Cameroun - L’AFFAIRE SGS: UNE REGRETTABLE INDELICATESSE AVEC LE DESTIN DE LA NATION
© Correspondance : Shanda Tonme | 04 Feb 2026 16:05:00 | 2823L’interpellation de notre responsabilité collective pour la stabilité de la patrie et la garantie du vivre ensemble sans mauvais jeu ni tricherie
Ce qui est en cause, ce n’est ni un ministre des finances ni un directeur général du port, ce qui est en cause, ce n’est une somme d’intérêts ni une promotion tribale. Ce qui est fortement et cruellement en cause, c’est le destin de la nation camerounaise, le destin d’une nation diversifiée, d’une nation véritablement arc-en-ciel. Prendre des risques de compromettre ses équilibres, penser un seul instant à minorer, à banaliser ou marginaliser quelques composantes affirmées, c’est jouer avec le feu.
Je ne sais pas comment vous faites pour gérer votre pays, pour le garder aussi calme, pour continuer à vous regarder sans crier ni prendre les armes partout ? Ainsi me parlait un certain ami, un étranger qui avait passé cinq années sur notre territoire, au plus fort des agitations politiques aux quatre coins du continent. La réponse, venant du fond de mon cœur, fut immédiate : Vous ne pouvez pas comprendre. Pour comprendre, il faut être Camerounaise ou Camerounais, citoyen par le sang et par la terre, jus sanguini et jus soli.
Depuis les indépendances, depuis que nous avons essayé de construire un embryon de république et d’Etat, notre pays a fonctionné sur certains équilibres consacrés. Tout ce que nous avons fait, vécu et préservé politiquement, a reposé sur des ententes qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de réellement responsable, de violer, de souiller, de fragiliser sans courir le risque de trahir les fondements de notre coexistence. Chaque acte, chaque fait, chaque déclaration et chaque projection, aurait dû, devrait et devrait absolument, porter l’estampille d’une haute conscience de notre diversité. Que personne ne déclare que c’est rien, que c’est une affaire des élites. Non, non, non, non. Aucune responsabilité n’est fortuite ni inutile, et aucun poste n’est anodin ou insignifiant. Chacun doit faire attention de ne pas froisser, frustrer ni vexer une ou des parties de notre diversité si chèrement entretenue. Le discours des révoltés du NOSO, donnons-leurs le sens que nous voulons, le prix que nous pensons, et affichons pour beaucoup les épithètes de bandits ou de voyous, mais dans le fond, prenons la mesure de toutes les colères ainsi que de toutes les récriminations, les bonnes et la mauvaises.
Je veux dire, en patriote, leader d’opinion, porteur de la voix des sans voix et promoteur du dialogue, de la réconciliation et de la paix, selon un exercice quotidien de médiation, que du haut de nos égos, nous sommes dans le désordre lorsque nous passons outre certains hauts responsables, parce que ceux-ci, sont comme la colle qui permet de tenir les différents pans de la maison, de la nation camerounaise dans son entièreté.
Certains membres du gouvernement valent plus que d’autres, parce qu’ils représentent des symboles tantôt intouchables, tantôt délicats et tantôt émotionnels. On ne désigne pas un premier ministre au Cameroun comme on va ramasser n’importe quel prostitué, ou comme on cherche n’importe quel fanfaron diplômé. L’affaire SGS, c’est l’affaire nationale, c’est l’affaire sensible, une grenade politique, l’affaire d’une tentative de rupture d’un équilibre très sérieux. Ce n’est pas une affaire de commerce ni de rivalités, c’est une affaire du destin du pays, loin de l’économie et de l’argent.
A ceux qui ne voient et ne pensent que argent, faites attention de ne pas jouer avec le destin du Cameroun, de ne pas jouer avec le feu. Ne fâchez ni Bamenda, ni Buea, ni Bafoussam, ni Ebolowa, ni Bertoua, ni Maroua, ni Douala, ni Garoua ni Ngaoundéré. Ne jouons pas avec le feu. Ne fâchez personne.
Vive la république en toutes ses composantes et ses équilibres
Vive les intelligences du partage et vive chacun de nous, responsables./.
Yaoundé, le 04 Février 2026
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