Regards: Silence, on viole
© Camer.be : Léandre Nzié | 05 mai 2025 14:11:19 | 7529Au Cameroun, l’impunité autour des violences sexuelles faites aux mineurs continue de creuser un profond malaise au sein de la société. Alors que les cas de viol sur enfants se multiplient de manière alarmante, l’absence de réaction ferme et visible des pouvoirs publics alimente un sentiment d’abandon et de colère croissante chez les populations.
Ces dernières semaines, plusieurs cas ont été rapportés dans différentes régions du pays. Des fillettes agressées dans des quartiers populaires, des mineures victimes dans des environnements familiaux supposés sûrs, des plaintes étouffées ou ignorées dans les commissariats.
Dans la plupart de ces situations, les présumés agresseurs circulent librement, protégés parfois par leur statut social, leur proximité avec les autorités locales ou tout simplement par le silence complice d’un système judiciaire souvent défaillant.
Le mutisme des pouvoirs publics est perçu comme une forme de renoncement. Aucune campagne d’envergure, aucun message fort, aucune mesure concrète ne semble être prise pour freiner ce fléau qui détruit des vies, des enfances, et installe la peur dans les foyers. Pire encore, dans certains cas, les victimes sont réduites au silence, stigmatisées, ou forcées au pardon dans une logique de paix sociale mal interprétée.
« À qui se plaindre quand celui qui t’a détruite est protégé ? » s’interroge une mère désespérée à Yaoundé, dont la fille de 10 ans a été violée par un voisin aujourd’hui toujours en liberté. Cette question, glaçante, est aujourd’hui sur toutes les lèvres.
Il est urgent que l’État prenne ses responsabilités. Urgent de revoir le traitement judiciaire de ces crimes, de renforcer la protection des victimes, de former les forces de l’ordre et d’éduquer les communautés sur la gravité du viol, surtout lorsqu’il touche des enfants. Urgent, surtout, de briser ce silence assourdissant.
Parce qu’aujourd’hui au Cameroun, "Silence, on viole". Et ce silence tue.
Lire aussi
Dschang-Bafoussam : comment l'Ouest a changé de capitale
André-Marie Mbida : la vérité historique
Ahidjo : « Je reconnais m'être trompé sur Biya »
Bulles papales : l'Église a justifié l'esclavage
IL AVAIT 11 ANS QUAND IL A REJOINT LE MAQUIS. IL Y PERDRA UN BRAS, PUIS SUBIRA LA TORTURE
Cameroun : 40 ans après Nyos, 1746 morts toujours sans sépulture
Fédéralisme camerounais : l'enterrement de 1972 et ses fantômes
Pourquoi Ahidjo n'a-t-il pas transmis le pouvoir à ses enfants ?
Pourquoi l'Occident vous ment sur l'huile de palme
Piratage ou manipulation ? Le ministre pris au piège
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Ex-Regifercam /Douala : L'Etat met en vente l'immeuble de 1ha à Bonadibong à 5,5 milliards FCFA
Lutte anti-braconnage: 700 kilogrammes d'écailles de pangolin saisis à l'Est du pays
Baongla libéré : le dossier s'effondre-t-il ?
Le Lions Clubs International et l'Hôpital de district de Deïdo mobilisés pour la santé visuelle
Vision 4 : Mvondo Ayolo et Dion Ngute sont intervenus
il y a un mois
Ces 6 pays qui donnent plus à l'Ukraine que l'Allemagne et la France réunis
Alamine Ousmane Mey, l'homme qui peut réveiller le Grand-Nord
Enugu Airlines débarque à Douala : la guerre des compagnies nigérianes s'intensifie
MRC : Willy Mengue et ses co-demandeurs désertent le tribunal pour la 2e fois
Procès Zogo : Bidjang attaque la méthodologie de l'enquête
il y a un an