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Cameroun - Camair-Co en 2025 : l'argent public ne comble pas les pertes

En 2025, Camair-Co a affiché une perte nette de 4,65 milliards de FCFA malgré une hausse de 7,9 % de son chiffre d'affaires et une injection publique massive de 6,85 milliards de FCFA, révélant un modèle économique structurellement défaillant.

6,85 milliards de FCFA injectés par l'État.

24,47 milliards de chiffre d'affaires en hausse de 7,9 %.

Et pourtant, une perte nette de 4,65 milliards.

Le paradoxe économique de Camair-Co en 2025 tient en quelques chiffres qui donnent le vertige. La compagnie aérienne nationale camerounaise se débat dans une équation insoluble : elle gagne plus d'argent, elle vend plus de billets, elle remplit mieux ses avions… mais elle perd encore plus d'argent.

Pire encore : sans la perfusion publique de 6,85 milliards de FCFA – une subvention qui représente près d'un tiers de son chiffre d'affaires – le déficit réel de la compagnie aurait dépassé les 11,5 milliards de FCFA.

11,5 milliards. C'est le coût de la "souveraineté aérienne" du Cameroun. C'est aussi le montant que les contribuables camerounais paient chaque année pour maintenir en vie un navire dont les cales sont percées.

LE PARADOXE CAMAIR-CO : QUAND PLUS DE RECETTES SIGNIFIENT PLUS DE PERTES

L'année 2025 aurait dû être celle de la renaissance pour Camair-Co.

Les voyants commerciaux étaient au vert. Le chiffre d'affaires a bondi de 7,9 % pour atteindre 24,47 milliards de FCFA. Les avions étaient plus pleins. Les lignes intérieures et régionales ont retrouvé des couleurs. Les équipes commerciales ont capitalisé sur une attractivité retrouvée.

La demande pour le pavillon national existe bel et bien. Les Camerounais veulent voler camerounais. Et ils l'ont prouvé.

Pourtant, cette embellie sectorielle se brise net face à la réalité implacable des coûts structurels. L'augmentation des recettes est totalement insuffisante pour éponger les charges d'exploitation.

6,85 MILLIARDS DE SUBVENTIONS, 4,65 MILLIARDS DE PERTES

Pour maintenir les avions au sol et dans les airs, l'État actionnaire a dû injecter 6,85 milliards de FCFA en 2025. Une subvention publique massive, conçue comme un levier d'investissement ou d'équilibrage.

Mais dans les faits, cet argent public sert de filet de sécurité permanent. Une bouée de sauvetage qui permet à la compagnie de continuer à voler… sans résoudre ses problèmes structurels.

Le verdict comptable est sans appel : 4,65 milliards de FCFA de perte nette pour l'exercice 2025.

Un calcul arithmétique simple met en lumière l'ampleur du désastre : sans les 6,85 milliards de subventions étatiques, le déficit opérationnel réel de Camair-Co aurait franchi la barre des 11,5 milliards de FCFA.

DES COÛTS QUI ANNULENT LES GAINS

Comment expliquer un tel gouffre ?

L'écart persistant entre l'augmentation du chiffre d'affaires et la profondeur du déficit démontre que le modèle de dépenses de Camair-Co est structurellement défaillant.

Les charges fixes – maintenance de la flotte, carburant, personnel, location des appareils – sont si lourdes qu'elles annulent systématiquement les gains commerciaux réalisés sur le terrain.

"Si vous remplissez vos avions mais que vos coûts sont deux fois plus élevés que vos recettes, vous coulez deux fois plus vite", aurait pu dire un analyste du secteur.

LE DILEMME DE L'ÉTAT ACTIONNAIRE

Ces résultats relancent un débat de fond sur la viabilité économique à long terme de Camair-Co. Et sur le rôle de l'État actionnaire.

D'un côté, la compagnie nationale est un outil de souveraineté. Elle désenclave les régions. Elle relie le Cameroun au monde. Elle incarne la fierté nationale.

De l'autre, elle engloutit des milliards de FCFA chaque année sans perspective de rentabilité. Le statu quo actuel interroge sur les limites du soutien public.

"Si le rôle de l'État est de soutenir un outil de souveraineté, la récurrence des pertes face à des subventions à fonds perdus interroge sur l'urgence d'une restructuration profonde."

QUELLE SOLUTION POUR CAMAIR-CO ?

Pour que la croissance commerciale de 7,9 % se traduise enfin en rentabilité, Camair-Co devra impérativement s'attaquer à la rationalisation de ses coûts de fonctionnement.

Cela signifie peut-être :

- Renégocier les contrats de maintenance
- Optimiser la flotte
- Réduire les effectifs pléthoriques
- Recentrer l'offre sur les lignes rentables
- Mutualiser certaines fonctions avec d'autres compagnies

Mais surtout, cela signifie une remise en question profonde du modèle économique. Sous peine de voir le budget public écoper indéfiniment un navire aux cales percées.

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