore. Si les fonds ne sont pas collectés correctement, s'ils ne sont pas reversés aux caisses de l'État, comment financer l'entretien des routes ?

Les soupçons de détournement, de mauvaise gestion, voire de corruption, sont récurrents. Des associations de consommateurs et des usagers ont maintes fois dénoncé l'opacité autour de ces recettes. Aujourd'hui, la RN5 bloquée est une preuve supplémentaire : quelque chose ne tourne pas rond.

Des usagers en colère, des autorités silencieuses

Sur place, les usagers attendent. Ils râlent, ils s'impatientent, ils s'inquiètent pour leurs marchandises, leurs rendez-vous, leurs familles. Les réseaux sociaux s'enflamment : « RN5 bloquée depuis 4h, toujours aucune information officielle », « On paie des péages pour quoi au juste ? », « Les routes du Cameroun sont une honte ».

Le silence des autorités est assourdissant. Aucun communiqué officiel n'a été publié sur la durée du blocage ni sur les solutions envisagées.

Quelles solutions pour demain ?

Plusieurs pistes existent pourtant. La réhabilitation complète de la RN5 est attendue depuis longtemps. Mais elle coûte cher. Les recettes de péage, si elles étaient correctement collectées et reversées, pourraient financer ces travaux. Mais le système semble dysfonctionner.

Deux solutions s'imposent :

1. Un audit des recettes de péage pour savoir où passe l'argent.
2. Un plan d'urgence pour la RN5 pour ne plus laisser les usagers dans des situations de blocage aussi critiques.

L'attente continue

En attendant, sur la RN5, les usagers font le pied de grue. Certains ont passé la nuit dans leur véhicule. D'autres ont tenté des chemins de traverse, risquant de s'embourber sur des pistes non bitumées.

La route, qui devait les mener au travail, à la maison, aux marchés, est devenue une prison à ciel ouvert. Et les ministères, à Yaoundé, semblent regarder ailleurs.

À quand une véritable politique d'entretien des routes au Cameroun ? Les usagers attendent. L'argent des péages aussi, quelque part, attend peut-être d'être utilisé à bon escient.

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