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Cameroun - Lettre ouverte à Paul Biya par des Agents abandonnés des Télécentres Communautaires Polyvalents

Lettre ouverte adressée à Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, plaidant pour la situation critique des employés des Télécentres Communautaires Polyvalents

Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun

Objet : Plaidoyer pour les agents abandonnés des Télécentres Communautaires Polyvalents – Urgence sociale, paiement des arriérés et relance du programme national

Yaoundé, le 06 août 2025

Excellence Monsieur le Président de la République,

C’est le cœur chargé de douleur, de déception mais aussi d’espoir que nous, employés des Télécentres Communautaires Polyvalents (TCP), venons très respectueusement nous adresser à votre haute autorité, dernier rempart de justice sociale et garant des engagements de l’État.

Un projet de l’État abandonné, des agents oubliés

Créés sous l’impulsion de l’État, les TCP devaient favoriser l’accès aux TIC dans les zones rurales, contribuer à la modernisation de l’administration et à l’inclusion numérique des populations éloignées. Des jeunes formés et engagés ont été recrutés pour faire vivre ce projet ambitieux et noble.

Hélas, ce programme s’est progressivement effondré dans l’indifférence, faute d’équipements renouvelés, de soutien logistique, et surtout d’une volonté politique de suivi.

Des employés abandonnés, des familles détruites

Aujourd’hui, plus de 600 employés vivent dans la misère la plus totale : salaires impayés depuis plusieurs années, aucun statut clair, pas de sécurité sociale, ni retraite. Beaucoup ont sombré dans le chômage, d’autres sont morts dans l’oubli, comme le gestionnaire du TCP de Kyossi, enterré le 4 août 2025 après un AVC lié à la détresse financière.

Nous avons été les soldats silencieux de la politique d’inclusion numérique, et nous en payons aujourd’hui le prix de notre fidélité à l’État.

Excellence, nous en appelons à votre haute bienveillance

Nous croyons encore en la promesse républicaine et en votre haute attention aux laissés-pour-compte de la Nation. Voilà pourquoi nous demandons, avec humilité et détermination :

1. Le paiement immédiat des salaires et arriérés dus à tous les agents TCP ;
2. La reconnaissance officielle de leur statut et leur réinsertion dans la fonction publique ou les projets nationaux numériques ;
3. La relance structurée et modernisée du programme TCP, adaptée aux besoins numériques actuels du pays.

Un acte de justice pour les oubliés du numérique

Excellence, le Cameroun ne peut prétendre au développement numérique sans réparer cette profonde injustice faite à ceux qui, à l’époque, ont porté cette vision sur leurs épaules. Nous ne demandons ni privilèges, ni faveurs. Nous demandons justice, reconnaissance et dignité.

Dans l’attente d’un geste fort de votre haute autorité, nous vous prions de croire, Excellence Monsieur le Président de la République, en notre profond attachement à la République et à ses idéaux.

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