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CAMEROUN :: Affaire Zogo : quand attaquer l'avocate devient un aveu de culpabilité :: CAMEROON

Conseil des ayants droit dans l'affaire Martinez Zogo, Maître Félicité Esther Zeifman répond publiquement aux campagnes de dénigrement orchestrées contre elle et transforme ces attaques en preuve de la solidité de son dossier.

Martinez Zogo est mort pour avoir parlé.

Un journaliste camerounais, retrouvé sans vie en janvier 2023 après avoir dénoncé publiquement des personnalités liées au pouvoir. Une affaire qui a secoué l'Afrique centrale. Un procès qui avance. Et une avocate parisienne qui, depuis qu'elle a pris ce dossier, est devenue la cible d'une mécanique de destruction soigneusement huilée.

Des articles. Des insinuations. Des pressions. Des tentatives de corruption. Tout cela orchestré, selon elle, par les médias d'Amougou Belinga homme d'affaires camerounais puissant, mis en cause dans cette affaire.

Ce jour, Maître Félicité Esther Zeifman a décidé de répondre. Sans colère. Sans trembler. Avec une précision chirurgicale qui, en elle-même, en dit long sur ce qui se joue dans cette salle d'audience.

"Vous avez perdu votre temps" : Zeifman répond à ceux qui veulent la faire taire

Yaoundé Le 17 janvier 2023, le corps de Martinez Zogo est retrouvé à Yaoundé. Ce journaliste camerounais, animateur de l'émission Embouteillages sur Amplitude FM, avait disparu quelques jours plus tôt après avoir nommément mis en cause des personnalités proches du pouvoir dans des affaires de détournement de fonds publics. Son assassinat provoque un choc dans toute l'Afrique francophone et propulse l'affaire sur la scène internationale.

Plusieurs suspects sont arrêtés. Parmi les mis en cause figure Jean-Pierre Amougou Belinga, puissant homme d'affaires camerounais propriétaire du groupe Vision 4, l'un des plus grands empires médiatiques du pays. Il nie toute implication.

Le procès est en cours. Et c'est dans ce contexte que Maître Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau de Paris, a pris la défense des ayants droit de la victime. Depuis, elle affirme faire l'objet d'une campagne systématique de dénigrement.

La déclaration

Dans une publication diffusée ce jour sur ses réseaux sociaux, l'avocate prend la parole avec une clarté tranchante. Elle décrit des "articles, insinuations, campagnes de dénigrement soigneusement orchestrées", des "pressions diverses" et des "tentatives de déstabilisation et de corruption dont la sophistication est à la hauteur des moyens financiers considérables de celui qui les commande".

Sans nommer directement Amougou Belinga dans chaque accusation, elle désigne clairement "les médias d'Amougou Belinga" comme vecteurs de ces attaques. Une mise en cause publique qui intervient au cœur d'un procès dont les enjeux sont considérables.

Maître Zeifman retourne ensuite la logique de ces attaques contre leurs auteurs, avec un argument que les observateurs judiciaires noteront : "Quand un homme innocent est poursuivi, ses partisans répondent par des arguments. Quand un homme coupable est acculé, ses obligés attaquent ses adversaires."

Citation forte : "L'agitation est la signature de la mauvaise conscience. On ne s'affole pas ainsi quand on a la conscience tranquille."

Analyse

La stratégie rhétorique de l'avocate est lisible. En rendant publiques les pressions qu'elle dit subir, elle produit plusieurs effets simultanés : elle documente le contexte avant une audience potentiellement décisive, elle interpelle l'opinion sur les tentatives d'intimidation des auxiliaires de justice, et elle place symboliquement toute future attaque dans la catégorie de l'aveu implicite.

Ce type de déclaration publique par un conseil en exercice est rare. Elle témoigne d'un niveau de pression peu ordinaire ou d'une stratégie de communication délibérément offensive. Probablement les deux.

Enjeux

L'affaire Martinez Zogo dépasse largement les frontières camerounaises. Elle pose des questions fondamentales sur la liberté de la presse en Afrique centrale, sur l'impunité des élites économiques, et sur la capacité des institutions judiciaires à résister aux pressions des puissants.

Elle soulève aussi, plus globalement, la question de la protection des avocats qui osent défendre des causes à haut risque. Maître Zeifman n'est pas la première conseil à se retrouver dans la ligne de mire d'intérêts puissants. Elle choisit, elle, de rendre publique cette exposition.

Citation finale : "Martinez Zogo est mort pour avoir parlé. Je parlerai pour lui. Et ni la fortune de ses bourreaux, ni leurs médias aux ordres ne changeront cela."

Le verdict de ce procès quel qu'il soit sera scruté bien au-delà du Cameroun.

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