Cameroun - Shanda Tonme : "Engageons-nous à respecter la mémoire du Pr Pierre TITI NWEL"
© Camer.be : La rédaction | 20 Jan 2025 08:00:52 | 4668Dans un hommage rendu au Professeur Titi Nwel, décédé à Yaoundé, le vendredi 17 janvier dernier des suites de maladie à l’âge de 85 ans, M. Shanda Tonmé, médiateur Universel, Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI) et Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR) vante la mémoire de ce patriarche, membre du Conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam)
L'intégralité du texte en dessous:
Parlons donc du Pr Pierre TITI NWEL. Un humaniste transversal par-delà les idéologies et les doctrines,un sociologue spiritualiste en permanence moralisateur et un intellectuel balloté entre les tentations de la nomenklatura gouvernante et la sublimation académique
Politicien ? Non. Intellectuel de la distanciation ? Non plus. Intellectuel de la collaboration ? Non également.
A l’âge, 85 ans, où nous quitte ce 17 janvier 2025, ce compatriote incontestablement vertueux dont l’esprit était aussi grand que la taille physique, il n’est pas vain de jeter un regard sur ses états de service, relativement aux années de braise.
Il va sans dire, qu’on le veuille ou pas, que cette étape de référence volontiers dogmatique, agitée et profondément interpellative de notre histoire contemporaine, sert dorénavant de loupe pour situer, comprendre, évaluer et considérer les acteurs sociaux et académiques.
C’est d’ailleurs pour cela, que certains fanfarons des débats obscènes du dimanche, manquent cruellement de crédit, pour emporter la considération des instruits de l’évolution problématique la société camerounaise. On ne les connaît pas dans le feu de l’action, ma grande sœur Henriette Ekwe et moi ne les connaissons pas.
Du grand professeur, on retiendra un art éloquent de la politesse, de la réserve et du recul propre à des gens sages dont la médiation et la quête de la paix, constituent la première des qualités sur toutes les questions, avec tout le monde et en toute circonstance. S’il ne fut jamais réellement politiquement engagé, c’est sans aucun doute pour ne pas trahir ce qui en son âme, demeurait le symbole d’un humanisme extraordinaire. Jamais il ne fut pris en flagrance de radicalisme, mais jamais il ne fut non plus présenté ou exposé dans une lumière de complaisance face à des travers ou des injustices.
Jamais, et beaucoup de jamais, pour autant de certitudes et d’incertitudes en ce qui concerne ses positions, pour ou contre. Ni proche d’un Sindjoun Pokam, ni proche d’un Mono Ndjana, donc plutôt éloigné de nos chapelles érigées en rings de ping-pong idéologique.
Par contre, très connu pour fréquenter les cercles des organisations de défense des droits de l’homme et des libertés, et toujours sans extravagance ni ostentation, sans plaidoyer de flammes ni condamnations à mort.
De certains grands esprits, il est parfois inutile de chercher très loin les éléments de leur indentification sociétale. Il vaut mieux s’en remettre à la croyance selon laquelle, le monde n’est pas fait que de couteaux, d’épée, de guerriers et de combattants prêts pour la confrontation sur tous les terrains. Il vaut également mieux, parlant d’intellectuels, reconnaître qu’agiter des connaissances livresques, vanter et étaler des lauriers académiques multicolores, ne sont point un signe de maturité et d’utilité, mais au contraire démonstration de dépersonnalisation, de défaite et de perdition devant des préoccupations sociales primaires. Comprendre le Pr TITI NWEL, le connaître et maîtriser sa personnalité profonde, nous renvoie à ces leçons, à ces évidences.
La discrétion et l’humilité que le Patriarche portait comme une médaille invisible, en disent long et expliquent d’autres évidences, celles par lesquelles, il échappe à la versatilité d’une intelligence fébrile, pour entrer dans le panthéon des pragmatiques.
Qu’il finisse son séjour sur terre comme membre de l’organe des élections, n’est donc pas une surprise. C’est la pondération ainsi qu’un sens construit et achevé de l’écoute, de la conciliation et du partage qui l’y ont conduit.
C’est aussi vrai que le dogmatisme, vu comme une accusation de sectarisme sociale et politique, peut servir et desservir, selon la relativité des acteurs et selon les buts et objectifs des tenants du pouvoir, le pouvoir, le pouvoir, le pouvoir et uniquement le pouvoir. Ne pas être dogmatique, c’est se départir de la passion des convictions, mais sans la passion des convictions, un monde de réalisation et de concrétisation des résultats de la lutte des classes en faveur du plus grand nombre est-il possible ?
Les sociologues devraient pouvoir apporter une réponse, tout en tenant compte des certitudes que renseignent et enseignent, les confrontations violentes sur la scène internationale, lesquelles dessinent de nouveaux rapports des forces, des alliances nouvelles, des partenariats nouveaux et ultimement un monde nouveau.
Le Pr TITI NWEL, n’aurait jamais répondu, de peur de choquer, de diviser ou d’affronter, parce que choquer ou mettre les gens en opposition immédiate, n’était pas dans son genre d’éducation et de culture politique.
Et voilà l’homme qui s’en est allé.
Aussi, en prenant acte de ce que nous ne le reverrons plus, engageons-nous par ailleurs à respecter sa mémoire./.
Yaoundé, le 19 Janvier 2025
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Inceste à Yaoundé : un père engrossé sa fille de 14 ans
- Pirates somaliens : le retour d'une menace oubliée en 2026
- Drame à Fouda : une femme retrouvée morte dans un hôtel
- RAPHAËL CHOULEOM : LE DERNIER SOUFFLE D’UN COMBATTANT DE LA MÉMOIRE
- Quand le CFP-SNT(TechnoPark de Bangangté) forme les talents culinaires de demain
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Paul Biya de retour à Yaoundé jeudi 20 août, annonce RFI
Cameroun - Joël Émile Bamkouï : le retour de l’ex-patron du renseignement
Sénégal - Officiel : Patrick Vieira prend les commandes des Lions de la Teranga
Crise des droits TV, Afrique subsaharienne : Les supporters se tournent vers les solutions mobiles
Cameroun - Matricide à Yaoundé : Landry Batek Yebel condamné à mort
il y a un mois
Cameroun - Capitaine Effoudou accuse Ngoh Ngoh : le clan Baboke riposte
Gabon - Junior Bongo : le fils d'Omar Bongo qui monte
Cameroun - Capitaine Effoudou : « Ngoh Ngoh voulait un coup d'État »
Jamaïque - Rita Marley 80 ans : la reine du reggae fête son jubilé
Cameroun - Rebecca Enonchong face à la SRC : procès le 27 juillet à Douala
il y a un an