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CAMEROUN :: Le régime fuit les élections comme la peste : et si l'urne était son poison ? :: CAMEROON

En trois mois, le régime de Paul Biya a violé à trois reprises la Constitution camerounaise pour repousser les élections. L'opposant Abdouraman Hamadou Babba livre une analyse sans appel : le talon d'Achille du pouvoir se trouve dans l'urne, et c'est là que le Peuple du Changement doit frapper.

Depuis mars 2026, le régime de Paul Biya a commis trois violations graves de la Constitution. Trois coups de force. Trois entorses à la loi fondamentale. Toujours pour la même raison : fuir les élections comme la peste.

Le 12 octobre 2025 devait être un tournant. L'élection présidentielle. Le peuple camerounais devait choisir son destin. Mais le régime a tout fait pour éloigner ce spectre. Prolongation du mandat des députés. Prorogation illégale du mandat des conseillers municipaux. Révision constitutionnelle pour régler la succession sans passer par les urnes.

Abdouraman Hamadou Babba, figure de l'opposition camerounaise, tire la sonnette d'alarme. Dans une tribune publiée le 18 juin 2026, il pose un diagnostic implacable : « Voici pourquoi, à mon avis, le poison mortel pour le régime Biya-RDPC se trouve dans l'Urne. »

Le régime le sait. Il le montre par ses actes. Il fuit l'urne parce qu'il sait qu'elle est son talon d'Achille. Et c'est précisément là que le Peuple du Changement doit frapper.

Un régime qui tremble devant les urnes

Depuis son arrivée au pouvoir en 1982, Paul Biya a toujours maîtrisé le calendrier électoral. Mais jamais peut-être la peur des élections n'avait été aussi palpable qu'en ce premier semestre 2026.

Le 12 octobre 2025, l'élection présidentielle a eu lieu. Paul Biya a été déclaré vainqueur avec 53,66 % des suffrages face à Issa Tchiroma Bakary. Mais le régime n'a pas pour autant retrouvé sa sérénité. Car d'autres échéances électorales approchaient. Et le pouvoir a tout fait pour les éviter.

« Partons du principe que les dirigeants actuels du Cameroun sont mieux placés pour déterminer quelle est la principale menace pour la survie de leur régime », écrit Abdouraman Hamadou Babba. « Il suffit donc d'analyser leur comportement et les actes qu'ils ont posé ces dernières semaines pour comprendre là où réside leur plus grande fragilité, leur talon d'Achille. »

Première violation : l'article 15 (4) détourné

Le 19 mars 2026, le gouvernement camerounais dépose à l'Assemblée nationale un projet de loi visant à prolonger le mandat des députés. Le 23 mars, l'Assemblée, largement acquise au RDPC, l'adopte. Les députés restent en poste jusqu'au 20 décembre 2026.

Le gouvernement justifie cette prolongation par l'article 15 (4) de la Constitution, qui permet au Président de la République, « en cas de crise grave ou lorsque les circonstances l'exigent », de solliciter une prorogation.

Mais pour l'opposition, c'est un détournement de sens. « Les critiques soutiennent que la décision du Président de reporter les élections d'au moins un an dans les deux cas viole l'article 15 (4) de la Constitution », note une analyse publiée sur Democracy in Africa. L'article n'a jamais été conçu pour permettre une prolongation arbitraire du mandat des députés.

Deuxième violation : le principe de non-rétroactivité bafoué

Le 4 mai 2026, un décret présidentiel prolonge le mandat des conseillers municipaux élus en février 2020. Leur mandat, qui devait s'achever, est prorogé jusqu'en 2027.

L'opposition, menée par Maurice Kamto, saisit le Conseil constitutionnel. L'argument est juridique : la loi utilisée pour cette prolongation a été adoptée le 14 avril 2026. Elle est appliquée à des mandats déjà en cours. C'est une violation du principe de non-rétroactivité des lois, pourtant inscrit « en marbre dans le préambule de la Constitution ».

« Le président de la République a manifestement violé le principe de la non-rétroactivité consacré par la Constitution en son préambule », dénonce Maurice Kamto.

Troisième violation : l'article 64 pour une succession sans élection

Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais adopte une révision constitutionnelle majeure. Elle crée un poste de vice-président, que le président sortant pourrait nommer sans passer par les urnes.

Ce n'est pas une réforme anodine. Il s'agit de régler la succession de Paul Biya. Sans élection. Sans consultation du peuple.

L'article 64 de la Constitution dispose qu'« aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à la forme républicaine, à l'unité et à l'intégrité territoriale de l'État et aux principes démocratiques qui régissent la République ».

Pour les opposants, cette révision est une violation flagrante. Roger Justin Noah, cadre du MRC, accuse le régime d'avoir « violé la constitution en son article 64 ». Abdouraman Hamadou Babba est tout aussi catégorique : donner le pouvoir à une seule personne de nommer le président « revient à assassiner la démocratie ».

Une stratégie claire : fuir les élections

Trois violations. Trois mois. Une seule logique : éloigner le plus possible le spectre des élections.

« Depuis le mois de mars, à trois reprises, ils ont violé de manière grave la Constitution du Cameroun pour la même raison : fuir les élections comme la peste, en éloignant le maximum possible le spectre du 12 octobre 2025 ! » écrit Abdouraman Hamadou Babba.

Le régime a peur. Peur de l'urne. Peur du verdict populaire. Peur de ce moment où les Camerounais pourraient enfin s'exprimer librement.

La solution : faire son lit dans l'urne

Face à cette stratégie de la peur, Abdouraman Hamadou Babba propose une réponse claire : le Peuple du Changement doit investir l'urne.

« Le Peuple du Changement doit donc : faire son lit à l'endroit que ces dirigeants fuient, dans l'Urne ; construire une coalition en son sein, indépendamment des chapelles politiques ; transformer les prochaines élections en un référendum pour ou contre la continuité du régime Biya-RDPC. »

L'idée est simple mais puissante. Si le régime fuit les élections, c'est qu'il les redoute. C'est donc là qu'il faut le frapper. Pas dans la rue, pas dans des affrontements stériles, mais dans l'urne, là où le pouvoir a montré sa vulnérabilité.

À ceux qui doutent

Certains opposants estiment que voter est inutile. Que les résultats seront de toute façon détournés. Que le jeu est truqué.

Abdouraman Hamadou Babba leur répond :

« À ceux qui se demandent à quoi cela sert d'aller à des élections dont on sait que les résultats seront détournés, je leur réponds ceci : chaque détournement ou tentative de détournement des résultats des élections induit automatiquement, pour le régime Biya-RDPC, le risque majeur de voir le Peuple souverain se lever comme un seul homme pour défendre et récupérer son dû ! »

Autrement dit : le détournement des urnes, c'est le régime qui le craint. Pas le peuple. Car un scrutin truqué, c'est une légitimité fragile. Un peuple qui sait qu'on lui a volé sa voix, c'est un peuple qui peut se lever.

L'enjeu : la survie du régime

Le régime Biya-RDPC a 44 ans. Il a survécu à tout : crises économiques, récessions, contestations sociales, pressions internationales. Mais il y a une chose qu'il n'a jamais vraiment affrontée : une élection libre et transparente.

Le pouvoir le sait. Les violations constitutionnelles de ces derniers mois le prouvent. L'urne est son talon d'Achille. C'est là que le régime est le plus vulnérable. C'est là que le Peuple du Changement doit le frapper.


Voici pourquoi, à mon avis, le poison mortel pour le régime Biya-RDPC se trouve dans l’Urne.
Partons du principe que les dirigeants actuels du Cameroun sont mieux placés pour déterminer quelle est la principale menace pour la survie de leur régime.
Il suffit donc d’analyser leur comportement et les actes qu’ils ont posé ces dernières semaines pour comprendre là où réside leur plus grande fragilité, leur talon d’Achille.
Depuis le mois de mars, à trois reprises, ils ont violé de manière grave la Constitution du Cameroun pour la même raison : fuir les élections comme la peste, en éloignant le maximum possible le spectre du 12 octobre 2025 !
Ils ont donc :
- détourné, dénaturé et violé l’article 15 (4) de la Constitution pour prolonger le mandat des députés afin d’éviter les élections ;
- violé le sacro-saint principe de non-rétroactivité des lois, pourtant inscrit en marbre dans le préambule de la Constitution, pour prolonger le mandats des conseillers municipaux et ainsi éviter les élections ;
- violé l’article 64 de la Constitution pour régler la succession du Président Biya en évitant de passer par les élections.
Au vu de cette situation , le Peuple du Changement doit donc :
- faire son lit à l’endroit que ces dirigeants fuient, dans l’Urne ;
- construire une coalition en son sein, indépendamment des chapelles politiques ;
- transformer les prochaines élections en un référendum pour ou contre la continuité du régime Biya-RDPC.
À ceux qui se demandent à quoi cela sert d’aller à des élections dont on sait que les résultats seront détournés, je leur réponds ceci : chaque détournement ou tentative de détournement des résultats des élections induit automatiquement, pour le régime Biya-RDPC, le risque majeur de voir le Peuple souverain se lever comme un seul homme pour défendre et récupérer son dû !
Abdouraman Hamadou Babba

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