Violences contre les allogènes au Cameroun : Maurice Kamto exige une action urgente avant 2025
© Camer.be : Paul Moutila | 22 Feb 2025 10:53:11 | 6336Les violences récurrentes contre les allogènes dans la Région du Sud du Cameroun, considérée comme le socle granitique du Président de la République en fonction, suscitent une vive indignation à l'approche de l'élection présidentielle de 2025. Ces actes de violence, particulièrement marqués dans l'Arrondissement de Meyo, Département de la Vallée du Ntem, ont été largement documentés et diffusés sur les réseaux sociaux, provoquant un choc au sein de l'opinion publique.
Des actes d'une rare violence
Le 20 février 2025, des scènes d'une extrême brutalité ont été enregistrées, ciblant les biens et les personnes considérées comme allogènes, c'est-à-dire originaires d'autres régions du Cameroun. Ces violences semblent avoir été déclenchées par un crime crapuleux, dont les détails restent à élucider. Ce crime, ayant entraîné la mort d'un habitant local, a été précédé par un autre meurtre quelques jours auparavant. Cependant, seul le second crime a provoqué une réaction populaire aussi violente.
Une condamnation ferme de Maurice Kamto
Maurice Kamto, Président National du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) et candidat à l'élection présidentielle de 2025, a vivement condamné ces actes. Dans une déclaration officielle, il a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et ses vœux de prompt rétablissement aux blessés. Il a également exhorté le Gouvernement à apporter une aide matérielle aux personnes ayant subi des pertes lors de ces événements.
Kamto a rappelé que le crime n'a ni tribu, ni ethnie, ni langue. « Aucune communauté ne peut être tenue responsable des actes commis par un de ses membres », a-t-il souligné. Il a également dénoncé le manque de professionnalisme des forces de sécurité, qui semblent passives face à ces violences, alors qu'elles répriment avec zèle les militants du MRC dans d'autres contextes.
Une situation préoccupante à l'approche des élections
Ces violences récurrentes contre les allogènes dans la Région du Sud, région natale du Président en fonction, posent un sérieux problème de cohésion nationale. Kamto a insisté sur la nécessité pour les élites politiques, économiques, sociales, intellectuelles, traditionnelles et religieuses de la région de condamner publiquement ces actes. « Ces violences mettent à mal le vivre-ensemble et la fraternité républicaine », a-t-il déclaré.
À quelques mois d'une élection présidentielle cruciale, ces tensions ethniques et tribales grandissantes sont particulièrement inquiétantes. Kamto a dénoncé la propagation de la haine tribale dans certains médias, appelant à une réflexion collective sur les conditions de coexistence pacifique entre les communautés camerounaises.
Un appel à l'action
Maurice Kamto a appelé le Gouvernement à agir de toute urgence pour mettre fin à ces violences. Il a également souligné l'importance d'une prise de parole publique des élites de la Région du Sud pour désamorcer les tensions. « Nous n'avons pas d'autre choix que de réfléchir ensemble à notre avenir commun dans la paix et la fraternité », a-t-il conclu.
En somme, ces violences contre les allogènes dans la Région du Sud soulèvent des questions cruciales sur la cohésion nationale et la gestion des tensions à l'approche des élections de 2025. La réaction des autorités et des élites locales sera déterminante pour l'avenir du Cameroun.
DECLARATION: HALTE AUX VIOLENCES RÉCURRENTES CONTRE LES "ALLOGÈNES" DANS LA RÉGION DU SUD, "SOCLE GRANITIQUE" DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EN FONCTION, À LA VEILLE DU SCRUTIN PRÉSIDENTIEL DE 2025.
L'opinion reste sous le choc des images effroyables suite à des actes d'une rare violence survenus dans l'Arrondissement de Meyo, Département de la Vallée du Ntem, Région du Sud, le 20 février 2025, et largement diffusés sur les réseaux sociaux.Sous toutes les réserves, il semblerait que ces actes haineux et de vandalisme des commerces et autres biens des personnes dites " allogènes", considérées comme des étrangers dans leur propre pays aient eu pour origine un crime crapuleux qui serait d'ailleurs encore à élucider. Ce crime qui a causé́ la mort d'un habitant de la localité́ a été́ précèdé par le meurtre d'un premier habitant quelques jours seulement avant. Mais, curieusement, ce premier crime n'aurait pas suscité́ la fureur populaire que l'on a déplorée le 20 février après le second meurtre.
En mon nom personnel et au nom des militants et sympathisants du MRC, j'adresse aux familles des différentes victimes mes sincères condoléances. Aux blessés, j'adresse mes vœux de prompt rétablissement.
J'exhorte le Gouvernement à apporter toute l'aide nécessaire aux personnes qui ont subi des pertes matérielles pendant cette folie meurtrière. Le MRC rappelle que le crime n'a pas de tribu ni d'ethnie, encore moins de langue. Aucune tribu, aucune ethnie, aucun groupe linguistique ne peut être comptable ni pénalement, ni moralement d'un délit ou d'un crime commis par un de ses membres.
Par ailleurs, nul n'a le droit de se faire justice, même pas en cas de crimes crapuleux.
Il devient préoccupant de constater la récurrence des actes de violence haineuse contre les "allogènes' dans la Région du Sud, Région natale du Président de la République en fonction, sous divers motifs, notamment après chaque crime dont la victime est présentée comme originaire de cette partie de notre pays. Il est révoltant de voir l'attitude tout à fait non professionnelle des forces de sécurité́ pendant ces différentes poussées de violence contre des Camerounais venus d'autres régions du pays, pour des actes qui ne sont rien d'autre que des crimes punis par la loi pénale.Les autorités administratives et les forces de sécurité́ donnent l'impression que la Région du Sud est une région à part du Cameroun, où elles n'obéissent pas aux mêmes exigences de maintien de l'ordre que dans les autres régions de notre pays; que le Code Pénal qui encadre les actes des officiers de police judiciaire y est différent de celui qui a cours dans le reste de la République.
Le zèle avec lequel ces mêmes autorités administratives et sécuritaires répriment les militants du MRC à travers le pays, notamment dans la Région du Sud, tranche avec leur attitude passive ou accommodante et coupable pendant ces actes de barbarie contre les "allogènes".
Le Gouvernement doit mettre fin de toute urgence à cette sauvagerie récurrente. Bien plus, les élites politiques, économiques, sociales, intellectuelles, traditionnelles et religieuses de la région concernée doivent dénoncer publiquement ces actes qui n'honorent pas les populations de la Région du Sud qui jouissent pourtant d'une vieille réputation d'accueil des autres Camerounais. Ces actes incompréhensibles mettent gravement à mal la cohésion nationale et le vivre-ensemble si chère à tous les Camerounais.
Leur prise de parole publique urgente est d'autant plus nécessaire que notre pays est à quelques mois d'une élection présidentielle cruciale pour son avenir. Le scrutin présidentiel à venir est déjà̀ largement pollué par une haine tribale et ethnique grandissante et décomplexée que le Gouvernement laissent des individus, bien identifiés, distiller à longueur de journée dans certains médias. Je l'ai dit ailleurs et le redis ici : aucune communauté́ ne sera jetée à la mer. Nous n'avons pas d'autre choix que de réfléchir ensemble aux conditions de notre coexistence dans la fraternité́ républicaine et la paix entre les communautés qui forment notre nation.
Fait à Yaoundé́ le 22 février 2025
Maurice KAMTO, Président National du MRC,
Candidat du MRC et de l'APC à l'élection présidentielle à venir
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