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Me Alice Nkom appelle au réveil du Cameroun :: CAMEROON

« Camerounaises, Camerounais, réveillez-vous ! » : à 81 ans, l’emblématique avocate et militante des droits humains appelle le peuple à saisir sa lumière et à reprendre son destin en main.

« Après tant de nuits, le peuple a choisi le jour. Que nul ne le lui confisque. »

Ces mots, simples et percutants, sont signés Me Alice Nkom. À 81 ans, l’avocate, première femme à avoir prêté serment au barreau du Cameroun en 1969, celle qui se définit comme la « mère des indésirables », adresse un message qui résonne comme un coup de tonnerre dans le paysage politique camerounais.

« Le sommeil a été long, lourd, implacable », écrit-elle. « Mais vous vous êtes levés. »

Ce message intervient dans un contexte où le Cameroun retient son souffle : le président Paul Biya, 93 ans, est absent depuis plus de 40 jours pour un « séjour privé en Europe ». Le procès de Me Alice Nkom et de Maximilienne Ngo Mbe, devant le tribunal de Douala-Bonanjo, s’éternise avec onze audiences en un an. Et les voix critiques se font de plus en plus rares.

Alors, que dit exactement ce message ? Et pourquoi fait-il tant de bruit ?

Une icône de la lutte pour les droits humains

Née le 14 janvier 1945 à Poutkak, dans la région du Littoral, Alice Nkom est une figure incontournable du Cameroun. Première femme noire admise au barreau du Cameroun, elle a fait du droit un outil de résistance face aux injustices, aux discriminations et aux violences institutionnelles.

Engagée dans la défense des droits LGBT+, elle a fondé en 2003 l’Association pour la défense des personnes homosexuelles (ADEFHO). Elle préside également le conseil d’administration du Réseau des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), une organisation dont le procès s’enlise devant le tribunal de Douala-Bonanjo.

En janvier 2026, à l’occasion de ses 81 ans, elle avait déjà adressé un message d’espoir au peuple camerounais : « le soleil commence enfin à donner du fil à retordre aux nuages ».

Le message : « Camerounaises, Camerounais, réveillez-vous ! »

Le nouveau message de Me Alice Nkom, publié sur les réseaux sociaux et relayé par plusieurs médias, est d’une rare intensité. Elle y dénonce des années durant lesquelles « on vous a tout pris » : « on a vampirisé vos forces, vampirisé votre énergie, jusqu’à assombrir vos horizons ».

Mais elle salue aussi un réveil : « Après le règne des ombres, vous avez choisi d’accueillir la lumière. »

L’appel est clair : « Ce changement est en marche. Il ne saurait être différé. Il ne sera plus confisqué. » Et elle conclut par une formule qui pourrait devenir un slogan : « Le jour se lève. Que nul n’éteigne cette lumière. Que nul ne reprenne au peuple ce qu’il vient d’arracher à la nuit ! »

Un message politique dans un contexte tendu

Ce message ne tombe pas dans un vide politique. Il intervient alors que le Cameroun traverse une période d’incertitude. Le président Paul Biya est à Genève, en Suisse, depuis plus de 40 jours. Le Conseil constitutionnel, dont les onze membres sont nommés par décret présidentiel, reste silencieux.

Me Alice Nkom, qui se présente comme la « porte-parole d’un président légitime » en référence à Issa Tchiroma Bakary , n’a jamais caché ses positions critiques. En juin 2025, elle déclarait à la DW : « Paul Biya ne tient pas compte de son peuple ».

Son engagement lui vaut des poursuites. L’affaire du REDHAC, dans laquelle elle est mise en cause aux côtés de Maximilienne Ngo Mbe, est devenue un symbole des tensions entre la société civile et le pouvoir. Le 9 janvier 2025, Amnesty International appelait les autorités à « cesser de harceler » Me Alice Nkom.

« Le peuple a choisi le jour » : de quel jour parle-t-elle ?

L’ambiguïté du message est aussi sa force. Me Alice Nkom ne cite aucun nom, aucun événement précis. Elle parle d’un « jour » qui se lève, d’un « changement » en marche.

Pour les uns, il s’agit d’un appel à la mobilisation citoyenne, à la reprise en main du destin national. Pour les autres, c’est une critique à peine voilée du régime en place, une exhortation à la résistance.

Une chose est sûre : ce message a trouvé un écho. Sur les réseaux sociaux, il est partagé, commenté, débattu. Certains y voient un espoir, d’autres une provocation.

Une figure qui divise mais qui ne se tait pas

Me Alice Nkom est une figure clivante. Ses positions sur les droits LGBT+ lui valent de nombreuses critiques, y compris au sein de la société camerounaise. Mais personne ne conteste son courage ni sa longévité dans le combat pour les droits humains.

« Je ne cherche pas à plaire. Je cherche à être juste », écrivait-elle pour ses 81 ans. Une devise qu’elle semble appliquer aujourd’hui encore.


Qu’en pensez‑vous ? Le message de Me Alice Nkom est‑il un espoir ou une provocation ? La justice camerounaise doit‑elle la poursuivre ?

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