Cameroun - Mototaxi, un bien qui tue: Une chronique d’Alain Ndanga
© Camer.be : Alain Ndanga | 26 Nov 2024 09:41:19 | 1980Pourtant un moyen rapide de transport, le nombre de victimes mortes ou handicapées de cet engin à deux roues ne se comptent plus.
Ramassage. « 100-100 ». Des expressions tirées de l’activité du transport à moto taxi et bien connues des usagers des villes camerounaises. Les conducteurs disent jouer sur le temps. Les passagers quant à eux veulent vite arriver. Les minutes coûtent chères. Il faut doubler des camions qui vont lentement, faufiler entre la longue file des véhicules à quatre roues pris dans les mailles des embouteillages, ou même entrer et sortir des nids de poules qui jonchent des rues. Le conducteur parfois sans casque sur la tête et les passagers souvent assis deux-trois ou quatre derrière la moto courent les mêmes risques.
Là où ces motos importées de Chine passent, des vies trépassent. Yaoundé, Douala, Bafoussam, Ebolowa, entre autres. Le tableau est sombre. Les populations le plus souvent contraintes à emprunter ce moyen de transport, marchent avec la mort dans la paume des mains. Il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne plonge des familles dans l’émoi. Le nombre d’accidents mortels augmente de jour en jour. Quelle ville camerounaise où circule l’engin-tueur est épargnée ?
A Bafoussam, un pavillon mototaxi vient de voir le jour. La ville arrive plus tard que Douala qui en dispose depuis des années.
Crasseux-mal-bouche, inciviques ; tant d’adjectifs pour qualifier des conducteurs (mototaximans). Ils sont aussi taxés de mal-nécessaires ; ils font la pluie et le beau temps ; décident de la mort ou de la vie des passagers. Qu’est ce qui peut bien justifier ces terribles accidents sur les motos ?
Dans la plupart des cas, ces conducteurs prennent la moto juste après avoir appris à démarrer l’engin. Nombre d’entre eux n’ont pas de permis de conduire. On vit au jour le jour ; chaque jour suffit sa peine. Des passagers font le signe de croix quand ils arrivent à destination sains et saufs.
Des mototaximan veulent vivre : nourrir leur famille et payer les factures. A défaut du travail décent, plusieurs jeunes se ruent à cette activité catégorisée informelle. Pour nombre d’observateurs, le « gouvernement a échoué » en ne trouvant pas d’alternatives pour le transport urbain. Les autorités chargées du travail de résoudre le problème d’emploi jeune sont dépassées par les événements. Pour d’aucuns, il est impensable de croire que l’on puisse bâtir une ville avec une telle activité. Leur nombre de plus en plus croissant a poussé
le chef de l’Etat, Paul Biya, lors de ses traditionnels discours à légitimer l’activité. Depuis lors, le gouvernement subit l’inconfort causé par ces conducteurs prêts à former une milice en cas de malaise. Du coup, les autorités les ménagent tout en sachant que c’est la bombe à retardement. Ils vont continuer à décimer des vies jusqu’au moment où l’on trouvera du travail pour eux. Pour le moment, la moto est un bien qui cause plus de mal.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Des Russes se mobilisent pour sauver un étudiant camerounais
- Falaise de Dschang : deux corps ligotés retrouvés
- Cambriolage chez Luc Messi Atangana : non, il n'a pas été agressé
- Meridian Scatter Whale : cap sur l'excellence et les gains.
- ICT University ouvre un nouveau chapitre de partenariat avec l'enseignement supérieur au Cameroun
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
France - PARIS CROISIÈRE – ACTE II : LA SEINE A VÉCU L'UNE DES PLUS BELLES NUITS DE LA CULTURE CAMEROUNAISE
Cameroun - Effoudou : « Ngoh Ngoh est l'auteur de l'assassinat »
Cameroun - 50 jours d'absence : Paul Biya est-il toujours au travail ?
Cameroun - Un pasteur voit en Cabral Libii le successeur de Paul Biya
Qui a volé les 44 tonnes d'or du Cameroun ?
il y a un mois
Cameroun - 44 tonnes d'or volatilisées : Nintcheu accuse les « hautes sphères »
Afrique - Burkina, Mali, Niger : la CPI craint un affaiblissement de la justice
15 tonnes d'or volatilisées : le scandale qui ébranle le Cameroun
Cameroun - Le ministre de la défense engage le BIR dans la sécurité et la protection des intérêts stratégiques
Or du Cameroun : la mafia est à la douane, pas à la mine
il y a un an