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CAMEROUN :: Boko Haram enlève deux filles du sultan d'Afadé dans son propre palais :: CAMEROON

Dans la nuit de mardi à mercredi, des assaillants présumés de Boko Haram ont pénétré le palais du sultan d'Afadé dans l'arrondissement de Makary et ont enlevé six personnes, dont deux filles du chef traditionnel âgées de 5 et 14 ans replongeant toute une communauté dans l'angoisse.

Il était deux heures du matin.

Le village d'Afadé dormait. Le sultan et son épouse se trouvaient à Garoua, à des centaines de kilomètres de là. Et dans ce silence qui précède l'inimaginable, des ombres se sont approchées du palais.

Quand elles sont reparties, elles emportaient six vies avec elles.

Deux femmes. Un jeune homme. Un adulte. Et deux fillettes les propres filles du sultan. L'une a 5 ans. L'autre, 14.

À Afadé, dans le Logone-et-Chari, l'Extrême-Nord camerounais vient de vivre une nuit de plus que personne n'oubliera.

Le silence rompu à deux heures du matin

Afadé. Un village de l'arrondissement de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, à la frontière avec le Tchad et le Nigeria. Une communauté comme des dizaines d'autres dans ce bassin du lac Tchad que la menace terroriste n'a jamais vraiment quitté.

Dans la nuit de mardi à mercredi, alors que le village était plongé dans l'obscurité, des éléments présumés de Boko Haram ont lancé une attaque ciblée contre la chefferie d'Afadé. Selon plusieurs sources locales, les assaillants ont fait irruption vers deux heures du matin, profitant de la nuit pour atteindre directement le cœur symbolique du pouvoir traditionnel : le palais du sultan.

L'opération a été rapide. Méthodique. Brutale.

Six otages. Deux enfants.

À l'intérieur du palais, six personnes ont été enlevées. Deux femmes adultes. Un jeune homme. Un autre homme adulte. Et deux fillettes les filles du sultan lui-même. L'une est âgée de 5 ans à peine. L'autre, de 14 ans.

Au moment des faits, le sultan d'Afadé et son épouse se trouvaient à Garoua. À l'annonce du drame, ils ont immédiatement pris la route pour regagner leur village. Un retour précipité vers un palais désormais marqué par le vide et la douleur.

La communauté, elle, attend. Et prie.

La signature de Boko Haram

Cette attaque porte la marque des modes opératoires documentés dans toute la région du lac Tchad : incursion nocturne pour maximiser l'effet de surprise, ciblage délibéré d'un symbole d'autorité ici la chefferie traditionnelle , enlèvement de civils, puis repli rapide vers des zones difficiles d'accès, marécages, îles lacustres ou zones forestières frontalières.

Viser le palais du sultan, c'est frapper deux cibles à la fois : des civils vulnérables, et le symbole même de l'ordre social et de l'autorité locale. Un message de terreur à double tranchant, destiné autant à traumatiser les populations qu'à déstabiliser les structures communautaires.

Une menace qui s'adapte et qui dure

Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de vigilance accrue dans l'Extrême-Nord camerounais. Depuis des années, les forces de défense et de sécurité mènent des opérations continues dans cette zone avec des résultats significatifs, mais sans parvenir à éradiquer totalement la menace.

Les groupes armés actifs dans la région ont démontré une capacité d'adaptation constante. Alternant pillages, poses d'engins explosifs improvisés, attaques éclairs et enlèvements, ils continuent d'exploiter la porosité des frontières et la vastité du terrain pour frapper, disparaître, et revenir.

Afadé n'en est pas à sa première frayeur. Mais ce soir, c'est le palais du chef traditionnel qui a été violé. C'est la fille du sultan une enfant de 5 ans qui a été arrachée à son foyer.

Une communauté en attente et en prière

Dans les concessions et sur la place publique d'Afadé, une même question hante les esprits : où sont les otages ? Dans quel état sont-ils ? Quand reviendront-ils ?

Les autorités n'ont pas encore communiqué officiellement sur les opérations en cours pour localiser et libérer les personnes enlevées. Les familles des victimes, elles, vivent dans l'angoisse de l'incertitude.

À Afadé, le soir venu, on ferme les portes un peu plus tôt. On surveille les ombres. Et on prie pour que les six otages rentrent vivants.

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