La juridicité du certificat d'abandon des droits coutumiers dans le foncier au Cameroun
© Camer.be : Atangana Eteme Emeran | 01 Aug 2020 11:14:00 | 47217La question.Bonjour Monsieur, Je suis J. A... et ma préoccupation est liée à un terrain que veut me céder ma belle-mère. En fait, elle a des terrains qu'elle vend et me propose de lui donner une somme symbolique pour me donner le mien, chose dont je ne suis pas d'accord connaissant nos frères camerounais. Je vais lui demander de me vendre le terrain et de m'établir le certificat d'abandon des droits coutumiers, mais que je ne connais les tenants et les aboutissants.
Vos explications me seront d'une utilité capitale pour cette démarche.
Merci par avance et cordialement.
La réponse du Cabinet
Vous voulez savoir si les terrains du domaine national peuvent faire l’objet de vente à l’instar des terrains titrés. En d’autres termes, es-ce régulier que votre belle-mère vous cède une parcelle de terrain qu’elle exploite, moyennant une somme d’argent symbolique? Au sens de la loi, la réponse est négative dans la mesure où l’ordonnance de 1974 sur le régime foncier, en son article 8, interdit les cessions et locations de terrains urbains ou ruraux non immatriculés au nom du vendeur.
Toutefois, force est de constater que dans la conception camerounaise traditionnelle, la répartition des terres repose sur le droit coutumier, avec un principe : on ne refuse pas une terre à quelqu’un pour se nourrir, mais elle reste la propriété des ancêtres.
De plus, depuis le décret-loi de 1963 sur le régime foncier, les collectivités coutumières exercent des droits coutumiers sur le patrimoine collectif national, devenu domaine national dans les ordonnances de 1974.
L'accroissement de la productivité agricole et, plus généralement, le développement agricole sont tributaires des solutions juridiques qu'un pays dégage pour régler les problèmes fonciers.
Enfin, il existe des directives de l’organisation des nations unies de 1961et 1962 où il est dit clairement que la loi doit être un catalyseur du développement et non pas un obstacle. De même, en 1964, un texte onusien répète que les dispositions réglementaires ne doivent pas constituer des obstacles au développement et que le rôle des juristes est, justement, de créer un cadre adéquat au développement.
C’est à juste titre que les autorités administratives ont toujours reconnu aux certificats d’abandon des droits coutumiers leur place dans la garantie de transfert de la présomption de propriété. Au nom de la recherche d’une certaine efficacité, ceux qui exploitent des parcelles de terres avant 1974, ou leurs ayants droits, peuvent transmettre ces espaces, à des migrants internes, des amis et connaissances, moyennant une contrepartie modique, pour leur faciliter l’exécution de certains projets d’ordre économiques et autres.
Bibliographie
Ordonnance n° 74-1 du 6 juillet 1974 Fixant le régime foncier
Décret-loi 63-2 du 9 janvier 1963, fixant le régime foncier et domanial du Cameroun oriental, ratifié par la loi 63-COR-6 du 3 juillet 1963 (J.O. du 20 juillet 1963,
NB: Nos consultations sont gratuites
Vous pouvez nous ecrire à info@camerlex.com ou seumo@hotmail.com
Vous pouvez aussi visiter notre site internet partenaire sur ce lien en dessous
https://www.camerlex.com/
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- SELON L’ECRIVAIN CALVIN DJOUARI, LE CAMEROUN EST FACE A SON DESTIN BRISE
- TRIBUNE L'AUTOROUTE YAOUNDÉ-DOUALA OU LE SACRIFICE GÉNÉRATIONNEL D'UN PEUPLE
- L’EXIGENCE DE VERITABLE REFLEXION POLITIQUE FACE A LA FAILLITE DES INTELLIGENCES
- Présidentielle 2025: Maurice Kamto, la dernière chance pour un Cameroun nouveau
- Le piège de l’incurie
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
France - PARIS CROISIÈRE – ACTE II : LA SEINE A VÉCU L'UNE DES PLUS BELLES NUITS DE LA CULTURE CAMEROUNAISE
Cameroun - Effoudou : « Ngoh Ngoh est l'auteur de l'assassinat »
Cameroun - 50 jours d'absence : Paul Biya est-il toujours au travail ?
Cameroun - Un pasteur voit en Cabral Libii le successeur de Paul Biya
Qui a volé les 44 tonnes d'or du Cameroun ?
il y a un mois
Cameroun - 44 tonnes d'or volatilisées : Nintcheu accuse les « hautes sphères »
Afrique - Burkina, Mali, Niger : la CPI craint un affaiblissement de la justice
15 tonnes d'or volatilisées : le scandale qui ébranle le Cameroun
Cameroun - Le ministre de la défense engage le BIR dans la sécurité et la protection des intérêts stratégiques
Or du Cameroun : la mafia est à la douane, pas à la mine
il y a un an