Cameroun - La bataille des clans pour le pouvoir au sommet de l’État
© Correspondance : Joël Constant Tchoegnia | 05 Aug 2026 10:18:28 | 2022Depuis plusieurs années, la question de la succession à la tête de l’État camerounais alimente les spéculations et les rivalités au sein du pouvoir. On dirait un cartel où l'affrontement entre ses membres. Autour du président Paul Biya (93 ans et absent du pays depuis près de deux mois ), plusieurs réseaux d’influence semblent chercher à renforcer leur positionnement en prévision de l’après-Biya.
Dans cette bataille, certains acteurs politiques, influenceurs, responsables de la société civile et journalistes auraient été mobilisés, volontairement ou non, pour orienter le débat public et détourner l’attention des véritables enjeux liés à la succession présidentielle.
Mais ces stratégies semblent aujourd’hui produire des effets inattendus : des tensions et des affrontements apparaissent désormais au sein même des différents réseaux impliqués dans cette lutte d’influence.
Alors que deux principaux pôles étaient jusque-là identifiés, notamment autour du Secrétariat général de la présidence de la République (SGPR) et du Directeur du Cabinet civil (DCC), un acteur issu de ces cercles aurait choisi de prendre ses distances pour constituer son propre réseau. Cette évolution aurait contribué à l’émergence d’un troisième pôle, désigné sous l’appellation de DACC.
Trois pôles au cœur des rapports de force
La configuration actuelle serait ainsi marquée par la coexistence de trois réseaux : celui associé au SGPR, celui du DCC et celui du DACC.
Selon cette lecture de la situation, ces différents groupes chercheraient à exercer leur influence sur les principaux leviers de l’État, notamment à travers les forces de défense et de sécurité, les administrations douanière et fiscale, les infrastructures de transport ainsi que l’appareil judiciaire.
Cette rivalité ne serait pas nouvelle. Elle s’inscrirait dans un processus de recomposition des rapports de force engagé depuis l’élection présidentielle de 2018, dont les résultats avaient été contestés par l’opposition. Depuis lors, la question de l’exercice réel du pouvoir et de l’influence des différents réseaux gravitant autour du sommet de l’État est régulièrement au cœur des débats politiques camerounais.
L'enjeu dépasse désormais la seule compétition entre individus ou groupes. Il porte sur la capacité de ces réseaux à peser sur la succession présidentielle et, plus largement, sur l’orientation politique du pays au lendemain de l’ère Paul Biya.
Le prochain scrutin, un test pour les électeurs
Dans ce contexte, les prochaines élections municipales et législatives pourraient constituer un moment déterminant pour les électeurs camerounais. Elles pourraient notamment permettre de mesurer la capacité des citoyens à reprendre une place centrale dans le processus politique et à exprimer leurs choix indépendamment des rapports de force entre les différents réseaux de pouvoir.
Reste toutefois une inconnue majeure : ces rivalités internes conduiront-elles à un rééquilibrage des forces ou, au contraire, à une concentration accrue du pouvoir entre les mains de l’un de ces différents groupes ?
Pour le Cameroun, la véritable question demeure celle de la transition politique et de la capacité des institutions à garantir une succession conforme aux règles constitutionnelles, plutôt que de laisser l’avenir du pays dépendre de luttes d’influence entre réseaux.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- l'impasse de la dette et le mirage d'un financement exclusif par l'endettement
- Féminicide au Cameroun : derrière chaque mort, un mystère à élucider
- Féminicide au Cameroun : et si l’on parlait aussi de l’homme sacrifié ?
- Lecture d'une actualité sportive à la lumière d'une œuvre littéraire : L'Os de Mor Lam
- Firmin Bakabe prend la défense du Général de Brigade Tobie Gabriel Ngolo Ngomba
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Gabon - « La France a tout organisé » : la sortie explosive d'Ali Bongo
Ukraine - Coupures d'électricité : Zelensky menace de riposter sur Moscou
France - SURESNES – DJ HANS ET RÉGINE : QUAND L’AMOUR CHOISIT LA SOBRIÉTÉ
Yémen - Bab el-Mandeb : les Houthis contrôlent désormais le détroit
Cameroun - Indira Baboke dit « oui » à Tamsir en plein concert à Douala
il y a un mois
Brésil - Roberto Carlos converti à l'islam ? La rumeur enflamme la toile
Guinée - ECO ou franc guinéen ? La Guinée a choisi sa souveraineté
États-Unis - USS Lincoln : le fiasco naval américain face à l'Iran
Cameroun - Tension MINSEP-FECAFOOT : Biya seul recevra les Lionnes
Cameroun - Didier Badjeck : son véhicule termine dans la brousse, il accuse
il y a un an