Cameroun - Droits de l'homme : Au pays des 600 prisonniers politiques
© Le Jour : F.E. | 30 Sep 2020 09:56:00 | 2332Interpellés autour du 22 septembre dernier, ils sont encore détenus à ce jour.
Ils l'ont encore fait. Le 22 septembre dernier, les policiers camerounais, comme c'était déjà le cas lors des marches pacifiques de janvier et juin 2019, ont interpellé et jeté en prison un nombre important de personnes. Et comme les fois précédentes aussi, certaines de ces personnes ont été arrêtées alors qu'elles ne participaient à aucune manifestation. "Je vous signale que plus de 600 personnes ont été arrêtées.
Quand on dit insurrection, le Pr Alain Fogue qui est le trésorier national du MRC a été arrêté la veille. Ce que les gens ne savent pas c'est qu'il a été arrêté alors qu'il a été appelé par une autorité faisant parti des forces de maintien de l'ordre pour venir calmer une tension qui avait court devant ma résidence", a déclaré Maurice Kamto dans une interview qu'il a accordée hier à RFI. Il a évoqué également le cas de militants de son parti arrêtés et brutalisés la veille de la marche annoncée, mais aussi le cas de son porte-parole encore en détention. "Olivier Bibou Nissack, conseiller du président national du MRC , mon porteparole a été arrêté chez lui à son domicile devant son épouse et ses enfants. Il ne marchait pas, il n'était pas dans la rue.
On ne peut là aussi, parler de violation de quelque loi que ce soit et encore moins d'insurrection. De plus , on ne peut pas dire qu'il n'ya pas eu de marches le 22 septembre comme le dit le gouvernement et en même temps reconnaître qu'on a arrêté 600 personnes", a-t-il dit. Dans la soirée du 23 septembre, le Collectif d’avocats « Sylvain Souop », recensait 593 personnes interpellées. A en croire Me Hyppolite Meli, le président de ce collectif d’avocats, 28 autres personnes ont été interpellées. Ces arrestations ont eu lieu entre mercredi et jeudi dans les villes de Bafang, Dschang et Bafoussam. Parmi les personnes nouvellement interpellées, il y a Me Jean Jacques Kengne, avocat au barreau du Cameroun. Selon le collectif, cet avocat a été arrêté à Bafoussam. Il a été libéré ce week-end. Entre mercredi 23 septembre jusqu’à 24 septembre 2020, le Collectif d’avocats « me Sylvain Souop » dit avoir recensé au total 619 militants détenus de manière « arbitraire » dans les commissariats et brigades.
« A la date de manifestation le 23 septembre 2020, nos équipes ont observé la forte présence d’hommes en tenue armés dans les principaux carrefours et artères des villes couvertes, et le renforcement de la logistique policière et militaire. Malgré l’absence de toute possibilité de trouble à l’ordre public de nombreux manifestants ont subi des brutalités. D’autres manifestants ont essuyé des tirs de balles ayant occasionné de nombreux blessés » « Nous dénonçons les traitements humiliants, inhumains et dégradants infligés aux manifestants pacifiques en plein exercice de leur droit constitutionnel, et appelle les autorités administratives et policières au respect scrupuleux des droits des manifestants pacifiques actuellement placés en situation irrégulière dans les centres d’internement », relève le rapport du Collectif d’avocats chargé d’assurer la défense des militants interpellés.
Dans une tribune publiée hier dans ces colonnes, Jean Michel Nintcheu, député du Sdf, s'est également insurgé contre ces arrestations. "Depuis près d'une semaine, les Camerounais sont témoins de la séquestration arbitraire, illégale avec des engins de guerre du Prof. Maurice Kamto ainsi que de la résurgence de la barbarie d'État sans commune mesure - relevant d'une autre époque qu'on croyait révolue - contre plusieurs centaines de compatriotes qui sont embastillés, maltraités et torturés en violation de toutes les règles de droit", écrivait-il.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Monde Entier - David Lemos : « Le Mondial 2026 est le plus mercantile »
Espagne-Argentine : Ferran Torres offre la 2e étoile à la Roja
Monde Entier - Coupe du monde 2026:Kylian Mbappé termine meilleur buteur du tournoi avec 10 buts
France - Angers célèbre la solidarité : Tina Still réussit le pari d'un gala historique
Cameroun - Paul Biya : pourquoi les États-Unis et la France divergent
il y a un an