Les membres du Café Bilingue du Cameroun échangent autour de "Things Fall Apart" de Chinua Achebe
© Camer.be : Myriam Zouga | 27 Apr 2026 11:39:26 | 3471Le 24 avril dernier, les membres du Café Bilingue du Cameroun étaient en conclave littéraire à la salle de réunion de la Cellule d’Appui à l’Action Pédagogique (CAAP) à Yaoundé pour échanger autour de Things Fall Apart, chef-d’œuvre du célèbre auteur nigérian Chinua Achebe publié en 1958.
Fidèles à leur tradition mensuelle, ces passionnés de littérature ont consacré une journée ludique et enrichissante à cette œuvre majeure de la littérature négro-africaine postcoloniale.
Sous la modération de Mme TEGOUFO NINZEKO Viviane, les participants se sont immergés dans Things Fall Apart (Le Monde s’effondre en français).
Le récit se déroule en pays IGBO et suit le destin d’Okonkwo, personnage central profondément attaché à ses traditions et qui s’est forgé une solide réputation au sein de sa communauté. Déterminé à ne pas reproduire l’échec de son père, considéré comme un homme sans accomplissement, Okonkwo mène sa vie avec une rigueur implacable.
Au fil du récit, Okonkwo commet un homicide involontaire sur un jeune de son clan. Condamné à l’exil, il passe sept ans dans son village maternel. À son retour, il découvre un village transformé par la colonisation et la religion chrétienne. Malgré ses efforts pour regagner la confiance des siens, il échoue. L’histoire s’achève tragiquement par le suicide d’Okonkwo, qui se pend derrière une case.
Lors des échanges, les membres du Café Bilingue du Cameroun ont partagé leurs ressentis et questionné les coutumes Igbo, notamment la place de l’homme et de la femme dans la société. Pour plusieurs lecteurs, le peuple Igbo apparaît comme une société soudée, marquée par une foi profonde et des institutions fortes, à l’image de la « semaine de la paix » instaurée pour apaiser les tensions.
La rencontre entre les traditions igbo et le christianisme, ainsi que les notions de tolérance et d’acceptation de l’autre, à travers des personnages comme Enoch et Okonkwo, ont également nourri les débats.
Au-delà des thèmes centraux de l’œuvre – choc des cultures, masculinité, déterminisme et destin – une réflexion actuelle a émergé : face à la montée des féminicides dans nos sociétés, ne serait-il pas pertinent d’instaurer une « semaine de la paix » inspirée du modèle Igbo ?
Pour rappel, le Café Bilingue du Cameroun est un club de lecture qui rassemble des amoureux des livres issus de divers secteurs d’activité. Né d’une initiative d’enseignants de Lettres Bilingues désireux de renouer avec le plaisir de lire, le projet a vu le jour lors de la Semaine Nationale du Bilinguisme en 2025. Les livres choisis au préalable dans le forum sont alternativement lus en français et en anglais.
À l’issue de cette journée, on a pu voir des lecteurs passionnés s’approprier la pensée d’Achebe et décortiquer l’œuvre avec minutie dans une herméneutique aristotélicienne.
In fine , le Café Bilingue du Cameroun fêtera son premier anniversaire le 23 mai 2026. Ce sera l'occasion pour les membres de se retrouver autour d’un nouveau livre pour célébrer ce qu'ils aiment faire de mieux: lire !
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