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CAMEROUN :: Santé rurale :L’ONG Cercle des Enfants équipe des centres de santé oubliés :: CAMEROON

 

Le samedi 25 avril 2026,  les salons feutrés de l'hôtel Hilton de Yaoundé ont troqué la jet set contre les blouses blanches. Dans la salle Bouma, habituée aux rencontres internationales d’Afrique, ce sont des soignants venus de brousse, 150 écoliers et des sapeurs-pompiers juniors qui étaient à l’honneur. 

L’ONG française Cercle des Enfants pour la Défense de la langue française, conduite par sa présidente Françoise Etoa, y organisait une cérémonie de remise de consommables médicaux et de lits de consultation destinés à des centres de santé ruraux sous-équipés des zones rurales. Un déjeuner solidaire, des prestations du Ballet national du Cameroun illustrant les quatre aires culturelles du pays, et un message : ne pas oublier celles et ceux qui soignent dans l’ombre.

« Construire une chaîne de solidarité durable »

Devant une société civile diversifiée, des sponsors comme Dangote Group, Cimencam, Bange Bank, Razel, le Cabinet Atou, Mégableu, Dak Security, Lions Club International, ainsi que des diplomates de l’ambassade de France, Françoise ETOA a planté le décor. 

« Notre cœur est de construire une chaîne de solidarité durable entre les acteurs économiques et les forces sociales. Cela est au centre même de notre démarche, avec pour objectif de renforcer le système sanitaire camerounais tout en soutenant les familles vulnérables », a-t-elle déclaré.

Deux grands noms parmi les autorités scientifiques et morales de la médecine camerounaise : le  Professeurs Félicien NTONE ENYME, Psychiatre  et ancien directeur général du CHU de Yaoundé, et le Professeur Elie Claude NJITOYAP NJOYA Njoya, gastro - enterologue et ancien directeur général de l'Hôpital Général de Yaoundé. Ces deux grands noms de la médecine ont modérément pris la parole pour s'adresser aux soignants invités à la prestigieuse cérémonie.

Le sous-équipement tue : femmes et enfants en première ligne

Pour l’ONG, l’enjeu dépasse le symbole. Les centres de santé ciblés se trouvent dans les régions du Grand Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Centre. Leurs représentants étaient présents, certains accompagnés de leur maire ou du chef traditionnel.
« À travers cette initiative, nous avons voulu poser un acte concret, soutenir nos structures de santé, honorer celles et ceux qui consacrent leurs vies à sauver celles des autres », a précisé Françoise ETOA. Et de renchérir qu'« il est question de penser à ces soignants qui exercent dans des conditions très difficiles, et avec un plateau technique de fortune ».

Une réalité que l’événement a mise en lumière : le sous-équipement des centres ruraux fait plus de victimes chez les femmes en situation d’accouchement et chez les enfants. Lits d’examen datant, absence de gants stériles, kits d’accouchement incomplets : dans plusieurs localités, accoucher reste un risque vital. 
Comme le rappelait déjà Albert Schweitzer, médecin et humaniste : 
« L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul ». Un appel repris par Françoise ETOA, pour qui « la solidarité est notre responsabilité commune ».

25 ans d’actions, une démonstration de premiers secours

Active depuis un quart de siècle dans l'humanitaire , les œuvres de l'ONG française Cercle des Enfants sont connues au Cameroun, au Togo et en Guinée-Équatoriale.  L’ONG a projeté une vidéo retraçant ses actions humanitaires. Temps fort de la cérémonie : la démonstration en premiers secours des sapeurs-pompiers juniors du Cameroun. Âgés de 12 à 17 ans et encadrés par le Corps national des sapeurs-pompiers, ces adolescents ont rappelé que la chaîne sanitaire mobilise tous les maillons, du secouriste au médecin.

Fidèle à son étymon, la défense de la langue française, le Cercle des Enfants a aussi offert des consoles de jeux éducatifs Vocabulon aux enfants et aux jeunes pompiers, pour renforcer leur agilité linguistique et cognitive.

 La santé, bien commun : l’appel aux acteurs économiques 

« Vous voyez bien qu'ALI DANGOTE, qui est Nigérian et homme le plus riche d’Afrique, n’est pas francophone, mais son groupe industriel sponsorise nos activités humanitaires. Le Cameroun est majoritairement francophone, et le français fait partie des cinq langues les plus parlées au monde », a lancé Françoise ETOA. Un appel direct aux opérateurs économiques : soutenir la santé rurale, c’est investir dans un bien commun.

Car comme l’écrivait l’abbé Pierre : « La solidarité n’existe pas : n’existe que des preuves de solidarité ». Des preuves que l’ONG veut multiplier mais avec plus de mécènes.

L’événement du Hilton aura eu ce mérite : rappeler que derrière les statistiques, il y a des soignants qui travaillent sans matériel et des mères qui accouchent sans sécurité. Oublier la santé rurale, c’est accepter que la naissance reste un danger.

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